‹ OceanographieChapitre 26 sur 63 · PHÉNOMÈNES SECONDAIRES · texte numérisé non relu

PHÉNOMÈNES SECONDAIRES

En défimtive, ies éléments d’une lame, quantités très difficilement appréciables, puisqu'il est plus que rare d’observer une suite de lames exactement de mêmes éléments, sont reliés par des formules en apparence rigoureuses à la vitesse du vent, quantité qu’il est pour ainsi dire impossible d'évaluer exactement à bord d’un navire et au sujet de laquelle les divers observateurs, ainsi qu’on le voit : par le tableau précédent, énoncent pour un même degré, des différences variant du simple au double ou même au triple.

Il résulte de ces observations ainsi que de toutes celles des nombreux auteurs qui se sont occupés de ces questions que, pour les vagues, il y a le plus souvent désaccord entre les formules et la réalité, et ce désaccord est tantôt en plus, tanlôt en moins, tantôt considérable et tantôt faible. Hagen ‘ discutant trois séries d’observations dues à Walker, à Stanley et à Scoresby, trouve que la hauteur des vagues calculée d’après la vitesse, par Walker, est en moyenne de 11 p. 100 trop faible, par Stanley de 27 p. 100 trop forte, et par Scoresby de 19 p. 100 trop faible. Bertin, reprenant les : observations de Stanley, constate que les résultats qu’il obtient pour la longueur des vagues sont régulièrement de 14 p. 100 au-dessus des valeurs théoriques. Antoine, qui rassemble 202 mesures complètes de vagues prises à bord de bâtiments français, reconnaît que 29 p. 100 seulement offrent une approximation suffisante avec les valeurs calculées. La théorie de la trochoïde offre l'avantage d’apporter une base aux ingénieurs pour leurs calculs relatifs à la stabilité des navires ; mais il ne faut pas oublier qu’elle s'applique à une mer idéale et non à une mer réelle où, comme du reste dans toute la nature, un phénomène, loin de n’avoir qu'une cause unique, ainsi que le mathématicien est forcé de le supposer, afin de le soumettre au calcul, est la résultante d’une foule de causes faisant respectivement sentir leur action d’une façon variable à l'infini selon la prédominance de telle ou telle d’entre elles.

Phénomènes secondaires produits par le vent. — Les rides (Ripples, Kabbelung), sont de petites vagues, ne possédant qu'un

1 Walker, Nautical Magazine for 1846, p. 123. — Stanley et Scoresby Report Brit. Assoc. for 1850, London, 4851, p. 26. — Bertin, Mém. Soc. Cherbourg, XV, 1870, p. 333. — Antoine, Revue marilime et coloniale, 1879, LX, p. 627; LXI, p. 104. Voy. à ce sujet Krümmel, Handbuch der Oxzeanographie, II, pp. #5 et pass,

mouvement presque nul de translation horizontale, et qui résultent des interférences produites par la rencontre de vagues chassées par le vent dans deux directions opposées. Un effet analogue résulte du choc de deux courants contraires et s’observe fréquemment dans les espaces resserrés et néanmoins ouverts comine les détroits. Quand il est violent, il est comparable à une eau en ébullition, et on le retrouve à un degré encore plus fort au centre des cyclones où, malgré le calme de l’atmosphère, la mer est démontée par suite d’interférences. On appelle aussi rides la frisure d’une nappe d’eau calme balayée subitement par une risée de vent, quoique, dans ce cas, les rides possèdent un mouvement réel de translation.

Le clapotis est produit par la rencontre de lames venant de directions opposées et résultant, soit du vent (Muhr See), soit d’une réflexion due au voisinage d’une côte élevée (Wider See), opposant aux vagues un arrêt subit et un retour sur elles-mêmes. Il résulte encore de la rencontre de deux courants, de marées ou autres, comme, par exemple, au Pentland Firth entre les Orcades et l'Écosse où il porte le nom de Roost, sur les bancs de Terre-Neuve, par vent du sud, sur le banc des Aïguilles, par vent d'oues!, au cap Malée et ailleurs.

Ces termes sont presque synonymes et leur précision laisse beaucoup à désirer. Il ne peut en être autrement, puisqu'ils désignent des phénomènes extrêmement complexes, bien que se traduisant par des effets identiques.

On a remarqué que sous l’action du vent, la mer grossissait d’abord rapidement et qu'après avoir atteint une certaine limite, le vent pouvait augmenter sans que les lames devinssent plus hautes, de sorte qu'elles parvenaient à un maximum au delà duquel elles demeuraient constantes. Dans ces conditions d'égalité de hauteur, chacune d’elles protège, en effet, celle qui la précède au-dessous du vent dont la force même tend à araser violemment, en la pulvérirant, l’eau du sommet des crêtes, qui d’ailleurs présente en ce point une épaisseur moindre. On dit alors que le vent coupe les lames et la mer fume.

Au contraire, la grêle et la pluie abattent la mer. M. Osborne Reynolds ‘ a étudié systématiquement ce phénomène en laissant

1 Osborne Reynolds, on the action of rain lo calm the sea, Nature, XI, 279, 1875.

: titi

nm

Page 1