Voir cxc
DUTERRITOIRE 15
nous entendre avec les autorités allemandes, de manière que leurs troupes n'aillent que de baraquements abandonnés en baraquements achevés et habitables. Tout cela se réglera amiablement, et sans réclamation de notre part contre des retards d'évacuation qui seraient amenés par des retards d'achèvement des nouvelles baraques. Que cela soit bien entendu entre nous, et d'ailleurs vous pouvez communiquer cette dépêche si vous le jugez utile. Quant à notre politique, elle est la même, c'est-à-dire pleinement et fermement pacifique, et nullement modifiée par le succès de l'emprunt. Le Gouvernement est composé de gens sensés qui ne se grisent pas (comme on dit), et les Français, pris en masse, ne se grisent pas davantage. Nous connaissons la force de la France, et nous n'avions pas à l'apprendre. Mais cette force, nous ne voulons en faire ni un moyen de guerre ni un moyen de perturbation en Europe. Nous voulons seulement que la France reprenne son rang et son poids dans le monde. Les efforts que nous faisons pour reconstituer ses finances et son armée n'ont pas d'autre but. Je l'affirme et je n'ai jamais manqué à ma parole.
Quant au colonel du génie de Saint-Mihiel, je vais lui faire donner les avertissements convenables, car j'ai le ministre de la Guerre auprès de moi.
Recevez mes sincères amitiés.
A. Thiers.
GXCII
M. THIERS A M. LE COMTE DE SAINT- VALLIER
Trouville, le 26 août 1872, 10 h. 17' s.
Il faut avoir pour le prince^ tous les égards que commandent sa qualité, son grade et Tétat de paix qui existe entre la France et la Prusse. Puisqu'il garde l'incognito, il n'y a aucun honneur à lui rendre ; mais il faut lui procurer le logement qu'il a demandé, et le lui procurer convenable. Soyez réservé, mais poli; la politesse s'allie très bien avec la dignité.
A. Thiers.