‹ Occupation et libération du territoire, 1871-1875. CorrespondancesChapitre 1 sur 103 · Occupation et libération du territoire, 1871-1875. Correspondances · texte numérisé non relu

Occupation et libération du territoire, 1871-1875. Correspondances

Je crois devoir vous envoyer copie d'une lettre que je viens d'écrire à M. de Rémusat en réponse à celle qu'il m'avait adressée hier. Je tiens à vous la transmettre pour appeler votre attention sur deux points au sujet desquels je ne saurais trop insister : impossibilité absolue de songer à l'évacuation de la Champagne et à l'arrivée de nouvelles troupes en Lorraine avant la première quinzaine d'octobre; je rappelle dans ma lettre, à M. de Rémusat, les motifs qui s'v opposent et que j'ai déjà exposés plusieurs fois.

Le second point qui me préoccupe est la succession de M. de Montesquiou; il y a un grand intérêt à faire choix d'un homme calme, modeste, docile, ne cherchant ni à se donner de Timportance, ni à faire des affaires. J'ai déjà eu l'honneur de signaler à votre attention M. Jousserandot, préfet de la Marne, qui m'a donné, depuis qu'il est à Châlons, des preuves nombreuses de son tact et de son esprit mesuré; je me permets de vous signaler aussi le préfet des Ardennes, M. Tirman, qui montre une véritable habileté dans ses rapports avec les Allemands; enfin M. de Crisenoy, préfet de l'Indre, me prie de placer son nom sous vos yeux.

J'ai beaucoup à me louer du général de Tresckow, et j'espère que ses bonnes dispositions se maintiendront de façon à ne pas nous rendre trop préjudiciable l'absence de M. de Manteuffel. Ce dernier est en ce moment à Berlin, et sa famille comme ses amis sont dans de vives inquiétudes. On craint qu'il n'ait aujourd'hui ou demain un duel avec un de ses anciens subordonnés, le général comte de Grœben. L'Empereur Guillaume fait de grands efforts pour arranger l'affaire, et c'est un des motifs pour lesquels il avait appelé M. de Tresckow à Ems, il y a quelques jours; mais, jusqu'ici, toutes les tentatives d'accommodement ont échoué.

Voici l'origine de ce grave différend : dans la campagne du Nord contre le général Faidherbe, M. de Grœben, qui commandait une division, fit une fausse manœuvre jugée dangereuse, en désobéissance des ordres du général en chef. M. de Manteuffel le réprimanda avec une extrême sévérité, que M. de Grœben

DUTERRITOIRE 3

jugea oflensaiile et à laquelle il répondit en des termes injurieux.

M. de Manteuffel déféra la question au ministre de la Guerre; depuis lors, M. de Grœben, demeuré plusieurs mois encore sous les ordres de M. de Manteuffel, mais sans avoir de rapports avec lui en dehors de la correspondance officielle, fut rappelé en Allemagne en décembre dernier; il fut aussitôt déféré à un conseil de guerre pour offenses envers son supérieur, et condamné à six mois de forteresse; sorti de prison il y a peu de temps, il a envoyé à M. de Manteuffel une provocation conçue en des termes qui ne permettent pas à ce dernier de lui refuser satisfaction. J'espère encore que l'Empereur parviendra à arranger l'affaire, et je vous renseignerai sur ses suites.

Veuillez agréer, etc.

S''-Vallier.

GLXXXIX

M. LE COMTE DE SAINT-V ALLIER A M. THIERS

Plombières, le 31 juillet 1872.

Monsieur le Président,

Il m'est impossible de ne pas joindre mes félicitations à celles de la France et de l'Europe tout entière.

de ne pas vous exprimer ma joie, de ne pas vous porter le tribut de reconnaissance que je recueille pour vous de toutes les bouches, au moment où nous parvient la nouvelle de l'admirable succès de Temprunt. Cette grande œuvre, préparée par vos soins infatigables, conduite avec votre haute sagesse, a abouti à un résultat qui est la plus magnifique récompense de vos courageux efforts, de votre travail acharné, de votre patriotisme éclairé. Grâce à vous, notre pauvre pays, affaibli et mutilé, peut encore espérer de beaux jours, et il n'est pas un Français qui n'éprouve un sentiment de légitime orgueil, en voyant ce que nous pouvons faire au lendemain de désastres sans précédents.

Il est curieux de voir l'effet produit sur les Allemands par ce succès grandiose; les impressions vont se dégager plus nettement, et je me promets de les étudier et de vous en rendre compte : pour le moment, ils semblent étourdis, mais contents en même temps; car vous savez que, dans l'armée allemande, le désir dominant est de voir cesser l'occupation.

Je vous rapporterai ce que m'écrira à ce sujet M. de Manteufï'el dont j'attends une lettre de Gastein, et ce que me dira M. de Tresckow que je me dispose à aller retrouver dans sept à huit jours à Nancy, après avoir pris mes quatorze bains et douches à Plombières, dernier minimum du traitement qui m'a été imposé; mais, quoique je fasse les affaires ici comme là-bas, je suis pressé de retourner à mon poste, et je n'aime pas à le quitter tant que dure la mission dont votre confiance m'a honoré.

Nos affaires de roccupation vont d'ailleurs assez bien en ce moment; les Allemands se montrent modérés et conciliants dans la question des baraquements, et, de notre côté, nous sommes à l'œuvre sur tous les points; nous serons prêts pour le l" octobre bien certainement, et l'évacuation de la Champagne pourra s'accomplir dans la première semaine du mois.

En me permettant de vous parler, il y a quelques jours, du successeur éventuel de M. de Montesquiou à Nancy, j'ai eu l'honneur de vous indiquer MM. Jousserandot, de la Marne, et Tirman, des Ardennes, comme pouvant le remplacer utilement; j'aurais dû nommer aussi M. de Blignières, des Vosges, homme de tact et administrateur capable.

Veuillez agréer, etc.

S'^-V ALLIER

CXG

M. LE COMTE DE SAINT- VALLIER A M. THIERS

Nancy, le 12 août 1872.

Monsieur le Président,

J'espérais n'être pas forcé de vous écrire pendant votre séjour à Trouville, et ne pas troubler le repos si chèrement acheté et bien relatif que vous prenez enfin ;

mais les affaires en ont décidé autrement : malgré la grande proximité de Plombières, j'ai dû abréger ma saison et revenir ici au bout de douze jours; il me faut aujourd'hui recourir à vous et vous demander votre décision avant de répondre à une communication assez pressante du Quartier général.

Il s'agit de la date à assigner à l'évacuation de la Champagne : or, aux termes du traité du 29 juin, le paiement des cinq cents millions doit s'effectuer le 7 septembre et l'évacuation, quinze jours après c'est-àdire le 21. Mais, comme j'ai eu l'honneur de vous l'écrire depuis six semaines, les constructions des baraques dans les derniers départements occupés ne pourront être achevées avant le l" octobre, et les Allemands veulent un intervalle d'une semaine entre l'achèvement et l'entrée de leurs soldats, condition indispensable, disent-ils, au maintien de la santé des troupes. Il en résulte que nous ne pouvons espérer faire occuper nos nouvelles baraques avant le 8 ou le 10 octobre. Si l'évacuation devait donc s'effectuer dans les délais prévus par le traité, les habitants des départements de l'Est auraient à subir la chargfe des logements militaires pendant trois semaines environ. Il en résulterait un mécontentement qui serait d'autant plus grand aujourd'hui que les députés et les préfets ne sont parvenus à calmer l'émotion excitée, de prime abord, par le traité du 29 juin qu'en donnant formellement Vassurance, au nom du Gouvernement, qu'on attendrait l'achèvement des baraques pour évacuer la Champagne. Or le général en chef a simplement reçu de Berlin

Tordre d'exécuter le traité, de concert avec le Gouvernement français et en se prêtant aux modifications que nous viendrions à demander pour la date et le mode de l'évacuation : aux termes de cet ordre, il se tient prêt à mettre ses troupes en mouvement le 21 septembre, et il ne peut modifier cette disposition que s'il intervient un arrangement préalable entre nous.

Tel est le but de la communication officielle qu'il m'a adressée, hier, et que j'ai l'honneur de vous envoyer ci-joint en traduction. 11 me demande une prompte réponse, que je ne suis pas en mesure de lui donner avant de connaître vos intentions.

J'ajouterai que le général en chef désire comme moi un arrangement sur ce point; il ne se dissimule pas les difficultés sans nombre, voire même les dangers, qui résulteraient d'un logement, plus ou moins prolongé, des soldats à la charge de populations excitées comme le sont en ce moment celles de l'Est. De plus, les grands exercices d'artillerie de l'armée, qui se font au camp de Châlons, ne se termineront que le l^"" octobre, et d'autre part, les grandes manœuvres d'automne, qui commenceront vers le 15 septembre, prendront fin dans la première semaine d'octobre, et les plus importantes ont lieu dans les plaines du camp de Châlons; enfin les hommes de la réserve, qui doivent prendre part à ces manœuvres, rentreront en Allemagne vers le 10 octobre.

L'autorité allemande souhaite donc un arrangement entre nous pour la fixation à la première quinzaine d'octobre de l'évacuation de la Champagne.

De notre côté, Monsieur le Président, nous y avons le plus grand intérêt : sans parler en effet du mécontentement que le logement militaire, même de courte durée, causerait à nos populations de l'Est, des rixes, des conflits, des désordres probables qui en seraient la conséquence, je me permettrai de vous faire remarquer qu'il serait aussi difficile que coûteux de fournir aux Allemands, à défaut du camp de Chàlons, un nouveau polygone, de nouveaux champs de manœuvre povir l'achèvement de leurs exercices; que, d'autre part, nous aurons de la peine à faire entrer dans les nouvelles baraques les soldats étrangers, après qu'ils auront joui pendant quelques jours du logement chez l'habitant, objet de toutes leurs préférences, tandis qu'ils y entreront tout naturellement s'ils passent simplement de leurs baraques actuelles de la Marne dans leurs nouvelles baraques de la Meuse et des Ardennes ; j'ajouterai encore que, les Allemands étant aujourd'hui baraqués dans toutes leurs garnisons de la Marne et de la Haute-Marne, les habitants de ces départements n'ont guère à souffrir de leur présence et peuvent supporter, sans être fondés à se plaindre, une prolongation de séjour d'une quinzaine qui doit épargner aux populations de l'Est une lourde charge et nous sauver nousmêmes d'embarras inextricables.

Je ne saurais trop insister, Monsieur le Président, pour que vous adoptiez une décision dans ce sens, et je vous serai bien reconnaissant de me faire connaître vos intentions aussitôt que vous le jugerez possible, afin de me mettre en mesure de répondre aux Allemands.

DU TERRI TOIRE 9

La seconde communication de M. le général de Tresckow, subsidiaire de la première, a trait aux précautions à prendre pour le moment de l'évacuation et pour la substitution immédiate des troupes françaises aux soldats allemands; cette précaution ne sera pas inutile dans certaines villes, à Reims surtout, et je ne saurais trop prier M. le ministre de la Guerre de vouloir bien adopter des dispositions préalables conformes à ce qui a eu lieu, l'an dernier, lors des précédentes évacuations, c'est-à-dire une entente sur place avec les Allemands, en envoyant, à l'avance, un officier chargé de combiner le mouvement, et en me mettant, dès à présent, à même de répondre d'une manière générale.

Les travaux de construction des baraques sont poussés avec activité; nos intendants font ce qu'ils peuvent, mais leur position est bien difficile; les Allemands n'ont affaire qu'à eux et les tiennent responsables des lenteurs, des retards qui surviennent dans l'exécution des travaux qu'ils réclament, et ces travaux doivent être exécutés par le Génie qui ne tient aucun compte des demandes des intendants, des exigences allemandes, qui n'a aucun égard à mes indications, à mes instructions, à mes recommandations. J'ai en ce moment un gros ennui de ce genre, par suite de la conduite d'un colonel du génie, directeur des fortifications à Saint- Mihiel, qui affecte depuis un mois entier de laisser sans réponse toutes mes lettres, tous mes télégrammes, ne me donne aucune des informations qui me sont indispensables, et qui, en même temps, a laissé pen-

dant trois mois sans réponse toutes les demandes du sous-intendant de Verdun, vivement pressé, depuis le 28 avril, par les Allemands, de faire exécuter dans les casernes un simple blanchiment devenu indispensable pour chasser les punaises et la vermine.

Les Allemands ont fini par se fâcher et par décider l'évacuation des casernes avec Fenvoi des soldats chez les habitants ; le sous-intendant ne m'a prévenu que lorsque cette mesure était déjà en cours d'exécution; j'ai remué ciel et terre pour la faire modifier, et j'y suis parvenu à grand'peine. Mais le Quartier général est monté contre des procédés et une négligence qu'il attribue à tort au sous-intendant, et, pour la première fois depuis le commencement de l'occupation, le changement de ce fonctionnaire m'est demandé officiellement.

J'en ai écrit à M. le ministre de la Guerre; je lui ai envoyé tous les détails, je lui ai demandé par télégraphe un sévère rappel à l'ordre au colonel du génie de Saint-Mihiel : je n'ai encore reçu aucune réponse, quoiqu'il y ait plus de quinze jours que j'aie demandé satisfaction du manque de convenance dont j'ai à me plaindre. Je dois décliner toute responsabilité si je ne reçois pas, des officiers et des fonctionnaires qui doivent me les fournir, les informations nécessaires à ma tâche. Ma mission est bien lourde, bien pénible; je ne me résigne à la poursuivre à travers des fatigues et des difficultés multipliées que parce que je me sens appuyé par votre bienveillante approbation et par celle de vos ministres.

Je m'adresse donc à vous, Monsieur le Président; vous savez que je ne m'épargne pas, mais que j'ai besoin d'être soutenu pour ne pas me décourager, et je ne pourrais vraiment continuer sans votre appui.

Il y a quelque temps, M. le général Picard m'attaquait dans les termes les moins mesurés, sans me nommer toutefois, et sur le dos du sous-préfet de Langres qui n'avait fait qu'exécuter mes ordres; c'était à propos de cette absurde histoire Pistollet dans laquelle je n'ai agi qu'avec votre approbation. La lettre du général était livrée par son ordre à la publicité; j'ai demandé une satisfaction bien simple, l'avis qu'un blâme avait été adressé au général Picard pour s'être mêlé en de pareils termes d'une question qui ne le regardait nullement; je n'ai reçu aucune réponse.

Aujourd'hui, c'est le colonel du génie de Saint-Mihiel qui manque envers moi aux devoirs les plus stricts des convenances; je réclame depuis quinze jours une satisfaction; on garde le silence, et, pendant ce temps, la conduite de cet officier provoque des complications qu'il me faut apaiser à grand'peine.

Vous m'avez donné, Monsieur le Président, trop de témoignages de votre bonté pour que j'hésite à recourir à vous, et que je ne vous confesse pas l'impossibilité où je serais de poursuivre utilement ma missidn si les fonctionnaires qui me doivent leur concours n'étaient pas sévèrement rappelés à l'ordre quand ils refusent de me le donner.

La nomination du nouveau préfet de Meurthe-et- Moselle m'oblige à vous exprimer encore un vœu ;

M. Le Guay n'ayant jamais résidé dans un département occupé, il serait nécessaire, je crois, qu'il reçût de votre bouche, Monsieur le Président, la recommandation d'être fort réservé avec les Allemands et de s'entendre avec moi sur la nature des rapports, tant officiels que privés, qu'il doit entretenir avec les généraux. Le désir de M. de Montesquieu de jouer un rôle diplomatique a créé plusieurs fois des embarras dont le refus d'armement des douaniers est un regrettable exemple, et qu'il convient d'éviter avec un nouveau titulaire.

Veuillez agréer, etc.

S^-V ALLIER

Nancy, le 11 août 1872.

Monsieur le Comte,

Le traité du 29 juin stipule :

AuT. 1. — Un demi-milliard de francs sera payé deux mois après l'échange des ratifications.

Art. 2. — Quinze jours après le paiement de ce demi-milliard, les départements de la Marne et de la Haute-Marne seront évacués.

Le commandement supérieur a reçu l'ordre de faire ses préparatifs en conséquence.

Le traité a été ratifié le 7 juillet. Le paiement s'effectuera donc le 7 septembre, et l'évacuation aurait lieu quinze jours après, c'est-à-dire le 21 septembre.

Il est impossible de prévoir si les nouvelles installations des garnisons seront achevées pour cette époque ; dans le cas où elles ne le seraient pas, on ne pourrait éviter de loger en masse les troupes chez les habitants.

DU T E RRITOIRE 13

J'ai l'honneur, Monsieur le Comte, de vous donner connaissance de cet état de choses, en vous laissant le soin d'en entretenir votre Gouvernement.

Veuillez, etc.

DE TrESCKOW.

Nancy, le II août 1872.

Monsieur le Go.mte,

Il m'est revenu que, par suite de l'évacuation des départements de la Marne et de la Haute-Marne, les Allemands établis dans les grandes villes de ces départements pourraient être exposés aux passions des masses après le départ des troupes prussiennes. Le moment où la sûreté des personnes et des propriétés serait le plus en danger est celui qui s'écoulera entre le départ des troupes allemandes et l'arrivée des troupes françaises.

Il me paraît donc désirable que sur les points où le Gouvernement français usera du droit qui lui est accordé parle § 7 du traité du 29 juin, la garnison française entre immédiatement après le départ des troupes allemandes.

J'ai l'honneur de vous prier, Monsieur le Comte, de vouloir bien entretenir votre Gouvernement de cette question et de me faire part de ses intentions, afin que je puisse prendre les mesures nécessaires.

Veuillez, etc.

DE Tresckow.

M. THIERS A M. LE COMTE DE SAINT- YALLIER

DEPECHE TELEGRAPHIQUE

Trouville, le 15 août 1872.

Obligé de me rendre, hier, à Paris pour présider le Conseil, et vaquer à diverses affaires, je n'ai pu recevoir et répondre tout de suite à vos lettres du 12^ et du 13. Je le fais aujourd'hui, et très nettement selon mon usage.

Nous avons annoncé au Gouvernement impérial allemand que nous commencerions, le 7 septembre, le paiement des premiers cinq cents millions; mais d'abord ce paiement exige du temps, car bien que les cinq cents millions soient déjà, matériellement, dans les mains de nos correspondants par l'échéance du papier qui leur avait été remis, il faut du temps pour verser une somme aussi considérable. De plus, nous tenons compte de la nécessité de faire concorder l'évacuation de la Marne et de la Haute-Marne avec l'achèvement des baraques en construction dans les quatre autres départements occupés. Vous pouvez donc déclarer au général de Tresckow que, d'avance, nous consentons à

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