‹ Occupation et libération du territoire, 1871-1875. CorrespondancesChapitre 94 sur 103 · Voir cccL · texte numérisé non relu

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DU TE RRITOIRE 413

dit hier, et il y a quelques jours, de la conviction où il est encore, malgré les mauvaises élections du 27 avril et du il mai, que si nous payons exactement, le 5 juin comme nous Tavons fait le 5 mai, la prochaine échéance, nous aurons les meilleures chances de réussir, par une négociation confidentielle, à faire abandonner par le Cabinet de Berlin l'occupation de Verdun. Le général m'avait donné à cet égard les meilleures espérances le mois dernier; son langage s'était un peu modifié à la suite des élections du 27 avril ; il se montre de nouveau assez affirmatif aujourd'hui pour que je doive en inférer, malgré son silence, qu'il a reçu de Berlin de nouvelles assurances favorables sur ce point.

Quoi qu'il en soit, il est de mon devoir de vous faire connaître l'opinion de M. de Alanteuffel; vous apprécierez, Monsieur le Président, s'il vous paraît opportun de profiter de cette indication en pressentant à cet égard le prince de Bismarck. 11 conviendrait toutefois de ne le faire qu'après le paiement du 5 juin, mais aussitôt après. Quant à la marche à suivre, on pourrait dans 1 opinion du général de Manteuflfel, faire dire un mot au chancelier par M. de Gontaut; peut-être voudriezvous en parler vous-même à M. d'Arnim. Sinon, il resterait encore la voie que nous avons suivie, et qui a réussi pour le traité du 15 mars, celle d'une lettre particulière que vous m'adresseriez et que je communiquerais confidentiellement au général qui, à son tour, la transmettrait au prince. Cette lettre pourrait être courte et se borner à faire ressortir l'exactitude avec laquelle nous tenons nos engagements, les moyens financiers

dont nous disposons pour les exécuter jusqu'au bout, la tranquillité, Tordre qui régnent en France, et que ne sauraient compromettre quelques fâcheux résultats électoraux dont on s'exagère la portée; enfin, et pour toutes ces raisons, Finutilité de l'occupation de Verdun, dont l'objet ne se comprendrait que si l'on avait des inquiétudes sur notre solvabilité ou sur notre bonne foi.

Votre lettre, comme celles que vous m'écriviez en février et en mars pour entamer les pourparlers sur l'évacuation anticipée, sera utilisée par moi comme point de départ d'ouvertures que je serai censé faire de mon initiative, afin de ne pas vous compromettre en cas de non-succès. M. le général de Manteuffel transmettra, en les appuyant, mes propositions, mais comme des confidences de ma part; c'est la marche que j'ai suivie dans nos négociations antérieures et qui nous a réussi. Vos lettres. Monsieur le Président, il importe que vous le sachiez bien, ne sont jamais représentées par moi que comme des observations personnelles à un de vos agents, qui n'a nullement l'ordre de les communiquer, et qui n'en fait part à M. de Manteuffel qu'en raison de ses relations d'intimité particulière avec lui.

Il n'y a donc pas à craindre les inconvénients que présenteraient, dans certains cas, des ouvertures directes et avouées. Vous jugerez. Monsieur le Président, si vous croyez devoir mettre à profit, après le versement du 5 juin, les indications que j'ai l'honneur de vous soumettre.

Veuillez agréer, etc.

S^-Vâllier.

DUTERRITOIRE 415

M. THIERS A M. LE COMTE DE SAINT-YALLIER

Paris, le 18 mai 1873.

Mon cher Mo^•SIEUR de Saint-V allier,

Je suis en pleine crise ministérielle et en gros ennuis de transports de Paris à Versailles, et c'est à peine si je puis, souffrant et fatigué, vous écrire quelques mots. J'ai reçu et lu avec un vif intérêt votre lettre du 15 mai^. Je suis d'avis que si, en retour de notre exactitude, nous voulons obtenir la simultanéité de l'évacuation, c'est-à-dire de Verdun comme de tout le reste, il faut attendre le paiement du 5 juin, qui est tout prêt, et employer les formes que vous indiquez. Nous pouvons y ajouter une offre d'une bonne somme en or, dont on est très friand, comme nous le savons par Berlin. Du reste je vous dirai jour par jour, et de manière à vous tenir toujours au courant, ce qui nous arrivera des divers côtés^.

Remerciez toujours M. de Manteuffel de ses sentiments que je n'oublierai jamais, et dites-lui que, quelle que soit sa destination future, il peut compter sur une

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