V. — LES CLIMATS
On peut distinguer, en Océanie, deux climats, au reste assez peu différents l'un de l'autre, car l'influence océanique se fait sentir partout : un climat équatorial et un climat subéquatorial plutôt que tropical.
Le climat équatorial est celui des archipels situés approximativement entre 10° latitude Nord et 15° latitude Sud. Chaleur constante et uniforme, nuits aussi chaudes que les jours, absence de saisons, pluies abondantes et régulières, quelquefois presque journalières, violents orages déversant des torrents d'eau, et, sous le ciel nébuleux, atmosphère lourde, moite, chargée d'électricité, baiguée de mollesse, accablante, irrespirable, tels sont les caractères de ce climat. Pourtant, aux Nouvelles-Hébrides, à Tahiti et surtout au Sud de la Nouvelle-Guinée, on observe un commencement de différenciation des saisons, au moins dans la quantité de pluie. A Tahiti, type de transition, les nuits et les matinées d'hiver sont souvent fraîches.
Le climat subéquatorial (Hawaii, Mariannes, Nouvelle-Calédonie, Fiji) montre deux saisons : une saison chaude, humide, fatigante, qui correspond régulièrement à l'été, et une saison à peu près aussi chaude que la précédente, mais relativement sèche, avec des journées lumineuses et claires et des nuits fraîches. Les Hawaii sont un paradis terrestre comme la Nouvelle-Calédonie, mais la sécheresse est parfois exagérée.
Dans son ensemble, l'Océanie est très saine pour les Européens. La lièvre jaune y est inconnue, et le paludisme ne se rencontre qu'en Nouvelle-Guinée, foyer, d'ailleurs, d'intensité forte, dans l'archipel Bismarck, aux Salomon et aux Nouvelles-Hébrides, où abondent les anophèles. Des cas d'infection sont parfois constatés en Nouvelle-Calédonie et aux Fiji, mais ce sont des formes accidentelles, non endémiques, et presque toujours très atténuées : les soûls vrais malades sont ceux qui ont apporté avec eux la maladie. Sauf dans les foyers paludiques, les Européens vivent, travaillent et font souche. Toutefois, ils ne sont pas absolument à l'abri de deux maladies indigènes : l'éléphantiasis et la lèpre. La première produit d'effroyables déformations dans les membres, gonflés comme des outres. La lèpre a été très développée aux Hawaii, et il a fallu y créer, dans l'île Molokai, une léproserie, illustrée par le dévouement du P. Damien, qui s'y est enfermé pendant seize ans et qui y est mort en 1889. atteint à son tour du mal dévorant.
L'immunité de l'Océanie en ce qui concerne les grandes endémies tropicales paraît d'ordre géographique. Toutes les îles sont balayées par des vents qui ont traversé de larges espaces océaniques ; l'air est pur et aseptique. Le paludisme ne sévit que dans les endroits abrités, mal ventilés ; le premier soin des colons est d'éclaircir la brousse. La direction des vents dominants, qui portent généralement à l'Ouest entre les tropiques, gêne la propagation des germes morbides issus de la Malaisie, et le large chenal d'eau libre du Pacifique oriental arrête toute contagion d'origine américaine. Mais le Stegomya existe en
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