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A. UN GEYSER. LE WAIMANGU EX ÉRUPTION

L'eau, mêlée de vapeur, jaillit à plusieurs dizaines de mètres. On voit la vasque siliceuse échancrée d'un côté. Maigre végétation de manukas.

Phot. Muir el Moodio, Punedin.

H. — WAIROA, APRÈS L'ÉRUPTION DU TARAWER A. Maisons partiellement détruites, arbres défrtiillés et décortiqués, buissons brûlis, sol bouleversé et crevassé; paysage infiniment triste.

(i. U., t. X, Pl. XXXVIII.

l'archipel néo-zélandais.

boue se gonfle par saccades, en laissant échapper des bulles de gaz crépitantes (pl. XXXVII, B). Les geysers surtout sont innombrables ; le plus souvent ils ne jaillissent qu'à 1 ou 2 mètres de hauteur, mais il y en a aussi de puissants, tel le Pohutu, qui lance sa gerbe à une cinquantaine de mètres. Tous sont intermittents : ils ne «jouent », comme on dit, qu'à de certains moments (pl. XXXVIII, A).

Les restes de nombreux appareils volcaniques parsèment toute la contrée. Le Tarawera, près du lac du même nom, est un volcan actif. Sa fameuse éruption du 10 juin 1886 consista en une série d'explosions, avec projection d'énormes quantités de cendres qui ensevelirent quelques villages maoris et le bourg européen de Wairoa (pl. XXXVIII, B). Le lac Rotomahana sauta, avec ses célèbres terrasses siliceuses, escaliers cyclopéens construits peu à peu par les eaux de la source chaude de Tetarata. C'était, paraît-il, un merveilleux spectacle, dans un cadre de sombre verdure, que celui de ces degrés gigantesques, de ces vasques d'une blancheur éblouissante ou d'un rose pâli de corail, et de l'eau fumante qui dégringolait d'étage en étage en passant successivement du blanc d'opale au bleu d'azur et au bleu sombre de la turquoise. Il n'en reste rien aujourd'hui (pl. XXXIX, A).

En remontant la W'aikato, on atteint le lac Taupo, qui étend sa nappe de 615 kilomètres carrés, un peu plus vaste que le Léman, au pied de la haute plaine de Kaingaroa. Les bateaux d'excursion le traversent de Taupo à Tokaanu, sur la rive méridionale, dominée par les grands sommets volcaniques, alignés du Nord au Sud, du Tongariro (Ngauruhoe) et du Ruapehu. On en a fait un parc national. Le Tongariro, volcan, actuellement au repos, de 1 969 mètres, laisse encore voir cinq cratères ; dans l'un d'eux, le lac Bleu luit d'un éclat sombre. Le Ngauruhoe, simple annexe du Tongariro, dresse à 2 292 mètres un cône régulier, terminé par un cratère d'où s'échappent des coulées de lave, mêlées parfois à des traînées neigeuses. Quant au Ruapehu, il forme à lui tout seul un massif haut de 2 798 mètres et donne encore, sous forme de fumerolles, quelques signes d'activité. Des bords du lac du cratère, le regard embrasse un grandiose et sauvage panorama de forêts et plonge sur la sombre mer des totaras et des hêtres.

La région volcanique se prolonge, d'une part, au Nord-Est jusqu'à la baie de l'Abondance, où, dans White Island, se dresse à 260 mètres, tel un Stromboli en raccourci, le volcan Whakari, devenu une simple solfatare, et, d'autre part, au Sud-Ouest jusqu'à l'énorme massif du Taranaki ou mont Egmont, ancien volcan insulaire que des dépôts tertiaires rattachent à la côte ; son cône domine à 2 516 mètres la petite ville de New Plymouth, capitale du district de Taranaki. Le cap Egmont, un des quatre angles de l'île du Nord, forme la pointe avancée du volcan du côté de la mer et sépare les deux baies Taranaki, celle du Nord et celle du Sud.

La bande alluviale et volcanique qui sépare le mont Egmont de la masse principale de l'île du Nord forme la plaine de Waimate, riche pays d'herbages, principal centre de l'industrie fromagère de la colonie; le port de Patea (Carlyle) lui sert de débouche \u Nord s'étend le Pays du Roi (A' ing's Country), ancienne « réserve » indigène, qui s'ouvre sur la nier par la baie de Kawhia.

Du cap Egmont à l'île-sanctuaire de Kapiti et au cap Terawiti sur le détroit de Cook, la côte, basse et couverte de dunes, dessine une large courbe, où les ports sont gènes par une barre. L'arrière-pays est une plaine ondulée d'argile

l'australasie.

calcaire, la papa, très propre à la croissance de l'herbe. La Wanganui, la Rangitikei et la Manawatu arrosent cette contrée pastorale, dont les principaux centres sont Wanganui et Palmerston.

La côte Sud-orientale de l'île du Nord, à partir du cap Palliser, est au contraire rectiligne. C'est qu'elle suit une série de chaînes anciennes disposées sur trois lignes grossièrement parallèles : d'abord les monts Kaimanawa à l'Est du lac Taupo, puis les monts Tararua et Ruahine, enfin, le long même du rivage, les monts Puketoi ; la chaîne Ruahine atteint près de 2 000 mètres, et chaque hiver la neige blanchit ses sommets. Tout au Sud se creusent deux dépressions : à l'Est, la baie Palliser et la plaine de Masterton; à l'Ouest, Port Nicholson, avec Wellington, capitale du Dominion.

Moins peuplée qu'Auckland (130 120 hab.), très active cependant, puisque son port a reçu 3 430 524 tonneaux en 1927 et qu'il exporte en quantité laines, viandes frigorifiées, beurres et fromages, Wellington est une jolie ville qui étale largement, au bord de l'eau bleue, ses rues droites, ses places spacieuses, ses parcs ombreux, où les fougères font une orgie de teintes vertes, et ses maisons semées dans des jardins fleuris. On y voit de beaux édifices : tels les hôtels, les magasins et les banques de Lambton Quay, principale artère commerçante, le Post Office, Government House, le Muséum, qui renferme une riche collection d'animaux néo-zélandais et de « curiosités » polynésiennes, et le Palais du Parlement, très majestueux avec sa colonnade grecque et son dôme central (pl. XXXIX, R). Ses rivales accusent Wellington d'être un peu endormie, mais c'est que son rang de capitale lui vaut de n'être pas exclusivement occupée d'affaires. Une société mondaine s'y est formée peu à peu, sorte d'aristocratie coloniale, fonctionnaires, officiers, riches Anglais de passage, négociants qui ont leur fortune faite et qui veulent en jouir, rentiers même, espèce rare dans l'active Australasie. Ce petit monde à part mène une vie élégante et à demi oisive dans les jolies villas à l'italienne des faubourgs parfumés de Thorndon et de Te Aro et se retrouve en été sur la plage de Miramar, balayée par les grands souffles frais du détroit de Cook. Nulle part la season n'a plus d'éclat. Tout ce qui compte dans la société se donne rendez-vous aux réceptions du gouverneur général, membre de cette noblesse anglaise si vénérée dans les démocratiques colonies, et au concours annuel de musique, qui attire de tout le Pacifique austral des amateurs aussi passionnés que pour la « Coupe » de Melbourne et les « matches » de cricket de Sydney.

L'angle Nord-Est de la Nouvelle-Zélande, depuis le cap Kidnappers jusqu'au cap Est, est entaillé par la baie Havvke et la baie de la Pauvreté (Poverty Bay), où débouchent des plaines semées d'herbes anglaises qui nourrissent des vaches laitières et d'innombrables moutons. Reurres, viandes et laines sont exportés par Gisborne, sur Poverty Ray, et par Wairoa (Clyde) et surtout Napier, sur la baie Hawke. Napier est le chef-lieu du district de Hawke's Bay.

Au Nord-Est de la Nouvelle-Zélande et sur le même alignement, entre 29°10' et 31°30' latitude Sud, l'archipel Kermadec porte le nom du capitaine Huon de Kermadec, compagnon de d'Entrecasteaux. Montagneuses et volcaniques, et donnant encore quelques faibles signes d'activité, les îles Sunday ou Raoul. Mie au-

l'archipel néo-zélandais.

lay et Curtis, au climat doux et égal, et couvertes de forêts denses et de prairies, ne dépassent pas 33 kilomètres carrés. Situées à l'écart des grandes voies maritimes, elles ne comptaient que 3 habitants en 1926.

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