Port de Londres (1926) : 24 577 346 tonnes
LES ÉTATS AUSTRALIENS
Dans le bush sablonneux s'égrènent les faubourgs : Woollahra et Waverley remplis de villas, Pyrmont et Glèbe, quartiers industriels, Balmain avec ses houillères, Randwick dont les courses sont très suivies, Rockwood où est l'énorme nécropole de la cité, Homebush, marché au bétail, Flemington, marché aux moutons. La ville s'étend même, par North Sydney et Mosman, de l'autre côté de Port Jackson, que sillonnent sans relâche les ferry boats. La gracieuse Manly, sur un isthme étroit donnant accès à la fois sur le havre et sur le Pacifique, est très fréquentée le dimanche. Enfin, à 22 kilomètres, Parramatta (16 760 hab.), le célèbre dépôt des convicts, se cache au milieu des vergers d'orangers.
Un peu au Nord de Sydney s'ouvre Broken Bay, immense panorama d'eaux et de verdures, estuaire grandiose de la Hawkesbury, que contribuent à former la Colo, la Nepean et la Wollondilly et qui n'est qu'une succession de bassins lacustres et de défilés resserrés entre des falaises boisées. Le long de ce « Rhin australien », des steamers promènent les touristes à Windsor, à Richmond et à Penrith.
La Hunter (322 kilomètres), descendue de la Liverpool Range par une vallée longitudinale, où Aberdeen possède des usines frigorifiques, épouse ensuite la direction transversale de la Goulburn et court à la mer à travers une large plaine au milieu de blanches fermes tapissées de chèvrefeuilles, de jardins maraîchers, de vergers, de vignobles et de champs de blé et de fourrages verts qui ondulent à perte de vue. Toutes les villes, Singleton, Greta, West et East Maitland, Cesnock (13 340 hab.), Stockton, ont des houillères et des usines métallurgiques. C'est le district charbonnier du Nord, le plus riche du continent, qui fournit plus de la moitié de la production australienne. La porte de sortie de la région, Newcastle, fondée peu après Sydney en 1797, étage au flanc d'une colline ses maisons de pierre rose et de briques au-dessus de l'estuaire de la Hunter, encombré de steamers et de voiliers qui, sous le ciel noirci par la fumée des fabriques de Hamilton et de North Waratah, chargent le charbon, les madriers, les fruits et les grains. C'est à la houille qu'elle doit sa prospérité comme son nom. Avec ses 102 550 habitants, elle est la seconde ville de l'État, et son port (4 815 525 t.) est le quatrième d'Australie (fig. 39, p. 170).
Au delà de Newcastle, en contre-bas des montagnes, qui sont le plus beau domaine forestier de la Nouvelle-Galles, de belles rades, Port Stephens, Port Macquarie et Trial Bay, indentent la côte. Parmi les rivières, la Manning, la Hastings, la Mac Leay et la Tweed, qui finit à la pointe du Danger, frontière du Queensland, vont directement à la mer, tandis que la Clarence (386 kilomètres) et la Richmond suivent d'abord des vallées longitudinales ; au sortir de gorges profondes encombrées de rapides, elles s'étalent dans la plaine où prospèrent le maïs et la canne à sucre. Les villes sont de petits centres agricoles et pastoraux. Grafton et Ramornie, sur la Clarence, préparent des viandes pour l'exportation, Casino sur la Richmond, Lismore et, sur la Tweed, Murwillumbah ont d'importantes cultures de cannes (pl. XXIV, A et B).
Les Highlands. — Les Highlands occupent toute la longueur de la Nouvelle-Galles sur une largeur de 50 à 150 kilomètres.
Elles commencent au Sud par les trois chaînes grossièrement parallèles des monts Wanderer et Gourock, des monts Monaro et des monts Muniong, appelés aussi Snowy Mountains et Alpes australiennes. Les traces d'une action glaciaire
l'australasie.
ancienne y abondent. Le pic Townsend (2 211 m.), point culminant de toute l'Australie, dans le massif du mont Kosciusko, conserve quelques champs de neige permanents, où l'on fait de l'alpinisme (pl. XI, A). La Snowy, qui en descend, roule ses eaux tumultueuses et glacées à travers un pays sauvage. Pendant plusieurs mois, la neige recouvre le sol, et Kiandra pratique les sports d'hiver. Dalgety et Bombala, proposées l'une et l'autre comme capitale fédérale, ont été écartées à cause de la rigueur de l'hiver. Le Murray, sous le nom d'Indi, vient de Victoria et coule, de gorge en gorge, sur le versant occidental des Alpes ; il sort des montagnes à Albury, dernière station néo-galloise de la ligne de Sydney à Melbourne et, dans les bonnes années, tête de la navigation du fleuve. La Murrumbidgee coule d'abord au Sud dans les plaines de Monaro jusque près de Cooma, unie à Sydney par voie ferrée, centre de sports d'hiver et, en été, de tourisme. Tournant ensuite au Nord, la rivière et ses deux petits affluents, la Cotter et la Molonglo, arrosent le Territoire fédéral ; puis, inclinant à l'Ouest, elle reçoit la Yass, qui arrose la ville de Yass, à proximité du lac George (154 km2), et la Tumut qui passe à Tumut ; enfin, après Gundagai, elle entre en plaine à Wagga Wagga.
Le Territoire fédéral occupe une surface de 2 434 kilomètres carrés, mais il n'avait, au 30 juin 1928, que 8 011 habitants, ce qui ne lui donne qu'une densité kilométrique de 3,29 (fig. 33). C'est une plaine ondulée de 600 à 700 mètres d'altitude, au climat assez doux et très sain. On y a commencé la construction de la capitale, qui doit, avec ses rues, tantôt perpendiculaires, tantôt tournant autour de plusieurs centres, et avec ses quartiers spécialisés, administration, commerce, industrie, sports, etc., présenter un aspect tout à fait original. La Molonglo sera transformée en une suite de bassins, et tout autour s'étendront des parcs spacieux. Déjà le palais du Parlement, où les sessions ont été inaugurées le 9 mai 1927. des hôtels et un certain nombre de maisons sont achevés. L'ensemble paraît toutefois désert, « la rue précède la maison1 », les monuments ont l'air d'usines, les larges avenues de l'avenir paraissent des pistes, et les jeunes arbres ne sont encore que le frêle espoir des ombrages futurs (pl. XXIII, A et B). La ville n'est encore reliée qu'à Queanbeyan (8 km.), sur le chemin de fer de Sydney à Bombala, ce qui la met à 328 kilomètres de Sydney et à 690 de Melbourne. Elle sera bientôt reliée à Yass (69 km.), station de la ligne Sydney-Melbourne, ainsi qu'à la baie de Jervis (160 km.).
Les Highlands centrales descendent sur les plaines intérieures par de longs contreforts, que domine le mont Canoblas (1 404 m.). La ligne de Melbourne franchit la chaîne près de la ville industrielle de Goulburn (12 140 hab.). Sur le versant occidental, la Lachlan arrose les centres agricoles de Cowra et de Forbes. près de Parkes, avant d'atteindre la plaine à Condobolin. La Maequarie est la grande route de Sydney à la Darling; la ligne deBourke, après avoir passé à Lithgtyw (16 840 hab.), principale ville du district charbonnier de l'Ouest et centre métallurgique important, la descend par Bathurst, Wellington et Dubbo. Toute la contrée est aurifère : c'est à Ophir que Hargraves en 1851 découvrit l'or, exploité à Lucknow, près d'Orange. La partie orientale des Highlands porte le nom de Montagnes Bleues. C'est un plateau d'un millier de mètres, très régulier, une véritable table. Le terrain carbonifère forme au flanc des vallées, comme celles de la Capertee et de la Grose, des pentes douces et des éboulis boisés que dominent parfois de 200 mètres de hauteur les falaises roses du grès de Hawkesbury. L'air salubre