‹ Occupation et libération du territoire, 1871-1875. CorrespondancesChapitre 21 sur 103 · Voir ccxxiii · texte numérisé non relu

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Votre Excellence paraissant croire que cette fixation dépend de ma volonté.

Je résume toute la question.

La convention du 29 juin dernier stipule que, quinze jours après le paiement d'un demi-milliard, les départements de la Marne et de la Haute-Marne seront évacués. Plus tard, le Gouvernement français a demandé que cette évacuation fût retardée pour épargner le logement militaire aux habitants des quatre départements restant occupés. Le commandement supérieur y a consenti, bien qu'il fût dans l'intérêt de l'armée d'entrer pendant la bonne saison dans ses nouveaux quartiers et d'être délivrée de l'incertitude du jour de l'évacuation, incertitude qui entrave toujours l'éducation des troupes. Les chefs de corps me dirent que, de toute manière, les baraques ne pourraient être occupées avant la fin d'octobre, et me proposèrent de congédier les hommes de la réserve et d'appeler les recrues non le V novembre, comme il avait été décidé précédemment, mais dès le 1" octobre. Votre Excellence m'assura que, d'après tous les rapports des autorités françaises, la majeure partie des baraques serait terminée le P'^ octobre, ce qui permettrait de commencer l'évacuation le 15 octobre.

M'appuyant sur ces assurances, j'ai repoussé la proposition de mes généraux de division, et maintenant, les baraques ne s'étant pas trouvées prêtes le 15 octobre, j'ai été forcé de congédier les hommes de la réserve à des époques difl'érentes de celles qui avaient été prévues, et de commencer le mouvement des troupes avec des recrues nouvellement arrivées. Les

généraux de division de mon armée avaient raison dans leurs prévisions.

Votre Excellence voit, par ce qui précède, que le retard de l'évacuation a entraîné directement des inconvénients pour les troupes royales, et n'a eu lieu que par égard pour le désir qui m'a été exprimé par le Gouvernement français; ce désir est encore ma seule règle.

Mais, en raison de la franchise qui a toujours présidé à nos relations, je crois qu'il est dans notre intérêt réciproque d'élucider entièrement le principe de l'occupation des baraques en général.

L'article 10 de la convention de Ferrières indique les prescriptions des règlements prussiens comme la règle à suivre pour les exigences à formuler par les Allemands. Les baraquements ne sont pas prévus dans les règlements prussiens et, par suite, il n'existe pas d'obligations de les occuper ou d'y rester.

Si depuis, sur quelques points, des baraquements ont été occupés, et si l'on s'est proposé d'en occuper sur une plus grande échelle après l'évacuation de la Marne et de la Haute-Marne, on a en même temps réservé toujours le droit de renoncer à ces bâtiments aussitôt que l'intérêt du service des troupes l'exigerait. La décision de cette question- appartient uniquement aux chefs, qui sont responsables de la santé des troupes, et ce point de vue sera toujours maintenu.

En ce qui concerne maintenant l'époque même de l'évacuation, j'ai fait connaître, le 11 de ce mois, à Votre Excellence, que, conformément aux conventions,

elle commencerait aussitôt que le Gouvernement français en exprimerait le désir, mais que jusqu'à Tachèvement des baraques, le logement chez l'habitant serait inévitable. Il a été dit, en même temps, que cette disposition ne serait probablement nécessaire que dans une mesure restreinte, si l'évacuation commençait le 4 novembre.

Il n'existe aujourd'hui aucun autre motif de fixer ce jour pour le commencement du mouvement, et je suis prêt à faire commencer le mouvement d'évacuation de la Marne et de la Haute-Marne dans les derniers jours d'octobre. Mais je crois devoir ajouter que ce terme plus rapproché semble être moins dans l'intérêt du Gouvernement français que celui que nous proposons, parce que, d'après les rapports que j'ai reçus, la plus grande partie des baraques ne sont pas assez avancées pour être acceptées sans empêchement pour ce terme plus rapproché.

Votre Excellence fait remarquer, dans sa lettre du 22 de ce mois, que les travaux non achevés d'aplanissement du terrain, de pavage des rues, d'établissement de rigoles, etc., ne pourraient retarder l'occupation des baraques; mais c'est précisément l'absence de ces installations nécessaires qui rend dans cette saison une occupation des baraques impossible.

Dans ces circonstances, j'abandonne encore une fois à Votre Excellence le soin d'apprécier si l'évacuation plus prochaine est d'accord avec l'intérêt de votre Gouvernement, ou si le moment proposé par nous pour le commencement du mouvement d'évacuation serait plus

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avantageux, et j'aurai Thonneur d'attendre votre réponse à ce sujet.

Le général en chef,

E. Mantelffel.

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