‹ OceanographieChapitre 1 sur 63 · GÉNÉRALITÉS · texte numérisé non relu

GÉNÉRALITÉS

Si un observateur, dans une embarcation isolée au milieu d’un lac, par une belle journée calme, jette les yeux autour de lui, il voit | la surface de l’eau s'étendre de tous côtés en une nappe aussi unie re qu'un miroir. Le vent commence-t-il brusquement à souffler, aussitôt | apparaît une suite de phénomènes nouveaux.

| Il suffira à l’observateur d'abandonner au voisinage de l'eau quelques flocons légers d’ouate pour constater par la course irrégu- | lière, surtout dans le sens vertical, de ces flotteurs aériens, que la | masse d’air en mouvement, qui est le vent, ne progresse pas d’une seule pièce au-dessus du lac, mais que son frottement contre l’eau | détruit en quelque sorte son homogénéité physique et y produit des irrégularités de courants.

La surfacé de l’eau, tout à l'heure parfaitement lisse, se couvre de rides. Elles ne s'étendent pas régulièrement d’un bout à l’autre du lac, en lignes parallèles comme il arriverait si l’air, en masse com-

pacte, homogène, exerçait son frottement sur l'eau elle-même en masse compacte et homogène ; elles se disposent en séries, combinaisons d’un creux et d'un relief: elles sont courbes, respectivement limitées et imbriquées.

Chacune de ces rides (fig. 1) présente la forme d'un bourrelet; comme ses extrémités ont leur vitesse ralentie tant à cause du remous de vent que par suite du frottement de l’eau superficielle en mouvement contre la couche liquide immédiatement sous-jacente encore immobile et aussi de l'accélération de vitesse de la portion médiane de la vaguelette, elle prend bientôt une certaine obliquité par rapport à la direction de la brise, et offre une moindre

ne ue =, prise à celle-ci, de sorte que le bourrelet saillant y est bas et

PNA NS peu épais. Au contraire, le mi- PA NAN TNT TS lieu de la ride faisant face au vent lui laisse plus de prise et

| progresse par conséquent plus

vite. D'ailleurs, l’action du vent s'y exerce plus profondément, chasse en avant une plus grande quantité d’eau, et le bourrelet NAN ES A se dresse à une hauteur plus

grande. L’ensemble présente un aspect un peu analogue à la trace imprimée par un coup de pouce donné obliquement sur une pâte molle.

Bientôt la force du vent devient incapable de maintenir le talus liquide ; en même temps les molécules superficielles, ayant achevé de gravir la pente, chavirent par leur propre poids de part et d’autre de la crête; la hauteur du bourrelet cesse d'augmenter ; la coupe des vaguelettes devient dissymétrique ; leur surface, lisse d’un côté, est frisée du côté opposé. Un simple bouchon, lesté de manière à être complètement immergé, employé comme flotteur et abandonné sur l’eau, s'éloigne de plus en plus en accomplissant une série d’oscillations dans le sens vertical.

Le vent se continuant sans changer son intensité, les vaguelettes n'augmentent pas de hauteur puisque celle-ci dépend de cette intensité qui est restée la même: La seule modification est une régu-

Page 1