LOIS DES SEICHES
multinodales ou vibrations régulières du lac d’une durée de 0,5 à 4 minutes, et d’une hauteur de 0 à 10 mm. Tous ces phénomènes ne sont en réalité que des interférences extrêmement complexes.
Dans certains cas particuliers, des vibrations ont été communiquées artificiellement au lac. On sait que le limnimètre enregistreur de Morges donnait à M. Forel le dessin des vibrations précédant et suivant le passage d’un bateau à vapeur.
Dans les seiches successives !, l'amplitude de l’ondulation a son maximum à la première onde, et elle va en décroissant graduellement dans chaque onde ultérieure, jusqu’à extinction totale. Ces ondes successives à amplitude décroissante forment une série de seiches. On a reconnu sur les enregistreurs du Léman des séries de seiches qui, sans nouvelle impulsion, ont oscillé d’un rythme régulier et isochrone, pendant quatre et même cinq jours de suite.
Les seiches sont très fréquentes; c’est à peine si on trouve dans l'année quelques heures de suite, jamais une journée entière, où le niveau du lac de Genève ne présente pas trace de ces phénomenes.
L’amplitude des seiches dépend : 4° de la station où l’on observe et de sa position sur un lac plus ou moins grand, sur le diamètre longitudinal ou transversal du lac, dans un golfe ou sur un cap. Les conditions les plus favorables sont représentées à Genève, au fond d’un golfe long, étroit et peu profond, sur le diamètre longitudinal du lac. La plus forte seiche connue, 1,83 m, y a été observée le 3 octobre 1841; depuis 1876, on n’en a pas constaté à Genève dépassant 40 cm d'amplitude, et à Morges 20 cm; 2 de l'intensité de l’impulsion génératrice de la série des seiches; 3° du rang d’ordre de l'onde dans la série des seiches.
Les seiches sont causées ? par toutes les perturbations atmosphériques, variations de pression, vents verticaux et obliques, orages, cyclones, trombes et par les secousses de tremblements de terre. Cependant ces dernières ne donnent que rarement naissance à des seiches; la cause la plus puissante est l’orage local à mouvement vertical descendant.
1 F.-A. Forel. Essai monographique sur les seiches du lac Léman, Archives des sciences physiques et naturelles de Genève, t. LIX, n° 233, 4877.
* F.-A. Forel. Les causes des seiches, Archives des sciences physiques et naturelles de Genève, nouvelle période, t. LXIII, n° 249, 1878.