A. PRINCIPALE RUE DE PORT HEDLAXD
Type des petites villes en bois et en zinc du Nord-Ouest tropical de la Westralie (environ 20" latitude Sud). C'est le désert : la rue n'est qu'une coulée de sable envahie par la brousse. La vie est dure sous le ciel implacable, dans la lumière aveuglante et la poussière.
G. U., t. X, Pl. XXVIII.
LES ÉTATS AUSTRALIENS
Le Sud-Ouest. — La région du Sud-Ouest, la plus anciennement colonisée et la plus peuplée, se compose d'un plateau ancien, de 300 à 600 mètres de hauteur, descendant par le talus de la Darling Range sur une plaine côtière récente. En arrière de la chaîne, garnie de magnifiques forêts de jarrahs et de karris, l'Avon, branche supérieure de la Swan River, creuse une sorte de sillon que parcourt, par Beverley, York et Northam, le chemin de fer d'Albany à Perth.
Au Sud, le plateau tombe directement sur la mer, dans laquelle il projette les pointes d'Entrecasteaux et de Nuyts. La Stirling Range domine à 1 109 mètres d'altitude King George's Sound, long de 24 kilomètres et qui rappelle en plus grand, par ses deux bassins, la rade de Toulon ; au bord du bassin intérieur, le havre de la Princesse Charlotte, Albany étage ses maisons au flanc d'une colline.
A l'Ouest, la Darling Range s'allonge, à une trentaine de kilomètres de la côte, sur environ 600 kilomètres, de la pointe d'Entrecasteaux à la Murchison, sans dépasser 518 mètres. La Blackwood, la Collie, la Murray, la Swan, l'Irwin et la Greenough la traversent. Les vallées de la Greenough et de la Collie produisent du charbon, Greenbushes de l'étain, et Donnybrook de l'or.
La plaine côtière est formée de sédiments tertiaires, sauf entre les baies de Flinders et du Géographe, où, du cap Leeuwin au cap Naturaliste, se dressent des falaises de granité, et aussi près de Bunbury, où l'on voit des chaussées et des colonnades basaltiques. Partout ailleurs le littoral est rectiligne, bas et sablonneux, et la mer s'y insinue par des couloirs longitudinaux, les inlets. Busselton, Bunbury et Rockingham, qui font l'exportation des bois, sont des petites villes aux larges rues embaumées d'une odeur de menthe par les agonis (Agonis flexuosa), dont les fleurs blanches semblent un manteau de neige (pl. XXVIII, B).
Les passagers qui, depuis l'Inde, pendant dix jours, n'ont vu que le ciel et la mer, guettent avec émotion le phare de l'île Rottnest, étoile messagère de l'Australie. Là s'ouvre l'estuaire de la Swan River, la « rivière des Cygnes », où de Vlaming, en 1696, trouva le fameux cygne noir à bec rouge, qui figure aujourd'hui dans les armes de la Westralie. Fremantle est le principal port de la colonie (3 283 432 t.) et le point de départ du câble de l'île Maurice et de Durban.
A 19 kilomètres en amont, par 31°57' latitude Sud, la rivière forme une sorte de lac. Au Nord, sur la pente d'un coteau, s'étagent les terrasses, les jardins et les maisons de Perth (191 791 hab.), jolie ville, propre, élégante, fleurie et parfumée. Au centre sont les rues commerçantes, comme Hay Street, et les monuments publics et, tout autour, de beaux jardins, comme le Jardin public, qui domine la rivière et le confluent de l'Helena, dont le cours supérieur a été barré pour alimenter en eau les Champs d'or. Il y a beaucoup de fleurs à Perth. Le long des larges avenues disposées en damier, les banksias (Banksia verticillata) dressent leurs cônes rouges, et les buissons de Noël (Nuytsia floribunda) se recouvrent à la fin de l'année de véritables cataractes de grappes orangées (pl. XXVIII, C).
Les chemins de fer rayonnent autour de Perth : vers Bunbury et Busselton, vers Albany, vers Dongara à l'embouchure de l'Irwin, Geraldton, sur Champion Bay, et Northampton qui exploite le plomb et le cuivre, enfin vers les Champs d'or de l'Est, où commence le Transcontinental. Les régions aurifères de l'Ouest sont desservies par une voie ferrée partant de Geraldton. Au large, par delà le canal du Geelvink, cinq groupes d'îlots et de récifs coralliens constituent les Abrolhos ou récifs de Iloutman.
l'australasie.
L'Ouest. — La région de l'Ouest, entre 22° et 28° latitude Sud, est accidentée par quelques petites chaînes de montagnes, comme les Nicholson etBarlee Ranges; les monts Labouchere et Augustus atteignent respectivement 1 040 et 1 090 mètres. Le climat y est très sec : la Murchison, la Wooramel, la Gascoyne et l'Ashburton ne coulent qu'en temps de crue.
L'île Dirk Hartog sépare de l'Océan la baie du Requin (Shark's Bay), à laquelle on accède par le canal du Géographe et que la péninsule de Péron divise en deux havres, celui de Hamelin et celui de Freycinet. On y exploite une huître nacrière assez médiocre, la Meleagrina radiata.
Dans ce pays à peu près désert, on élève un certain nombre de moutons, dont la laine est exportée par les ports de Gladstone et de Carnarvon, qui servent aussi de débouchés aux Champs d'or de Peak Hill et de Gascoyne.
Au cap Nord-Ouest, qui protège la baie d'Exmouth, la côte tourne au Nord- Est. Non loin s'étale l'immense lagune du Grand Lac Salé (2 330 km2).
Le Nord-Ouest. — La région tropicale du Nord-Ouest s'étend de 18° à 22° latitude Sud. Affreusement désertique, on l'a surnommée « la dernière partie du monde, que le Seigneur a oublié de terminer ». Les résidents, rudes aventuriers et parfois gens du monde déchus, ne communiquent avec l'univers civilisé que par de lents caboteurs qui font l'omnibus le long de la côte1. Aux ports, on débarque à un appontement en piliers de jarrah, au bout duquel, sous l'implacable ciel d*un éclat métallique, dans les dunes dont les terribles ouragans du Nord-Ouest, les willy-willies, soulèvent le sable en tourbillons, apparaissent quelques baraques de tôle ondulée, villages de fer-blanc, sans jardins, sans la moindre verdure.
A la suite de l'exploration de Frank T. Gregory en 1861, de hardis pionniers, dont le plus célèbre est Walter Padbury, y conduisirent du bétail, d'abord par mer, puis par terre, quand Hooley eut réussi, en 1866, à faire faire à pied à un troupeau de moutons les 1 127 kilomètres qui séparent Geraldton de l'Ashburton. Les premiers colons eurent à triompher d'effroyables difficultés. Ce fut là, quelque temps, le « pays héroïque », et l'opinion publique suivait avec une passion patriotique les efforts de ces hommes « qui allaient au Nord ».
De nombreuses îles forment un cordon devant la côte, récifs coralliens ou entassements de blocs de rochers où les cormorans nichent par dizaines de mille. Telles sont les îles Monte Bello, l'île Barrow et l'archipel Dampier ; on y chasse les tortues, surtout la Chelone imbricata, à l'écaillé estimée. Onslow, Cossack, port de Roebourne, et Port Hedland sont les débouchés des Champs d'or du Nord- Ouest (pl. XXVIII, A). Plus au Nord, le désert de Warburton se termine sur le littoral par la courbe sablonneuse de la Ninety Mile Beach. Ensuite, la niasse rocheuse de la Terre de Dampier se creuse des baies du Roebuck et du Beagle et se termine au cap Lévêque à l'entrée de King Sound. Sur la baie du Roebuck, Broome, où commence la végétation tropicale, par 18° latitude Sud, est le point d'attache d'un câble sous-marin qui aboutit à Banjocwangie, dans l'île de Java. Sa flottille, montée par des Javanais et des Japonais, pêche d'avril à décembre, comme celle de Cossack, une huître perlière estimée, la Meleagrina margaritifcra.
A l'intérieur, le plateau se morcelle en monts isolés, comme le mont Bruce, le plus haut sommet de l'État (1 158 m.), et en petites chaînes, telles que les Hamersley et Throssell Ranges, les Chichester Downs et les Ripon Hills. De
1. Il existe depuis peu un service côtier aérien, mais les voyages sont chers.
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maigres rivières se traînent sur le plateau : la Fortescue, la Yule, la De Grey, doublée par l'Oakover.
La division de Kimberley. — Entre 13°30' et 19° latitude Sud, la division de Kimberley s'isole du plateau intérieur, au delà de la dépression que parcourent, d'une part, la Fitzroy et, d'autre part, l'Ord, dont le cours supérieur découpe en falaises les basaltes du plateau d'Antrim. Les pluies tropicales, en ameublissant les roches, lui ont donné un sol profond et de beaux herbages où, depuis l'exploration d'Alexander Forrest en 1871, l'élevage du gros bétail s'est remarquablement développé; et depuis 1886 on exploite l'or, notamment à Hall's Creek.
Le relief, très morcelé, se compose de nombreuses chaînes, dont la principale est la King Leopold Range (853 m.). Sur la côte déchiquetée par les fortes marées de la mer de Timor, îles et écueils pullulent. La plus profonde échancrure est King Sound, où aborda en 1688, sur le Cygnet, William Dampier, fameux forban scientifique et gentilhomme de grande route maritime. La relation de son voyage fut le premier livre publié en anglais sur l'Australie ; près du point où il débarqua s'élève la ville de Derby. La baie Collier, les pseudo-fjords du Prince Régent et du Prince Frédéric-Henri, le golfe de l'Amirauté et le cap Bougainville se succèdent jusqu'au cap Londonderry, au delà duquel se creuse le double golfe de Cambridge; sur une de ses branches, à 172 kilomètres de la mer, Wyndham est le terminus de YOverland Telegraph westralien.
Le plateau Westralien. — La plus grande partie de la Westralie est occupée par un plateau de 400 à 600 mètres. Deux bandes granitiques et gneissiques, orientées Nord- Sud, sont stériles et désolées ; dans les deux autres, qui alternent avec les premières, abondent les roches éruptives, plus ou moins transformées en diorites (greenstones) et dans les fentes desquelles l'or abonde.
La monotonie de la surface n'est rompue que par quelques crêtes quartzeuses, par des tors, amas de blocs arrondis par l'action éolienne, et par des gibbosités granitiques, heureusement riches en trous d'eau (pl. XII, C). Les lacs, simples étangs salés, sont très nombreux : quatre dépassent 1 000 kilomètres carrés, et une dizaine, 500.
La forêt clairsemée de gommiers, recouverte d'une couche épaisse de poussière grise ou rouge, alterne avec le scrub de mallee et de wilga, que parent après les pluies les grappes dorées et parfumées des acacias et les larges fleurs de pourpre du mallee rouge (Eucalyptus pyriformis), et avec la steppe découverte, sans arbres, sans broussailles, sans herbe même, steppe plus désolée que les déserts de Warburton, de Gibson et de Victoria, où l'eau qui dort sous le sable des dunes entretient une maigre végétation. Les parties les plus affreuses sont celles que tapisse le scrub à herbes dures et piquantes, telles que le spinifex.
Ce pays maudit regorge de féeriques richesses (fig. 35). Sur dix-neuf Champs d'or « proclamés », territoires dotés d'une législation spéciale destinée, tant à maintenir les droits de l'État qu'à garantir ceux des compagnies minières et des mineurs individuels, dix-sept sont situés sur le plateau.
Ceux de Pilbarra, de West Pilbarra et d'Ashburton possèdent quelques montagnes, des rivières au moins temporaires et des stations de moutons ; une voie ferrée joint Marblc Bar à Port Hedland. Ceux de Yalgoo, de Murchison et d'East Murchison sont au contraire des plaines dénudées, parsemées de lacs,
GÉocnAPniE universelle. — Occanie. Régions polaires australes. 19
l'australasie.
comme les lacs Moore (1 189 km2) et Austin. Ils sont réunis à Geraldton par un chemin de fer qui passe aux principaux centres, Mount Magnet, Cue, Nannine, Meekatharra. Les mines de Mount Magnet et de Sir Samuel ont été célèbres.
Plus au Sud, les Champs d'or de Yilgarn ont dû leur renom à Southern Cross. Les Coolgardie Goldfields ont été subdivisés en cinq Champs d'or : Coolgardie, Broad Arrow, East Coolgardie avec Kalgoorlie, North Coolgardie avec Menzies, et North East Coolgardie avec Kanowna. A Kalgoorlie, le Golden Mile, le « mille d'or », a été, avec les fabuleuses mines de Boulder, le coin le plus riche du monde. Les banques, les hôtels, les églises, les théâtres, les clubs, les innombrables bars figurent une ville anglaise, mais le ciel de feu, les tourbillons de poussière et les chameaux allongés à l'ombre des édifices gothiques font un saisissant rappel du lieu géographique, cet étrange intérieur australien où la civilisation la plus moderne voisine dans l'intimité avec les plus affreuses solitudes.
Les Mount Margaret Goldfields, qui s'étendent en plein désert, sont les plus extrêmes et les plus sauvages. Mais, parmi les rocs nus et brûlants, les dunes, les fourrés de spinifex, près de vastes nappes salées, comme le lac Carey et l'immense et incertaine lagune, dite Samphire Swamp, qui atteint parfois 2 383 kilomètres carrés, Mount Malcolm, Mount Morgans, Mount Margaret, Leonora et Laverton ont abondamment extrait l'or du sol. Le Transcontinental dessert les Champs d'or de l'Est, avec un embranchement de Kalgoorlie à Menzies et à Laverton.
Au Sud, le plateau intérieur arrive jusqu'à la mer, où il s'émiette dans l'archipel de la Recherche et se creuse des baies de l'Ile Douteuse et de l'Espérance et d'Israélite Bay. C'est là que sont les Champs d'or de Phillip's River et de Dundas, dont les principaux centres sont Ravensthorpe, Dundas et, près du lac Cowan (1 036 km2), Norseman, réunie à Coolgardie par une voie ferrée, mais dont le débouché naturel est Espérance ; Hopetoun, sur Mary Ann Harbour, sert de port à Ravensthorpe.
L'industrie aurifère a eu à surmonter bien des obstacles : dissémination des centres miniers, rareté et cherté de la main-d'œuvre, coût de la vie, prix du charbon et des produits chimiques, difficulté des transports sur les Iracks défonces où il faut de quatre à six paires de chameaux pour traîner une charrette, manque de bois, surtout manque d'eau. L'eau salée des lacs Austin, Monger, Moore. Prinsep, Giles, Lefroy et Barlee (1 424 km2) a pu servir à traiter les minerais, mais elle est inutilisable pour les chaudières ; quant à l'eau douce obtenue par distillation, elle revient à des prix fantastiques.
Il a fallu se résoudre à amener l'eau du littoral. Le réservoir de Mundaring, sur la rivière Helena, près de Perth, emmagasine, sur 11 kilomètres, 21 millions de mètres cubes. L'eau est refoulée par une série de puissantes pompes jusqu'à Coolgardie et à Kalgoorlie, de la cote 103 à la cote 504, sur une hauteur verticale de 401 mètres. L'aqueduc, long de 566 kilomètres, se compose de 65 800 tuyaux d'acier, réunis par des anneaux et revêtus d'asphalte à l'intérieur et à l'extérieur. Il est en général à l'air libre, ce qui en facilite la surveillance (pl. XXIX. B).
La vie est dure sur les Champs d'or : la nature n'y vend la fortune ou môme le pain quotidien qu'au prix des plus rudes souffrances. Les « villes » ne consistent parfois qu'en un semis de baraques de planches couvertes de tôle ondulée, de huttes de toile tendue sur des cadres de charpente ou de branchages, ou même de simples tentes. L'hiver est supportable : aux journées chaudes succèdent des nuits fraîches. Mais en été il ne tombe pas de pluie, sauf quelques
LES ÉTATS AUSTRALIENS
La Grande Baie.
— La région qui borde la Grande Baie est constituée par la masse tabulaire de calcaire de Nullabor, ancien fond soulevé d'un golfe oligocène. La plaine se déroule horizontale et nue. L'eau des pluies ne ruisselle jamais ; elle s'engouffre dans des sortes d'avaloirs, les donnas, dépressions de 100
averses torrentielles qui font éclore la fièvre typhoïde ; la température est souvent supérieure à 40°, et cette chaleur est rendue plus pénible encore par la sécheresse, les nuées de mouches, l'haleine de fournaise du désert, les nuages de poussière qui causent de douloureuses ophtalmies. Dans les camps miniers, c'est encore pire : toutes les commodités de la vie font défaut. Il faut admirer ces enfants perdus, qui sont l'avantgarde du progrès : ils ont forcé la nature et peuplé un pays qui n'était pas fait pour l'homme. Depuis les conquistadores espagnols, la soif de l'or a suscité de grandes actions. La civilisation doit de belles conquêtes à l'héroïsme intéressé.
l20°E.Gr
Fig. 35. — Les Champs d'or de l'Australie occidentale.
Voies ferrées. — Les Champs d'or de Kimberley, très isolés
1, Champs d'or
au Nord- Est, sont en dehors des limites de la carte. — Échelle, 1 : 13 500 000
à 300 mètres de diamètre, et circule dans la masse du plateau. Tout rappelle les Causses. Le calcaire est fissuré, perforé, creusé de cavernes. Sous la surface monotone s'enchevêtre tout un réseau de canaux souterrains, qui communiquent avec l'extérieur par 1rs blow holes ou blowings, trous larges de 1 à 2 mètres, par où un courant d'air passe, tantôt dans un sens, tantôt dans un autre. Favorisée par une légère pente vers la mer, l'eau glisse, sous la masse perméable des calcaires, à travers les grès fins, les schistes sableux et les marnes glauconieuses du Crétacé inférieur. Quelques puits artésiens, qui ne sont d'ailleurs pas jaillissants, permettront dans une certaine mesure le développement de l'élevage.
Le plateau tombe sur la Grande Baie par des falaises de 100 à 150 mètres.
l'australasie.
Elles suivent la côte d'Israélite Bay à Twilight Cove, où des sources filtrent au pied des escarpements ; ensuite elles s'écartent de la mer, parfois d'une quarantaine de kilomètres ; la frange littorale est couverte d'un scrub épais de mallee. Les centres habités, Eyre, sur Twilight Cove, et Eucla, à la frontière Sud-australienne, sont les stations du télégraphe d'Adelaide à Perth.
Population. Développement économique. — Outre 24 642 indigènes, demi-castes compris, dont 16 485 nomades, l'Australie de l'Ouest possède 399 700 habitants, parmi lesquels 3 976 Asiatiques. La densité de 0,16 correspond à un habitant pour un peu plus de 6 kilomètres carrés. Le peuplement est dû surtout à l'immigration. La capitale absorbe 49 p. 100 de la population totale de l'État.
Tropicale pour plus d'un tiers (37 p. 100), désertique en grande partie et fort peu peuplée, l'Australie occidentale n'utilise même pas la moitié de son territoire.
Le coin Sud-Ouest, d'Albany à Geraldton, est la seule région où soit pratiquée la culture, et encore sur une surface qui n'atteint pas 0, 50 p. 100 de la superficie totale. La récolte du blé met la Westralie au quatrième rang des États producteurs ; le foin et les fourrages sont assez abondants ; un bel avenir est promis, sous ce climat méditerranéen, aux fruits et à la vigne, irrigués par des eaux artésiennes. C'est là que sont exploitées les forêts, peu étendues, mais riches en essences précieuses. Le bois est exporté en Angleterre pour le pavage, en Afrique du Sud pour le boisage des galeries de mines et aussi en Extrême-Orient, grand acheteur de santal. Le karri et le tuart servent pour la charpente, la menuiserie et le charronnage ; le jarrah, qui résiste à l'humidité et aux animaux perforeurs, est incomparable pour les travaux des ports, et il est, de plus, susceptible d'un très beau poli qui le fait employer en ébénisterie sous le nom d'acajou australien.
L'Ouest et le Nord-Ouest sont dévolus à l'élevage très extensif du mouton : il faut parfois 10 hectares pour nourrir une bête. Le bœuf s'est très bien développé dans la division de Kimberley. On conduit les animaux à pied sur 1 700 kilomètres, de Hall's Creek à Wiluna (East Murchison) et à Mount Malcolm, le long de la piste (stock routé), assez bien fournie en pâturages et en points d'eau, qu'a tracée A. W. Canning de 1906 à 1910.
L'Australie de l'Ouest tire surtout sa valeur et son originalité de son industrie minérale ; sa production totale n'est dépassée que par celle de la Nouvelle- Galles. Le cuivre, l'étain et le fer sont négligés, et le charbon, le plomb et l'argent ont peu d'importance. Le produit essentiel, on pourrait dire unique, est for ; à cet égard, la Westralie tient de beaucoup le premier rang parmi les États australiens. En 1927, elle a fourni 1 734 568 livres sterling, les quatre cinquièmes de ce qu'a extrait le continent, et, depuis 1851, 160 251 982 livres sterling, moins toutefois que Victoria, plus anciennement exploitée. L'industrie manufacturière est peu développée.
Les chemins de fer sont localisés dans la région peuplée, c'est-à-dire au Sud- Ouest. Le tracé du réseau a été influencé par les mines : les deux lignes de pénétration desservent les Champs d'or. Depuis 1917, le Transcontinental a mis fin au long isolement du pays.
L'avenir. — L'Australie occidentale, qui a marché plus vite que les autres États, mais qui n'est pas partie aussi tôt, est encore en retard. C'est l'or qui lui a donné l'impulsion première, mais elle lui doit aussi un certain manque d'équilibre
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et de singulières lacunes dans son développement. Sa richesse a en quelque sorte entretenu sa pauvreté. Les Australiens de l'Ouest l'ont compris, et ils s'efforcent aujourd'hui de se créer d'autres ressources que les mines et de mettre en valeur la surface de ce sol dont ils ont si bien jusqu'ici utilisé les profondeurs. Le Sud- Ouest sera un jour une riche région de blé et de cultures méditerranéennes. Dans l'intérieur, le désert recule, des réserves inattendues d'eau, qui dormaient sous la terre desséchée, viennent au jour, et l'on voit s'avancer pas à pas les moutons, dont la toison, elle aussi, est de l'or. Un avenir agricole et pastoral est assuré à la Westralie. En attendant, le métal précieux qui l'a fait naître lui permet de vivre. L'or n'est pas une chimère : sans lui, l'Australie occidentale serait encore la « Cendrillon » de la famille australienne.
Voir les ouvrages généraux cités dans la bibliographie du chap. I et la bibliographie du chap. VIII.
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RENSEIGNEMENTS STATISTIQUES
Superficie et population des États australiens (Estimation au 30 juin 1928)
SUPERFICIE
DENSITÉ