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Günther ! remarque avec raison que de même qu’un doigt posé mollement sur une corde de violon vibrant sous l’archet donne lieu à des battements, la présence d’un haut-fond dans un lac ou même dans une mer, doit produire des phénomènes de seiches analogues, et compliquer à l’extrème la courbe des variations du niveau de l’eau. La question serait des plus intéressantes à étudier. On possède l'instrument, un limnimètre ou un marégraphe enregistreurs d’un système quelconque, pourvu que la sensibilité en soit suffisante. Or, comme les lois des seiches sont celles des vibrations sonores, c’està-dire celles de l’acoustique, en les vérifiant sur les eaux, et très probablement en en découvrant de nouvelles, on reviendrait aux anciennes pensées de Pythagore et l’on noterait, avec toute la vigueur de la science actuelle, harmonie des océans.

Seiches marines, phénomène de l'Euripe. — Des phénomènes de vibration fixe ont été reconnus dans la mer Méditerranée, à Malte, par Airy *, sous forme d’oscillations de trop courte période pour être attribuables à des marées, car elles n’ont en moyenne que 21 minutes (de 17,9 à 28,1 minutes), et elles se prolongent pendant plusieurs heures et même pendant des journées entières avec une hauteur d’ondulation de 30,5 cm.

Aïmé * en a aussi observé dans le port d’Alger dont la durée d'oscillation varie entre 1 et 3 minutes, le changement de niveau de l’eau atteignant 0,5 à 1 m. Il avait cru remarquer que le phénomène apparaissait après des périodes de vent du nord, mais il semble plus probable qu'il ne s’agit que d’une simple seiche dans le bassin même du port. Et pourtant, Alger, situé sur le diamètre transversal de la Méditerranée occidentale avec Marseille ou Toulon, et d'autre part, Gibraltar et Malte aux extrémités du diamètre longitudinal, paraissent être les meilleurs endroits pour l'observation des seiches dans ces parages.

Airy a observé des on d'une durée de 20 minutes à Swansea; David Milne, d'Édimbourg, en 1843, le long des côtes d'Angleterre et d'Écosse; M. Forel a noté des traces de seiches au marégraphe du môle Saint-Louis, à Cette; Lentz, au Helder, en

1 S: Günther. Lelrbuch der Geophysik und physikalischen Geographie, t, I, p. 876. 2 Airy. Phil. Transact. 1878, vol. 469, p. 136. * Aimé. Annales de chimie et de physique, 4843, V, p. 423.

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