FLOTTEUR DE MITCHELL
d’une application simple et commode, mais il est très inexact. Le bateau de loch ne demeure pas immobile, car il est sollicité dans un sens par la traction de la ligne et en outre dérive sous l’action même du courant, des vagues et du vent; la ligne de loch se tient si peu droite qu’en réalité, pour compenser la courbure et avoir une meilleure approximation, les nœuds y sont espacés non de la distance théorique, 47 pieds 6 pouces, mais seulement de 45 pieds (14,60 m); la détermination astronomique du point observé comporte une inexactitude inévitable; le compas indiquant la direction subit des perturbations magnétiques locales ou dues au navire même; l’homme de barre ne conserve pas une route absolument rectiligne, surtout par grosse mer lorsqu'il est forcé d'éviter les lames. Le procédé n’est donc qu'une totalisation d'erreurs.
Flotteur de Mitchell. -- Cet appareil, servant à mesurer la vitesse et la direction des courants superfi- Fig. 43. ciels et profonds, a été employé pour la première fois par le Prof. Henry Mitchell, de l'U.S. Coast and Geodetic Survey, et ensuite par les officiers américains, pour étudier le Gulf Stream, depuis la surface jusqu’à 300 brasses de profondeur.
Il se compose de deux récipients ou bidons, en cuivre rouge, l’un en forme de cylindre fermé d’un seul côté (fig. 43), ayant 20 cm de diamètre et 30 cm de hauteur, l’autre entrant exactement dans le premier, ce qui facilite le transport, et pouvant être considéré comme possédant les mêmes dimensions, mais surmonté d’une portion tronconique de 7 ou 8cm de haut, terminée par un goulot fermé par un bouchon et muni d’un double anneau latéral. Souvent on plante dans le bouchon un petit pavillon. destiné à laisser distinguer le flotteur de plus loin. On relie les deux bidons à des distances variables à volonté, au moyen d’un fil d'acier, ou mieux d’une série de ces fils munis à leurs extrémités d’un anneau, à l'autre d’un porte-mousqueton, et res-
pectivement longs de 2, 5, de 5 et de 10 m, de manière à ce quil soit aisé de les ajouter les uns aux autres, et sur une longueur presque quelconque.
Supposons que l’on ait à mesurer les éléments d’un courant superficiel, c’est-à-dire sa direction et sa vitesse. On profite de ce que le navire est mouillé ou vient d'exécuter un sondage, et surtout un dragage qui l’immobilise. Le Blake est parvenu à mouiller sur une ancre, par un fond de 210 brasses, avec un câble en fils d’acier à la fois très léger et très résistant. On amarre une embarcation sur la ligne de sonde, ou mieux sur le câble de la drague. On immerge le cylindre inférieur en le lestant, s’il y a lieu, avec quelques cailloux, on y attache un fil d’acier de 2, 5 m, afin d'éviter l’influence immédiate du vent dans les couches tout à fait superficielles; on fait flotter le bidon supérieur, suffisamment rempli d’eau, pour que sa portion cylindrique soit entièrement immergée; on ferme avec le bouchon, et l’on attache aux anneaux une cordelette fine divisée en mètres. On abandonne au courant. Le double système s'éloigne, on relève sa direction + au compas et on mesure le chemin qu’il a parcouru d’après la longueur de cordelette filée pendant un temps déterminé.
Pour mesurer un courant profond, on commence par relever, comme précédemment, la direction et la vitesse du courant de surface; on coule le bidon cylindrique à la profondeur voulue, on attache le bidon supérieur muni de sa cordelette; on abandonne le système à lui-même, et on me-
. N A sure le chemin qu’il a parcouru À iN au bout du temps f. On note : : Pazimut.
* Soit AB — v la trajectoire Ë orientée du courant de surface
pendant le temps 1, pour le double système destiné à mesurer le courant profond (fig. 44).
Si le flotteur supérieur avait été
seul pendant l’unité de temps, il aurait eu la vitesse v du courant superficiel, tandis que si le flotteur inférieur avait été seul pendant un temps égal, il aurait eu la vitesse inconnue du courant profond. En réalité, pendant deux unités de temps, le système a eu la
PSS