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L'ÉTAT DE VICTORIA

Le pays. ■ Malgré sa faible superficie de 227 532 kilomètres carres. Victoria a joué et joue encore un rôle de premier ordre. Avant 1851. ce n'était en Nouvelle-Galles que le district de Port Phillip, fréquenté par les chasseurs de phoques et de baleines et utilisé, par intermittences, comme dépôt pénal. On disait qu'il ne serait jamais bon que pour les kangourous. Le premier établissement permanent est dû à des baleiniers tasmaniens, les frères Henty. qui s'installèrent à Portland en 1834 ; et ce sont également des Tasmaniens. Batman et Fawkner, qui fondèrent en 1836 Melbourne. En même temps commençait la colonisation, à l'appel de l'explorateur Sir Thomas Mitchell, admirateur enthou-

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siaste de cette région qu'il appelait Australia felix. Mais c'est seulement la découverte de l'or, en 1851. qui brusquement peupla le pays, lui donna l'indépendance et fit de Melbourne la grande ville des affaires, de la spéculation et des plaisirs.

Physiquement, Victoria est une terre de transition, montueuse comme la Tasmanie, mais s'étendant déjà sur les vastes plaines intérieures.

Elle commence au Sud par les ruines, de forme triangulaire, de deux vieux massifs carbonifères et jurassiques, séparés par la baie de King, entrée de Port Phillip. A l'Ouest, ce sont les chaînes d'Otway, terminées par le cap du même nom : à l'Est, les collines du Gippsland méridional projettent vers la Tasmanie la péninsule granitique du promontoire Wilson.

L'un et l'autre massif, formés de chaînes parallèles, ne sont qu'une immense forêt, la mer des eucalyptus, dont les ondulations bleuâtres s'alignent les unes derrière les autres jusqu'à l'horizon. Les touristes viennent y admirer les « patriarches », les arbres géants, hauts parfois de plus de 100 mètres. Quant au Gippsland, il est en voie de transformation. La forêt vierge se troue de clairières où fument les petites maisons de bois des colons, avant-garde d'une civilisation utilitaire, mais destructrice de la beauté. Assis sur les branches, les opossums, longtemps seuls habitants de ce paradis de fraîcheur, voient s'avancer leurs redoutables concurrents, les vaches et les moutons. Les troncs séculaires tombent, l'un après l'autre, sous la hache du bûcheron, et le chemin de fer emporte chaque jour, comme en des trains funéraires, au lendemain d'une bataille, les cadavres des vieux habitants de la forêt. Alberton et son port Palmerston font le commerce du bois. L'industrie est née. Près de Western Port, séparé de Port Phillip par la péninsule granitique de Mornington, Jumbunna, Outtrim. Korumburra et Morwell extraient le charbon (pl. XX, A).

Entre les massifs méridionaux et les Highlands qui forment comme l'ossature de Victoria, la Grande Vallée est le reste d'un effondrement où les mers tertiaires ont déposé leurs sédiments, recouverts à l'Ouest de larges nappes de basalte.

La partie occidentale consiste en un bas plateau, parsemé de cônes de laves, comme les monts Xoorat, Eléphant et Town Hill, et creusé de nombreux lacs, près de cent cinquante, chaudières volcaniques sans doute, calderas créées par l'affaissement de blocs mal soutenus. Le lac Korangamite, le seul qui ait de grandes dimensions, mesure 233 kilomètres carrés. Cette plaine nue et sans arbres tend, grâce au basalte décomposé, à devenir une immense laiterie. Koroit. Camperdown et Colac envoient par le chemin de fer leurs produits à Melbourne ou bien les dirigent vers les ports de Xelson, à l'embouchure de la Glenelg, de Portland, de Belfast, et de Warrnambool, sur la Hopkins.

La moitié orientale de la Grande Vallée est un ancien golfe tertiaire arrosé par la rivière La Trobe et son affluent la Thompson. Jadis forêt, la plaine du Gippsland oriental voit les fermes se multiplier, les vergers, les vignes et les houblonnières s'étendre et les troupeaux de vaches laitières paître parmi les troncs mal arrachés. Autrefois on a exploité l'or à Walhalla. Les villes modernes, Warragul, Sale, Stratford, sont des marchés agricoles. De l'ancien estuaire il ne reste, derrière le cordon de dunes de 145 kilomètres de Xinety Mile Beach, que quelques lagunes : lacs Wellington et King, qui reçoivent la La Trobe et la Mitchell. Sur cette rivière, Bairnsdale est le principal port du Gippsland oriental.

Au milieu de la Grande Vallée se creuse Port Phillip, auquel, de King Bay,

l'australasie.

on accède en passant entre les pointes Nepean et Lonsdale et en suivant, à distance, les falaises de Queenscliff (fig. 29). Bassin circulaire et régulier, envahi par les hauts-fonds qui obligent les navires à un grand détour, bordé de côtes plates et sablonneuses, Port Phillip est loin d'avoir la beauté de Port Jackson. A gauche se dérobe Geelong, actif marché lainier (42 300 hab.). Au fond du golfe, sur la baie plus resserrée de Hobson, Brighton et St. Kilda sont des villes balnéaires, et Sandridge (Port Melbourne) et Williamstown servent de ports à la capitale et se placent immédiatement après Sydney (7 324 530 t.).

Melbourne, située par 37° 50' latitude Sud, tient, avec ses 975 160 habitants, le second rang dans le Commonwealth. Plate, régulière, géométrique et monotone, elle est la plus américaine des villes australiennes. A 5 kilomètres de la mer, la « Cité » dessine, sur la rive droite de la petite rivière Yarra, un rectangle coupé de rues perpendiculaires, comme Collins Street (pl. XX, B). La Cité renferme les banques, les magasins, deux belles églises gothiques, la cathédrale anglicane et l'église presbytérienne, le Post Office, la Bibliothèque publique et l'Hôtel de ville (Townhalt), dont la grande salle, qui peut contenir 4 000 personnes, a vu bien des meetings historiques. En dehors de la Cité, mais faisant partie de la ville, East Melbourne et, de l'autre côté de la rivière, South Yarra sont des quartiers élégants où la verdure des jardins privés se mêle à celle de beaux parcs, parmi lesquels les jardins Fitzroy jouissent d'une grande célébrité. Tous les styles — ce qui est une caractéristique de l'Australie, pays de « copies » — y voisinent en une inharmonieuse fraternité, depuis les hautes ogives de la cathédrale catholique jusqu'à la façade corinthienne, surmontée d'un dôme Renaissance, du Parlement fédéral et jusqu'au Palais du gouvernement, tout de style Palladio. Autour de la ville, seize faubourgs, portant souvent le nom des villages de la banlieue de Londres, souvenirs chers à tout Anglais colonial, s'égrènent à travers la campagne et constituent la Greater Melbourne. Carlton est le siège de l'Université ; South Melbourne est toute en usines et en maisons ouvrières, et Flemington renferme le champ de courses où, le premier mardi de novembre, est courue la célèbre « Coupe ». C'est le principal jour de fête de l'année australienne, l'occasion de fantastiques paris auxquels prennent part, par le télégraphe, même les mineurs perdus dans les Champs d'or du désert, la grande solennité mondaine où les élégantes lancent les toilettes et les modes de la saison.

Les Highlands se dressent entre la Grande Vallée et la plaine du Murray, constituant ainsi comme l'épine dorsale de la colonie. Une longue érosion, l'action glaciaire et le ravinement torrentiel ont remanié le relief paléozoïque. L'ensemble apparaît comme un plateau, une Tableland, aux alignements variables et incertains.

Les Highlands commencent à l'Ouest, à la rivière Glenelg, par les monts de Dundas, continués par les trois chaînes méridiennes des Grampians, où le mont William culmine à 1 371 mètres.

Une dépression, marquée par deux rivières qui coulent en sens inverse, la Hopkins vers le Sud et la Wimmera vers le Nord, et suivie par le chemin de fer de Melbourne à Adélaïde, sépare les Grampians des Pyrénées, flanquées par des plateaux d'une altitude moyenne de 300 à 500 mètres, que recouvrent, en partie des basaltes et que surmontent quelques cônes volcaniques. Au Sud, à côte d'Ararat, Ballarat (41 910 hab.) a été la ville féerique de l'or. Au Nord, St. Ar-

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naud, Maryborough, Dunolly, Moliagul, Wedderburn et Maldon sont des centres aurifères ; Castlemaine, au pied du mont Alexandre, et Bendigo, un moment appelée Sandhurst (33 910 habitants), rappellent les « temps héroïques » des

l»4°58'32"E.Gr

IW-°58'32"

Fig. 29. — Port Phillip et Melbourne. — Échelle, 1 : 1 500 000.

Dans le carton, le plan de Melbourne, où les principaux monuments sont désignés par les chiffres suivants : 1, St. Patrick's ; 2, St. Paul's ; 3, Hôtel de ville ; 4, Palais du gouvernement ; 5, Parlement ; 6, Poste centrale ; 7, Université ; 8, Jardin botanique. — Échelle, 1 : 300 000.

placers, remplacés aujourd'hui par des puits qui, par suite de l'ondulation des filons en forme de selles (saddle reefs), descendent jusqu'à un kilomètre et demi.

Par delà une deuxième coupure, suivie par la Goulburn, affluent du Murray, et la Yarra Yarra, le mont Howitt se dresse à 1 741 mètres. Sur la haute Yarra Yarra, Lillydale, entourée de vergers et de vignobles, alimente le marché de Melbourne. La ligne de Sydney traverse la région ; Euroa, Benalla et Wangaratta en sont les principales stations.

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Toute la partie orientale de l'État est constituée par la haute pénéplaine de Benambra, découpée en chaînes Nord-Sud, entre lesquelles coulent, vers le Nord, l'Ovens, la Kiewa, la Mitta Mitta, le haut Murray et, vers le Sud, la Snowy, venue des Alpes néo-galloises. En ce pays âpre et sauvage, l'hiver est rude ; pendant plusieurs mois la neige recouvre le sol, coiffant les fougères arborescentes de chapeaux de dentelle blanche ; les routes où, durant la belle saison, roulent les cars chargés de touristes, ne sont plus praticables qu'aux traîneaux et aux piétons munis de skis. En bas des hauts sommets découverts, la forêt ondule à perte de vue en vagues bleuâtres. Dans la vallée de l'Ovens, Bright est un centre de tourisme, et Beechworth évoque le souvenir du fameux Champ d'or d'El Dorado Creek. Là commencent les grandes montagnes. Une première chaîne porte les monts Hotham et Feathertop, qui atteignent respectivement 1 858 et 1 920 mètres. Une seconde chaîne, séparée de la précédente par la profonde coupure de la Kiewa, est dominée par le mont Bogong, le plus haut sommet, avec ses 1 982 mètres, de l'État de Victoria.

Au Nord-Ouest, les Highlands plongent sur les North Western Plains, fragment de la grande plaine intérieure de l'Australie.

Leur moitié orientale, qu'on appelle « les Plaines », et qui est arrosée par la Goulburn, la Campaspe et la Loddon, n'est que le prolongement, sur la rive gauche du Murray, de la riche Biverina néo-galloise. De nombreux troupeaux de moutons y vivent. Une grande activité règne à Echuca, principal port du Murray, situé au confluent de la Campaspe, au moment où les laines, chargées sur des trains de chalands remorqués, sont expédiées sur Adelaide. C'est là que le chemin de fer de Melbourne à Deniliquin franchit le fleuve, entre Echuca et la ville néo-galloise de Moama.

L'irrigation est en train de transformer le pays, voué de plus en plus à la vigne, à la culture fruitière et à la laiterie (fig. 30), La digue de Torrumbarry. en aval d'Echuca, permet d'arroser 1 488 kilomètres carrés, qu'enrichissent 2 574 kilomètres de canaux. Swan Hill, au confluent de la Loddon, est aussi un centre d'irrigation. Mais l'œuvre la plus remarquable a été la création du h Système de la Goulburn ». Il doit son existence au barrage de Nagambie, haut de 14 mètres, et au lac-réservoir de Waranga, étalé sur 37 kilomètres carrés. Entre la Goulburn et la Loddon, 3 218 kilomètres de canaux, dont l'un, long de 158 kilomètres, franchit la Campaspe par un siphon, arrosent 3 607 kilomètres carrés, divisés en dix districts d'irrigation. La construction commencée du barrage de Sugarloaf, où un mur de 58 mètres de hauteur retiendra les eaux d'un lac de 65 kilomètres carrés, et l'érection projetée d'une digue sur la Loddon permettront sous peu de mettre en valeur la rive gauche de la rivière.

A l'Ouest de la Loddon, la Mallee country, commencement des steppes intérieures, étale sur plus de 40000 kilomètres carrés sa surface horizontale. C'est un spectacle impressionnant que celui de ces plaines immenses, sans arbres, découpées en damiers par les barrières des parcs à moutons, toutes grises sous le ciel pâli par un voile de fine poussière. Du côté du Nord, rien ne limite l'horizon, vers lequel les pistes courent tout droit : elles semblent conduire en plein ciel. Toutefois, la plus grande partie du pays est dévolue aux fourrés de mallee scrub, audessus desquels se dressent, de-ci de-là, des brigalows, petits arbres arrondis, d'un vert sombre et luisant, dont les feuilles, blanches par-dessous, s'agitent au moindre vent et font passer sur la campagne comme un tremblement d'argent.

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Sur le sol sablonneux qui boit avidement l'eau, les rivières, descendues en bondissant des Highlands, se calment, s'étalent et s'évaporent. Une branche de l'Avoca, la Tyrrell, finit dans le lac du même nom, le plus vaste des North Western Plains (172 km2). Il n'est au reste, comme les autres, qu'une simple cuvette d'évaporation sans profondeur, avec des eaux salées et des rives incertaines piquées des touffes bleuâtres du saltbush. L'Avon ne dépasse pas le lac Boloke. Quant à la Wimmera, elle réussit à franchir successivement les lacs Hindmarsh et Albacutya, mais elle disparaît ensuite dans de vagues lagunes

Fig. 30. — Districts d'irrigation de la Goulburn. — Échelle, 1 : 1 250 000.

1, Canaux principaux ; 2, Canaux secondaires. ■ — ■ 3, Frontière de la Nouvelle-Galles du Sud et de Victoria.

dont l'alignement se continue jusqu'au Murray. L'eau de la Wimmera fait la valeur du centre agricole de Horsham, comme celle du Murray enrichit Mildura, grande productrice de raisins secs. Le district de Wimmera-mallee, qui se consacre surtout à l'élevage, est alimenté par quatre lacs-réservoirs situés au pied de la Grampian Range ; avec ses 28 000 kilomètres carrés, il représente un huitième de l'État. Six voies ferrées s'avancent à la conquête de la Mallec country. L'avenir des North Western Plains semble assuré, mais il est encore lointain.

La population et le développement économique. — Victoria, bien arrosée, douée d'un climat, qui convient aux cultures européennes, riche en mines d'ailleurs, est l'État proportionnellement le plus peuplé du Commonwealth. Ses 1 749 439 habitants lui valent une densité kilométrique de 7,C>8. Ce n'est même pas autant que la Norvège, mais c'est beaucoup pour l'Australie, dont la densité moyenne n'est que de 0,81.

L'accroissement a été considérable lors du rush minier et aussi au moment de la grande crise de spéculation qui ;i précédé 1893. Mais l'émigration l'a emporté sur l'immigration entre 1871 et 1880 et surtout, de 1891 à 1905, par l'efîel

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d'une terrible crise financière et aussi en raison de l'attraction exercée par les Champs d'or de la Westralie. Depuis, le mouvement ascensionnel a repris.

Si l'on met à part 5 547 Asiatiques, la population est peu mélangée. Les indigènes, pur sang et métis, ne sont que 514.

La population urbaine est considérable (62,29 p. 100). Melbourne compte 55,98 p. 100 de la population totale de l'État, proportion qui n'est dépassée que par Adelaide.

Dans l'ensemble, Victoria occupe, au point de vue économique, le second rang dans le Commonwealth, après la Nouvelle-Galles.

Les terres inoccupées sont les plus réduites de l'Australie. Nulle part il n'y a une plus grande proportion de terres aliénées. La petite propriété est relativement très développée.

C'est l'or, découvert en 1851 à Ballarat, au mont Alexandre (Castlemaine) et à Bendigo, qui a fait la réputation et la fortune de Victoria. De 1851 à 1927, l'État a produit 303 240 584 livres sterling, plus de 37 milliards et demi de francs, mais aujourd'hui Victoria passe après l'Australie de l'Ouest. Les autres métaux sont rares ; la production n'est pas variée comme en Tasmanie. La prépondérance exclusive de l'or, qui peut s'épuiser rapidement, et le manque relatif de charbon sont des perspectives fâcheuses pour le développement du pays.

L'industrie manufacturière est assez développée et passe après celle de la Nouvelle-Galles.

L'élevage et l'agriculture ont plus d'importance pour l'avenir. Sur les grands domaines morcelés, le gouvernement s'efforce d'établir de petits colons (farmers), surtout de petits fermiers-laitiers (dairy farmers). Il pratique d'ailleurs une active politique d'irrigation. Victoria est au troisième rang en Australie pour les moutons et le gros bétail, au deuxième pour les vaches laitières.

Malgré sa petitesse, l'État victorien a presque autant de terres cultivées que la Nouvelle-Galles. L'agriculture profite des avantages du climat tempéré. Si la canne à sucre manque, et si le maïs a peu d'importance, par contre le blé, le foin, les fourrages, l'avoine sont abondants. Le blé occupe la plus grande surface, et Victoria ne le cède qu'à la Nouvelle-Galles ; elle l'emporte pour l'avoine, le foin, les vergers. C'est vraiment, comme la Tasmanie, le jardin (the garden State) et le jardin maraîcher (the cabbage garden) de la Fédération. Pour la vigne, Victoria passe après Sud-Australie.

Le réseau ferré est le plus serré du Commonwealth. Les lignes divergent de Melbourne, ville tentaculaire s'il en fut, le seul centre du pays.

L'État de Victoria, né de fabuleuses découvertes minières, a pris brusquement un essor prodigieux : en peu de mois, le district de Port Phillip, qui vivotait modestement de quelques expéditions de laine, devint le territoire le plus riche du continent. Mais la gloire et la fortune, quand elles viennent trop vite, se paient : la nature, un instant forcée, réagit. Ce fut une richesse un peu factice que celle de Victoria, en proie à toutes les agitations et à toutes les incertitudes d'une spéculation effrénée. La population, elle aussi, était anormale. Des aventuriers tenaient le haut du pavé. Ce sont ces gens, sortis des milieux les plus modestes, ardents, audacieux, entreprenants, dépourvus de tous préjugés et irrespectueux de toute tradition, envieux aussi de la richesse acquise, qui ont lancé le pays dans la voie des expériences démocratiques et sociales. Melbourne a été l'animatrice de la politique australienne.

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