Instruments de mesure
Un courant est caractérisé par sa direction et sa vitesse; comme il existe des courants superficiels et des courants profonds, ces caractéristiques doivent être obtenues aussi bien à la surface de la mer que dans ses profondeurs. Un grand nombre de procédés et
1 Theob. Fischer, Beit. zur phys. Geogr. der Mitlelmeerländer, p. 92-96. ? Annalen der Hydrographie, 1875, p. 461 f.
d'appareils ont été imaginés dans ce but; nous ne décrirons que les principaux,
Corps flottants. — Les objets flottants abandonnés à euxmêmes, sont entraînés par les courants, et l’étude de leur marche, la connaissaice de leur point de départ et de celui de leur arrivée, de la durée de leur voyage, permet de calculer la direction et la vitesse du courant qui les a portés. C’est ainsi que les troncs d'arbres, les fruits des tropiques trouvés sur des plages éloignées, les glaces de dérive, les plantes marines arrachées aux rochers sont autant de flotteurs naturels dont les indications sont précieuses. Dans toutes ces observations, il importe de noter en même temps la direction et la force du vent dont l’influence sur les courants est capitale.
Les épaves de navires naufragés rendent d’utiles services à ce point de vue. Le U. S. Hydrographie Office, de Washington, sur ses Pilot Charts, indique mensuellement pour l'Atlantique nord le point et la date de leur rencontre à la mer. Ces navires étant pour la plupart connus par leur nom, on les suit presque pas à pas dans leur course et l’on est en mesure de tracer, par un nombre considérable de points, leur trajectoire complète, même lorsqu'elle se recourbe sur elle-même et forme des boucles. Certains d’entre eux ont été reconnus et signalés plus de quarante-cinq fois, ayant parcouru plus de 5000 milles et étant restés plus de quinze mois flottant au gré des vents et des courants. On comprend toute l’importance de ces données. M. Hautreux * a écrit à ce sujet une note irès intéressante où il a été montré graphiquement les variations considérables que subissent, d’une année à l’autre, à des époques correspondantes, les limites et la puissance des courants en général et du Gulf Stream en particulier. Les Pilot Charts ont également pointé les localités où ont été rencontrées les bûches du grand radeau de 27000 troncs d'arbres, disloqué par une tempête le 18 décembre 1887, par 46° 16° N et 72026 W, et réalisant ainsi l'expérience de flottage la plus gigantesque.
Bouteilles. — Une bouteille renfermant un papier indiquant le
. 4 A. Hautreux. Les courants de l’Allantique nord en 1889, d’après les épaves flottantes, Bulletin de la Société de Géographie commerciale de Bordeaux, 1890.