‹ Occupation et libération du territoire, 1871-1875. CorrespondancesChapitre 76 sur 103 · Voir cccxiii · texte numérisé non relu

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DU TERRI TOIRE 349

GGCXIX

M. LE VICOMTE DE GONTAUT-BIRON A M, THIERS

DEPECHE TELEGRAPHIQUE

Berlin, le 15 mars 1873, 5 h. 22' s.

Le prince de Bismarck a vu l'Empereur ce matin. En arrivant à notre rendez-vous, il m'a annoncé qu'il avait rencontré chez Sa Majesté, ainsi que chez les militaires, les plus grandes objections au projet concerté entre nous hier au soir. 11 a tenté encore et à plusieurs reprises de me faire revenir sur Belfort, et m'a dit que, s'il n'avait pas fait inconsidérément la proposition de Verdun, tout serait terminé à l'heure qu'il est sur les bases primitives.

Devant votre volonté de maintenir avant tout Verdun, j'ai cru devoir céder sur des points au fond secondaires. Nous sommes convenus des clauses suivantes :

« Fin de l'article iv. L'Empereur d'Allemagne aura le droit d'user de la route de Metz à Verdun comme route militaire, et de tenir occupées à cet effet, pour le service d'étapes, les deux villes de Conflans et d'Etain qui auront chacune une garnison d'un demi-bataillon. Les autorités militaires exerceront, à Verdun et le long de la route d'étapes, les droits que l'on exerce jusqu'ici dans les territoires occupés. »

En l'absence du compte que vous aviez remis au comte d'Arnim sur l'ancien article vu, que le prince de Bismarck n'a pas et que je n'ai pas, j'ai dû accepter le libellé de cet article sous forme de protocole de signature, d'autant plus que le prince de Bismarck m'assure que vous connaissiez depuis longtemps ces chiffres par le travail des délégués chargés de la comptabilité des paiements à Strasbourg.

C'est à ce prix seulement, après beaucoup d'insistance, et en réglant immédiatement tous les points, qu'après une conférence d'une heure et demie j'ai pu terminer.

11 m'a répété encore que le comte d'Arnim n'avait aucunement les pouvoirs pour terminer et signer.

Dans une heure, nous signerons.

V^^ DE GoNTAUT-BiRON.

CCGXX

M. LE COMTE DE SAINT- VALLIER A M. THIERS

DEPECHE TÉLÉGRAPHIQUE

Nancy, le 15 mars 1873, 6 h. 30' S.

M. de Manteuffel me prie de vous dire qu'il veut répondre, en ami sincère, aux preuves d'amitié que vous

lui donnez; il veut que vous sachiez que l'acceptation de la substitution de Verdun à Belfort est regardée à Berlin comme un acte de défiance de notre part; des précautions militaires seront prises, et bien des lenteurs et des ennuis nous attendent. Après votre acceptation complète du premier projet, transmis le 11, M. de Bismarck a offert cette substitution comme un gage de sa bonne foi, convaincu que nous répondrions par un témoignage de confiance en ne modifiant pas les premières conditions déjà admises par nous. Vous feriez un grand acte politique en chargeant M. de Gontaut de profiter de la présence du Roi, ce soir, chez lui pour déclarer, en votre nom, à Sa Majesté Impériale que, malgré tous les intérêts qui vous portent à vouloir la substitution de Verdun à Belfort, malgré le sentiment public français qui vous pousse, vous voulez donner à l'Empereur d'Allemagne un témoignage éclatant de votre confiance dans sa parole en renonçant à la substitution et en maintenant Belfort comme gage.

Telle est la communication du général en chef. Il me demande, au nom de ses sentiments pour vous, de ses constants efforts pour la réconciliation des deux pays, de vous la transmettre. 11 la regarde comme trop importante pour que j'hésite à le faire, et il ajoute que, dans sa conviction, cette preuve de confiance amènerait le Roi à renoncer à l'occupation de Belfort au moment de l'évacuation des quatre départements.

S^-Vallier.

GGGXXI

M. LE COMTE DE SAINT-VALLIER A M. THIERS

DEPECHE TELEGRAPHIQUE

Nancy, le 15 mars 1873, 7 h. 15 s.

J'ai l'honneur de vous remercier de votre télégramme de deux heures trente-cinq; mais quoique je l'eusse reçu, je n'ai pu refuser de vous transmettre la communication dont j'ai été chargé, et que je vous ai adressée à six heures.

Votre respectueux et dévoué,

S'^-V ALLIER

GGCXXII

M. THIERS A M. LE VICOMTE DE GON TAUT-BIRON

DEPECHE TELEGRAPHIQUE

Versailles, le 15 mars 1873.

Mon CHER Monsieur de Gontaut,

J'espère que, lorsque ce télégramme vous arrivera, le traité qui nous occupe depuis si longtemps sera si-

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gné et qu'en recevant, ce soir, S. M. l'Empereur et Roi, vous pourrez le remercier à la fois, et de sa présence, et du concours qu'il nous a prêté dans une œuvre longue et difficile.

Remerciez-le, pour ma part, d'avoir parle traité d'aujourd'hui contribué à cicatriser les plaies de la guerre, et facilité, autant qu'il était en lui, l'apaisement des passions qui ont récemment désolé le monde. C'est la paix définitive que nous venons de signer, et cette paix entre deux grandes nations sera un sûr garant de la paix universelle dont l'Europe ne pourra manquer de se réjouir.

Recevez, etc.

A. Thiers.

GGGXXIII

M. LE VICOMTE DE GONTAUT-BIROX A M. DE RÉMUSAT

DEPECHE TELEGRAPHIQUE

Berlin, le 15 mars 1873, 5 h. 46' s.

Le traité a été signé à cinq heures. Je vous en enverrai le texte par un secrétaire, qui partira demain matin.

J'ai reçu le télégramme du Président de la Répu-

blique, de huit heures trente-cinq; je l'en remercie extrêmement.

Je reçois également le télégramme destiné à l'Empereur Guillaume.

V^" DE GONTAUT-BIRON

M. LE COMTE DE SAINT-VALLIER A M. THIERS

DEPECHE TELEGRAPHIQUE

Nancy, le 16 mars 1873, 6 h. m.

La communication télégraphique que je vous ai transmise, hier soir^, au nom de M. de ManteufFel, m'était absolument imposée. Dans les termes où elle m'était demandée, refuser était impossible; je ne pouvais donc pas agir différemment, malgré ma répugnance à me charger de cette commission désagréable. Ma conduite m'a été dictée par l'obligation où je suis de ménager, dans les circonstances présentes, la susceptibilité excessive du général commandant en chef.

S^-V ALLIER

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