LA DÉCOUVERTE ET LA COLONISATION
La découverte. — A 2 000 kilomètres au Sud-Est de l'Australie, on aperçoit, au-dessus de l'horizon de la mer de Tasman, une ligne vaporeuse, dorée par le soleil ou argentée par la lune. C'est « le long nuage blanc », Ao Tea Roa des Maoris, la rangée des pics coiffés de neige de cette Terre des États, que Tasman découvrit le 13 décembre 1642 et dont il longea la côte jusqu'au 4 janvier 1643, sur près de 1 500 kilomètres, sans remarquer que le pays était formé de deux îles. Pendant cent vingt-six ans, la découverte de Tasman fut oubliée, et la Terre des États changea peu à peu de nom et devint la Nouvelle-Zélande. Nom singulièrement mal choisi, car qu'y a-t-il de commun entre la plate Zélande néerlandaise et l'archipel néo-zélandais, avec ses montagnes alpestres, ses volcans et sa population si foncièrement anglaise que Karl Ritter a pu l'appeler « l'Albion des Antipodes » ?
C'est Cook qui nous en a fait connaître les contours. Arrivé dans la baie de la Pauvreté, il consacra près de six mois, du 6 octobre 1769 au 31 mars 1770, à faire le tour de l'archipel, et il découvrit, entre l'île du Nord et l'île du Sud, le passage qu'il appela détroit de la Reine Charlotte, mais auquel l'équitable avenir devait donner le nom de détroit de Cook.
Deux noms français sont liés au souvenir des premières explorations de la Nouvelle-Zélande : ce sont ceux de Surville, qui y aborda le 12 décembre 1769, et de Marion-Dufresne, qui y fut massacré par les indigènes le 12 juin 1772.
Histoire et colonisation. — L'occupation officielle et la colonisation de l'archipel néo-zélandais n'ont pas été. comme en Australie, contemporaines. Pondant longtemps, seuls, les baleiniers, les chasseurs de phoques, les convicts évadés et les aventuriers ont fréquenté ces côtes inhospitalières. Époque confuse et romanesque, remplie de coups d'audace et d'actes de banditisme. Los Maoris appelaient pakehas ces étrangers plus ou moins naturalisés, qui, établis dans les tribus, leur vendaient des fusils contre des concessions de terres et profitaient sans scrupules de ce que «la justice, les lois, les gouverneurs n'étaient pas inventés1». Quand plus tard une administration régulière procéda à la revision des propriétés, ces m requins terrestres » prétendirent avoir acquis la moitié de l'archipel. Certains étaient fran-