LES ANTIPODES EUROPEENNES DE L'ARCHIPEL NÉO-ZÉLANDAIS
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Fig. 47. — ■ La Nouvelle-Zélande. — Dans le carton, les antipodes de l'archipel néo-zélandais. 1, Principales voies ferrées ; 2, Câbles sous-marins; 3, Direction des montagnes. — Échelle, 1 : 7 500 000 (échelle ili
carton, 1 : 45 000 000).
Géographie universelle. — Océanie. Régions polaires australes. 27
l'australasie.
Maroc septentrional, ce pays ensoleillé voit mûrir en abondance les oranges et les citrons et tous les fruits méditerranéens ; des prairies où paissent des troupeaux de vaches font des taches claires dans la sombre verdure des conifères ; près de Whangarei, on exploite de merveilleuses futaies de kauris pour leur bois et pour leur gomme fossile.
Le golfe de Hauraki, dédale d'îles et de baies, est limité à l'Orient par les anciennes chaînes de la presqu'île de Coromandel, où Coromandel, Thames et Waihi possèdent d'importantes exploitations aurifères, et que continuent en mer les îles de la Grande et de la Petite Barrière, celle-ci servant de « sanctuaire . La branche orientale du golfe, le Firth of Thames, sert de débouché à la rivière Waihou ; à l'Ouest, derrière le cône volcanique de l'île Rangitoto, se creuse le havre de Waitemata, long de 20 kilomètres, sur la rive Sud duquel est Auckland, la principale ville (206 810 hab.) et le second port (2 450 714 tonneaux) du Dominion. Bâtie sur un isthme de 12 kilomètres de large, la ville est accessible par deux mers ; la vallée de la Waikato lui ouvre l'intérieur de l'île et la route de Wellington. Du haut du cône volcanique du mont Eden, qui se dresse à 200 mètres dans un des faubourgs, on voit s'étaler dans la plaine la cité des affaires et les quartiers ouvriers avec leurs usines fumantes, et, de l'autre côté du havre, North Shore, retraite familiale de la bourgeoisie, étagée au penchant de collines couronnées de pins magnifiques et dont les blancs cottages sont ornés de camélias plantés en pleine terre. En dépit de longs rapports avec San Francisco, Auckland ne ressemble nullement à une ville américaine ; elle montre une physionomie tout anglaise, avec sa ceinture de parcs et de pelouses pour les jeux, ses petites maisons de briques et de pierre grise, sa foule active, mais non fébrile, et ses monuments de style gothique ou italien, parmi lesquels le Musée renferme une collection incomparable d'antiquités maories (pl. XXXVII. A).
Au Sud d'Auckland débouche la Waikato qui, avec ses 320 kilomètres, est la plus longue rivière de l'île du Nord. Descendue du Ruapehu, elle traverse le lac Taupo, puis elle s'ouvre un passage vers l'Ouest à travers des gorges pittoresques, où l'on exploite le charbon à Newcastle et à Huntly. En la remontant, on atteint le célèbre district des lacs chauds, la « terre des merveilles », le ^Yonderland, que fréquentent chaque année par milliers touristes et malades. Le village anglais de Rotorua, au bord du lac du même nom, assemblage d'hôtels, de magasins et d'établissements de bains, voisine avec le pah d'Ohinemutu, riche en beaux whares sculptés et, à 3 kilomètres de distance, avec la petite bourgade de \\ akarewarewa. De là, on va visiter la vallée de Tikitere; ses sources bouillantes et ses fumerolles lui ont fait donner le nom d'Inferno et de Hell's Gâte (Porte de l'Enfer).
Le pays est désert, sauvagement et splendidement triste. Parmi les cailloux et les fragments anguleux de pierre ponce ne poussent que quelques touffes êparses de manukas aux fleurettes pâles. Des jets de vapeur, qui s'échappent en sifflant des fissures du sol, obscurcissent l'air, et l'odeur âcre du soufre prend à La gorge. Partout l'eau bouillonne dans des vasques fumantes. Accroupies sur leurs bords, des femmes maories, vêtues de haillons et la pipe à la bouche, y chauffent du thé dans des pots achetés au bazar et qu'elles retiennent par des ficelles, ou bien Font bouillir dans des paniers la viande de porc et les kumaras, ou patates douées, qui leur servent de nourriture. A chaque pas on rencontre de petits volcans de boue, tantôt amoncellements de terre durcie et craquelée, tantôt bassins où la