A. HALL'S ARM, SMITH SOUND
Remarquer l'escarpement des rives.
Phot. Muir et Moodie, Dunedin.
B. LE LAC WAKATIPU.
A l'arrière-plan, les monts Remarkable, avec leurs traînées de neige. A leur pied, dissimulée derrière un contrefort, la ville de Queenstown est une escale des bateaux de touristes.
G. U., t. X, Pl. XLII.
l'archipel néo-zélandais.
katipu et à Onakaka, sur Golden Bay, dont on évalue les réserves à 64 millions de tonnes.
Les quelque 2 millions de tonnes de charbon extraites chaque année, complétées par environ 300 000 tonnes importées d'Australie, suffisent aux besoins actuels du pays. Trois bassins sont en exploitation : celui du Nord, à Newcastle et à Huntly, sur la Waikato ; celui de la côte Ouest, le plus important, à Westport, Greymouth, Brunner et Beefton, et celui du Sud, dans l'Otago, dont la production est faible. Un peu de charbon est exporté dans le Pacifique. L'anthracite manque à peu près complètement ; les réserves de charbon bitumineux, qui paraissent abondantes, sont incertaines ; celles du lignite, au contraire, sont estimées au moins à un milliard et demi de tonnes.
C'est la houille blanche qui, dans un avenir prochain, parera à l'insuffisance éventuelle de la houille noire et assurera le développement industriel du pays. La Nouvelle-Zélande, avec ses pluies, ses montagnes, ses glaciers et ses neiges, pourra disposer de 4 millions de CV. En 1928, il n'y en avait encore que 149 486 équipés, mais on travaille activement. Déjà l'aménagement du lac Coleridge, avec ses 444 kilomètres de courant, fournit la lumière et la force à Christchurch, Timaru et Oamaru.
La Nouvelle-Zélande exploite le soufre de la région volcanique de l'île du Nord, d'importants gisements de phosphates en Otago, et de nombreuses carrières : conglomérats volcaniques, comme le « granité » de Coromandel, la pierre bleue de Lyttelton et la pierre grise de Port Chalmers, et pierres de taille calcaires, comme celles de Whangarei, de Raglan, de Timaru et surtout la belle pierre blanche d'Oamaru.
Les forêts et les cultures. — Les forêts ont été considérablement réduites par les incendies dus à la négligence des « mineurs de kauri » et des prospecteurs. Il n'en reste que 50 000 kilomètres carrés ; encore une bonne moitié n'est-elle que de la prairie alpine ou du scrub, et de nombreuses propriétés indigènes ou privées sont-elles inévitablement destinées au défrichement. On fait des reboisements, en essayant, pas toujours avec succès, des essences européennes et américaines. Quelques arbres sont activement exploités : le pin jaune, le pin blanc, le pin rouge, le matai, le kauri et le hêtre. Toutefois l'importation du pin d'Orégon et des bois australiens l'emporte de beaucoup sur l'exportation.
Si l'île du Nord s'est spécialisée dans l'art pastoral, avec culture accessoire de maïs, l'île du Sud, où les indigènes sont rares et où les colons ont à leur disposition des plaines découvertes qu'ils n'ont pas à défricher, est restée davantage agricole. En latitude, elle correspond à peu près à la France méditerranéenne et centrale, mais l'influence du climat austral la rapproche de la France du Nord et de l'Angleterre. Les districts de Canterbury, d'Otago et de Marlborough possèdent presque le monopole de la production des grains, blé. avoine et orge. Les méthodes de culture y sont très modernes. Le fermier néo-zélandais n'est pas un paysan, mais une sorte d'entrepreneur: il utilise en grand les machines e1 loue, autant qu'il le peut, du courant électrique. Les rendements, assurés par la fertilité du sol et l'égalité du climat, sont, en général, très supérieurs à ceux de 1' \ustralie; pour le blé et l'avoine, ils comptent parmi les plus forts du monde.
Blé et avoine, cultivés, le premier, pour le grain, la seconde, surtout pour la paille, sont comparables par la superficie occupée comme par les quantités pro-
L AUSTRALASIE
duites ; ils l'emportent l'un sur l'autre tour à tour. Le Canterbury est le «grenier à blé » de la colonie, avec 83 p. 100 de la récolte totale, l'Otago venant ensuite avec 14 p. 100. Pour l'avoine, le climat plus froid et plus humide met au premier rang l'Otago : les deux districts fournissent 80 p. 100 de la production. Des ensemencements très variables d'une année à l'autre sont la cause de variations énormes dans la quantité produite : de 4 millions à 10 millions et demi de boisseaux pour le blé et, pour l'avoine, de 2 à 19 millions et demi. En général, la Nouvelle-Zélande est au-dessous de ses besoins en blé, tandis que l'avoine donne lieu parfois à une exportation appréciable.
Les pommes de terre ont un fort rendement ; les pois et les fèves sont exportés ; les racines et, grâce à l'exemple des fermes expérimentales, la luzerne sont aujourd'hui cultivées pour servir à la nourriture du bétail pendant la mauvaise saison ; le houblon est localisé dans le district de Nelson ; le phormium ou lin indigène, au contraire, est récolté un peu partout, pour sa fibre, avec laquelle on fait des cordes, et sa filasse qui sert d'étoupe. La presqu'île de North Auckland est le domaine des fruits méditerranéens ; toutefois les vignobles sont très peu étendus, mais on « force » dans des serres le raisin de table en même temps que les tomates. Dans le reste de l'île du Nord, en dépit de la latitude, et dans toute l'île du Sud, les fruits sont ceux de l'Europe tempérée : abricots, pêches, poires, surtout pommes. C'est l'effet du climat austral. Le district de Nelson, le « verger de la Nouvelle-Zélande », est spécialement adapté à la culture fruitière : il en est de même de l'Otago central, où à un hiver assez rigoureux succède un été long, chaud et ensoleillé. Les fruits sont exportés en quantité, frais, en boîtes de conserves et en gelées.
L'élevage. — La jeune Nouvelle-Zélande, plus encore que l'Australie, est avant tout un pays pastoral, une grazing country modèle, fortement spécialisée. La nature y a aidé : le bétail n'a pas besoin d'être mis à l'étable en hiver, et fabsence de sécheresses fait l'économie des fourrages artificiels. L'homme a complété l'œuvre de la nature. Les fermiers néo-zélandais sont amis du progrès : groupés en coopératives, ils emploient des machines mues à la vapeur, au pétrole ou à l'électricité, tondeuse, presse à laine, écrémeuse, milking machine ou machine à traire : la moitié des vaches sont traites mécaniquement. Ils ont semé en quantité les herbes anglaises. L'ensilage et la culture de la luzerne se généralisent. On a compris que le fourrage vert est indispensable pour assurer une production régulière de lait ; mais, autant que possible, on n'en achète pas ; chaque ferme produit ce dont elle a besoin.
Les porcs et les chevaux n'ont pas d'importance spéciale, bien que l'Otago élève d'excellents chevaux de trait. Mais le gros bétail, évalué à 150000 têtes en 1858, en comptait 3 273 769 en 1928, dont les quatre cinquièmes dans l'île du Nord ; là-dessus, il y a 1 352 398 vaches laitières. Pour les moutons, de 2 millions seulement, en 1858, ils sont devenus 27 133 810, dont un peu plus de la moitié dans l'île septentrionale. La valeur numérique du cheptel ovin place la Nouvelle- Zélande au sixième rang dans le monde, après la Russie des Soviets. 1* Australie, les États-Unis, l'Argentine et l'Union Sud-africaine.
Les mérinos sont élevés depuis longtemps dans la plaine de Canterbury, mais le développement de l'industrie frigorifique a fait multiplier le nombre des croisés, qui aujourd'hui l'emportent de beaucoup; ils font plus des quatre-ein-
l'archipel néo-zélandais.
quièmes du total. Ce sont les districts orientaux, plus secs, Wellington, Canterbury, Hawke's Bay, Otago, Marlborough, qui comptent le plus grand nombre de bêtes ; les collines calcaires de Hawke's Bay sont regardées comme une des meilleures terres à moutons du monde.
La laine est produite en quantité très variable. Les extrêmes, en dix ans, ont été de 118 millions et de 334 millions de livres ; la saison de 1927-1928 a donné 194 887 524 livres. Exportée presque en totalité, la laine tient le premier rang dans le commerce extérieur. L'industrie frigorifique, dont les débuts datent de 1882, la concurrence aujourd'hui. En 1926-1927, on a vendu 2 264 947 « carcasses » de moutons, consommées en partie dans le pays, et 5 310 114 « carcasses » d'agneaux, presque toutes exportées.
Le gros bétail, comme les moutons, a été perfectionné par l'introduction des meilleures races britanniques. En 1926-1927, le bœuf, utilisé d'ailleurs pour la plus grande partie sur place, a fourni au commerce 572 919 quintaux. La première exportation de viande congelée, bœufs, moutons et agneaux, en 1882, montait à 777 tonnes ; en 1927, c'est 168 248 tonnes que la Nouvelle-Zélande a envoyées au dehors.
L'industrie laitière est devenue l'industrie maîtresse de l'archipel. Les animaux ont été améliorés par l'action des sociétés, qui ont généralisé l'usage des certificats de mérite pour les vaches laitières. Le fermier ne fait pas son beurre luimême ; il porte son lait à des fabriques, beurreries et fromageries, dont le nombre est supérieur à cinq cents. La valeur marchande des beurres et des fromages réunis dépasse celle de la laine, et, bien qu'ils aient un large débouché local, ils tiennent en général la première place parmi les produits exportés. En 1876, la Nouvelle-Zélande en a envoyé à l'étranger 89 tonnes, et 147 416 en 1927.
Les industries. — Le Dominion est trop peu peuplé pour entretenir un vaste groupe d'industries variées, et il se limite à peu près au traitement des principaux produits primaires. Pourtant il commence à entrer dans la phase industrielle : la guerre a provoqué, comme en Australie, la création d'industries nouvelles, protégées par une rigoureuse législation douanière. La houille blanche accentuera cette évolution.
Toutefois, seules, actuellement, les industries pastorales ont une importance prépondérante ; là est la différence avec l'Australie, qui est plus variée. Elles fournissent 61 p. 100 de la valeur des produits fabriqués. Les deux principales, laiterie et préparation des viandes frigorifiées, font à elles seules 48 p. 100, presque la moitié du total général. Les industries forestières tiennent la seconde place, mais très loin du premier groupe (10 p. 100). Les industries agricoles suivent de près les précédentes (9 p. 100), mais elles ne comptent guère pour le commerce extérieur : leurs produits, à peu d'exceptions près, sont absorbés par le marché local. La métallurgie vient en dernier lieu (7 p. 100). Toutefois elle est en progrès, et elle prendra son essor quand on aura commencé l'exploitation en grand du minerai de 1er. Les autres industries, assez nombreuses, mais moins caractéristiques, représentent 13 |). 100 de la production manufacturière.
Les communications. - - Les ports placés aux extrémités de l'archipel ou sur le passage central, Auckland, Bluff, Wellington, sont les escales des navires au long cours. Mais la longueur des îles, leur étroitesse, le développement de
l'australasie.
leurs côtes et l'obstacle des montagnes ont fait naître un cabotage très actif, dont le tonnage-marchandises l'emporte sur celui des lignes transocéaniques.
A l'intérieur, on utilise des pistes, comme en Australie ; il n'y a que quelques belles routes à l'européenne, qui servent aux excursions des touristes. Les voies ferrées sont indispensables pour le gros trafic. A l'exception de 187 kilomètres de lignes privées, desservant des houillères et des exploitations forestières, les 5 118 kilomètres de voies ferrées appartiennent à l'État, qui, au temps de la politique socialiste, a exproprié les compagnies particulières. L'île du Nord est naturellement la plus accessible ; dans l'île du Sud, c'est seulement depuis 1923 qu'on franchit les Alpes, et la communication en longueur, de Nelson à Bluff, comporte encore une lacune.
La Nouvelle-Zélande communique avec le reste du monde par le câble qui, de Mangonui, à l'extrémité Nord-occidentale, rejoint à l'île Norfolk le câble transpacifique anglais ; il a été complété par une ligne directe d'Auckland à Suva (Fiji). En outre, trois lignes sous-marines relient à Sydney Auckland et Nelson, reliée elle-même à Wellington. Cinq stations radiotélégraphiques de grande puissance fonctionnent à Awanui, à Awarua, à Wellington, à Auckland et aux îles Chatham.
Le commerce. — Le commerce extérieur a fait depuis l'origine des progrès étonnants. Inférieur, en 1853, à un million de livres sterling,' il a atteint, en 1927, 93 279 300 livres, dont 44 782 946 pour l'importation et 48 496 354 pour l'exportation, ayant ainsi, en soixante-quatorze ans, presque centuplé. Un Néo-Zélandais compte dans le trafic pour 67 livres sterling, plus qu'un Australien (50 livres) et un Anglais (43 livres) : c'est le plus actif commerçant du monde.
Pendant longtemps, c'est l'Australie, plus anciennement colonisée et plus avancée dans l'évolution économique, qui a été le principal et presque Tunique fournisseur de sa voisine. Mais l'Angleterre s'est peu à peu substituée à elle, à mesure que se développaient ses relations maritimes directes avec sa lointaine colonie1. Elle lui vend principalement des objets manufacturés que ne peut fournir l'industrie locale, encore à ses débuts. La part de la métropole, favorisée d'ailleurs par un tarif préférentiel, dans les importations du Dominion est de 52 p. 100. dont 5 p. 100 seulement de produits étrangers réexportés. L'importance des liens commerciaux qui unissent la Nouvelle-Zélande à l'Empire apparaît nettement dans la part contributive des colonies anglaises, qui est de 27 p. 100. La communauté britannique assure ainsi ses besoins dans la proportion des quatre cinquièmes.
Les États-Unis suivent l'Angleterre, bien que d'assez loin (16 p. 100). Leurs importations en Nouvelle-Zélande ont triplé depuis la guerre: comme en Australie, ils ont pris la place de l'Allemagne. Ils sont les grands pourvoyeurs de pétrole et d'essence, auxquels ils ajoutent, avec le tabac, de multiples articles d'industrie, comme les automobiles et les cycles, les métaux et les machines et le matériel électrique.
L'Australie, qui est toute proche et qui jouit, comme l'Angleterre, d'un tarif de faveur, a conservé un courant actif d'échanges avec la Nouvelle-Zélande, qui lui achète son charbon et ses bois (13 p. 100). en même temps qu'elle fait veuille papier, les métaux, les machines, les chaussures et le poisson du Canada (8 p. 1 00).
1. La part du Royaume-Uni dans le commerce total du Dominion est de 67 p. 100 (Australie ; 42 p. 100).
l'archipel néo-zélandais.
le sucre des Fiji qui ont supplanté l'île Maurice, les fruits tropicaux frais des archipels océaniens, le thé de Ceylan qui a succédé à la Chine, et, de l'Inde, les sacs et balles de jute qui servent au transport de la laine et du blé.
Trois pays, bien que leur part contributive dans l'importation néo-zélandaise soit minime, méritent une mention à part. Le Japon a profité, comme les États-
Fig. 48. — Valeur des principaux produits néo-zélandais exportés de 1905 à 1927.
Unis, de la carence de l'Allemagne pendant la guerre, et il cherche à répandre partout les produits de ses manufactures, soieries, satins, velours, cotonnades, mercerie, verrerie, fantaisies et jouets. Les Allemands reprennent peu à peu leur rôle de fournisseurs d'objets manufacturés divers, notamment de produits chimiques et d'engrais. Quant à la France, qui vend des automobiles et des bicyclettes, des vins et des spiritueux, des dentelles, des fourrures, des soieries et des articles de mode, elle est desservie par le manque de relations maritimes.
La Nouvelle-Zélande, sous l'influence du Labour parly d'abord, puis, après la guerre, par besoin d'argent, est devenue très protectionniste, même vis-à-vis de l'Angleterre. Le fisc, les industriels, qui ont commencé à fabriquer ce qui jusquela venait du dehors, les ouvriers, qui craignent la baisse des salaires, sont d'accord sur ce point. Elle ne dégrève que les denrées alimentaires non préparées, application de la doctrine du free breakfast de Gladstone, les matières premières dont, elle a besoin et les objets manufacturés qu'elle ne produit pas elle-même.
Trois faits caractérisent l'exportation néo-zélandaise. D'abord, depuis le début du xxe siècle, cl sauf trois années exceptionnelles, la prédominance des
l'australasie.
exportations sur les importations, puis la spécialisation dans les produits primaires bruts ou n'ayant subi qu'une légère préparation, enfin la part tout à fait prépondérante prise par les denrées pastorales (91 p. 100) ; à côté d'elles, toutes les matières exportées accusent une baisse relative, qui d'ailleurs, pour les mines, est également une baisse en valeur absolue (fig. 48). Parmi les productions de l'élevage, l'ascension formidable a été celle des beurres et des fromages dont, en vingt ans, la quantité est devenue sept fois et la valeur dix fois plus fortes.
La Nouvelle-Zélande a moins de clients importants que de fournisseurs : trois seuls comptent, mais ils prennent pour leur part 92 p. 100 des exportations. L'Angleterre absorbe à elle seule les quatre cinquièmes des produits néo-zélandais (79 p. 100) ; il est vrai que 15 à 16 p. 100 sont réexportes, notamment la laine qui, du marché de Londres, gagne le Nord de la France, la Belgique et l'Allemagne, avec le beurre et le lait condensé, la viande congelée, les peaux, le suif et la gomme de kauri. Les États-Unis viennent au deuxième rang (7 p. 100) : ils achètent des peaux de moutons délainées, de la laine, des peaux de lapins, de la gomme de kauri et des enveloppes de saucissons. L'Australie (6 p. 100), passée de la première à la troisième place, fait venir des laines et des peaux, de l'or, des bois et du phormium. L'Allemagne, le Canada et la France sont des clients modestes. Le Japon, qui ne comptait pas au commencement du siècle, est devenu acheteur de laine.
LES EXPORTATIONS NÉO-ZÉLANDAISES EN 1927 (en livres sterling).