‹ OceanographieChapitre 37 sur 63 · RAS DE MARÉE · texte numérisé non relu

RAS DE MARÉE

capable de lui résister ; des navires ont été soulevés, transportés et abandonnés à une grande distance dans les terres, et, lorsque le cataclysme est terminé, la contrée est jonchée de ruines, des centaines ou des milliers d'habitants ont péri, les fonds marins sont bouleversés, Souvent aussi le niveau de la mer est changé d'une façon permanente. Après le tremblement de terre du 19 novembre 1822, Ia côte du Chili resta surélevée de 1 m à 1,20 m. D’autres fois, au contraire, le sol s’enfonce et dans les deux cas il en résulie de profondes modifications dans le relief du pays, le cours des rivières n’est plus le même, des lacs se créent ou se vident et il se fait de désastreuses inondations.

Sur mer, il est moins facile que sur terre d'apprécier avec cerlitude la corrélation des diverses phases du phénomène, la durée du mouvement séismique, son expansion, sa vitesse de propagation. Tandis qu'après un tremblement de terre en pays civilisé on possède des positions fixes pour les localités ébranlées et une multitude de témoignages se contrôlant les uns les autres, à la mer, les bâtiments sont dispersés sur de vastes espaces; si le temps est par trop mauvais le phénomène risque de passer inaperçu ou d’être insuffisamment observé; la position n’est pas rigoureusement exacte, la détermination précise de lheure est particulièrement impossible, il ne reste aucune trace des événements accomplis et néanmoins l'étude patiente et le dépouillement des journaux de bord ont permis de résumer les faits en un certain nombre de lois”.

L'intensité des tremblements de mer est soumise à des variations considérables.

Les effets mécaniques ‘sont très divers : l'impression générale ressentie est que le bâtiment a touché un écueil, les objets qui ne sont pas solidement saisis sont animés d’une sorte de frémissement et tombent; on perçoit la sensation d’un mouvement ondulatoire et de secousses qui, selon la direction dont le navire est pris, le soulèvent, le font pencher sur le flanc ou même l’arrêtent dans sa marche. Dans certains cas, l’eau jaillit en jets verticaux s’élevant à une faible hauteur et très caractéristiques, probablement dans le voisinage de l’épicentre; quelquefois le phénomène coïncide avec une

‘ On consultera avec avantage, sur ce sujet, un très consciencieux travail de M. E. Rudolph, Ueber submarine Erdbeben und Eruptionen, Beiträge zur Geophysik. Abhandungen aus dem geogr. Seminar der Universität Strassburg, vol, [, p. 133, 1887.

Page 1