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LOCH

de 134 bouteilles immergées dans l’Atlantique nord par des bâtiments de toutes les nations, avec un tableau indiquant la date et le lieu d'immersion, le lieu de découverte, le nombre de jours du trajet, sa longueur en milles et la marche moyenne par jour. La carte montre des trajets relevés d'avril 1889 à juillet 1891, c’està-dire pendant 27 mois. Il faut se souvenir que la marche moyenne par jour d’un flotteur est toujours trop faible, parce que lorsque ce dernier s’échoue sur une côte, il se passe toujours un certain temps avant qu'il soit découvert, ce qui augmente la durée totale du voyage, telle qu’on est forcé de l’évaluer par la différence des dates d'immersion et de découverte.

Propriétés physiques. — Comme les molécules liquides d’un courant marin constituent une masse considérable, elles ne modifient que lentement leurs propriétés physiques, en général différentes de celles des eaux à travers lesquelles le courant se fraye un passage. On pourra donc suivre en quelque sorte l’individualité d’eaux en vérifiant par l'observation directe cette constance de leurs propriétés physiques. On choisira de préférence la densité et la température, à cause du maniement si facile et si prompt de l’aréomètre et du thermomètre. Ce procédé est le plus ancien de ceux qui ont servi à découvrir l’existence des courants et à les étudier systématiquement. Dès 1606, le géographe français Marc Lescarbot remarqua le premier l'élévation de la température des eaux dans les parages de Terre-Neuve; l’astronome Chappe d’Auteroche, en 1768, releva les températures de l’eau de surface pendant toute une traversée de France au Mexique, et l’on sait que Franklin en fit usage, en 1775, pour le Gulf Stream.

Loch. — A bord d’un navire à l’ancre, on observe les courants superficiels au moyen du loch. On donne ce nom à un triangle isocèle, en bois, de 20 à 25 cm de hauteur, et dont la base, au lieu d’être rectiligne, est légèrement arrondie et lestée de plomb, de manière que, immergé, il se maintienne debout dans l’eau. Les trois angles de ce triangle, ou bateau de loch, sont maintenus par trois cordelettes égales, se réunissant à une ligne unique divisée en mètres par des nœuds ou des lanières de cuir, comme une ligne de sende. On lance le bateau de loch, on le laisse filer pendant un cerain temps, afin de lui permettre de ne plus s’avancer que sous

l’action du courant et de corriger la courbure que prend forcément la ligne de sonde. On compte alors le nombre de mètres dévidés pendant un temps connu, une ou deux minutes mesurées à l’ampoulette, au compteur ou simplement avec une montre à secondes. La direction est relevée au compas.

Il est préférable d'opérer an moment de la morte eau afin d'éviter l'influence perturbatrice des marées. Ou bien on renouvelle la mesure d'heure en heure et même de demi-heure en demi-heure afin de se renseigner sur cette influence. On note toujours la direction du vent et son intensité.

Point observé et point estimé. — À bord d’un navire en cours de navigation, on détermine astronomiquement, chaque jour à midi, le point c’est-à-dire la latitude et la longitude du lieu où l’on se trouve. On joint par une ligne droite les deux points consécutifs ainsi obtenus et marqués sur la carte et l’on admet qu’elle représente la véritable route suivie par le navire. D’autre part on fait l’estime. En partant du point calculé la veille supposé exact, en tenant compte de la direction du bâtiment, du temps pendant lequel eile a été conservée et de la vitesse, on trace sur la.carte une ligne plus ou moins brisée dont l'extrémité, dite point estimé, ne coïncide pour ainsi dire jamais avec le point calculé. On admet alors que cette différence représentée par la droite joignant le point calculé au point estimé, est due au courant qui a fait dériver Le navire et dont on fixe la direction et la vitesse au moyen même de cette différence. -

Pour avoir la vitesse, on jette le loch. La ligne qui le retient, longue de 230 à 250 m, est divisée par des nœuds rouges espacés de 41 pieds 6 pouces les uns des autres; cette distance porte le nom de nœud et est la 1202 partie du mille de 1852 m. La graduation de la ligne de loch ne commence qu’à une distance du bateau égale à la longueur du navire. On suppose que le bateau demeure immobile; on laisse se dévider la ligne enroulée sur un rouleau très mobile soutenu à deux mains par un timonier; au moment où passe le premier nœud rouge, un homme retourne un sablier coulant en une demi-minute et l’on compte le nombre de nœuds et de demi-nœuds filés pendant cette demi-minute et qui correspond an nombre de milles parcourus par le navire en une heure. On a ainsi la vitesse.

Ce mode d’étude des courants, malheureusement le plus usité, est

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