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COURANTS DE MARÉES

provenant de la courbure de la surface d’égale densité dont tous les points, en conséquence du mouvement de l’eau, supportent une égale pression; enfin d’une surface limite, située de niveau, entre le fond et la surface.

IL résulte de ces faits qu’un système de courants doit prendre naissance superficiellement des rivages vers les portions centrales où il s’enfonce verticalement dans les profondeurs; il remonte ensuite du fond jusque sur les bords où le cycle se ferme. Ces courants ont lieu en direction inverse de part et d'autre de la surface limite fixée par M. Mobn à la profondeur de 300 brasses dans l’océan du Nord. La portion sous-marine est animée d’une vitesse extrême ment faible si même elle existe autrement qu’en théorie, car la marche des molécules liquides y est retardée par la déflexion causée par le mouvement de rotation terrestre, par la force centrifuge agissant en sens opposé et surtout par le frottement des molécules d’eau les unes contre les autres et contre le fond.

M. Mohn' appelle surface de courant une surface telle que son ordonnée verticale depuis la surface de niveau est égale à la somme des ordonnées relatives à la surface de vent et à la surface de densité.

L'éminent météorologiste a tracé cette surface de courant pour l'océan du Nord; comparée à la surface de niveau, elle est creuse; son point le plus bas est entre Jan Mayen et la Norvège, par lat. 68 SN etlong 1° W (Greenw.); elle s'élève alors de tous les côtés, acquiert sa hauteur maximum sur la côte ouest de Norvège et dañs le Skagerrack où elle est à 1,4 m. Au Groënland, elle atteint 1,4 m ; au Spitzhberg 1 m; à la Nlle-Zemble 1,2 m; sur la côte de Finmark 0,9 m; sur la côte d'Écosse 1,0 à 1,1 m; sur la côte nord d'Islande 0,6 m; à Jan Mayen 0,6 m, et à Beeren-Eïland 0,3 m.

Les marées donnent aussi naissance à des courants alternatifs qui dans les espaces resserrés comme les détroits créent un tourbillon dans lequel l’eau est animée d’un mouvement giratoire s’effectuant tantôt dans un sens et tantôt dans le sens opposé. Le Maelstrom aux îles Lofoten, sur la côte de Norvège, Charybde et Scylla dans le détroit de Messine, sont des exemples bien connus. Nous en parlerons plus en détail.

Mobn, Loc. cil., p. 165.

Influence des rivages sur les courants. — Lorsqu'un courant vient frapper un rivage, il est forcé de se détourner et de se partager le plus souvent en plusieurs branches suivant des lois que les mathématiciens ont cherché à établir dans les cas simples et qu'il est bien plus aisé d'étudier par voie expérimentale.

Si par exemple un courant de largeur donnée et de vitesse constante heurte perpendiculairement (fig. 54) une côte rectiligne, il se partage! en deux moitiés dont la largeur respective est la moitié de la largeur du courant primitif, de position symétrique et dont chacune suit la côte dans une direction opposée.

Fig. 55.

Deux courants qui arrivent parallèlement entre eux (fig. 55) et perpendiculairement sur une côte droite donnent naissante à un double système de deux courants divergents longeant le rivage et à un courant de réaction s’éloignant de la côte dans une direction perpendiculaire, vers la haute mer.

On trouve de même une relation entre deux courants égaux et opposés se choquant mutuellement et l’on a aussi examiné le cas d’un courant rencontrant un rivage sous un angle aigu. Les formules souvent différentes d’ailleurs pour le même phénomène chez les divers auteurs, se compliquent beaucoup, et comme pour les obtenir on a dû se placer dans des conditions idéales de simplicité et de régularité* qui n'existent jamais en réalité, il en résulte que ces formules si péniblement établies ne sont d'aucune utilité pratique.

Un procédé expérimental synthétique s'appliquant beaucoup mieux à l'étude des courants naturels consiste à reproduire artificiellement les phénomènes dans une petite auge rectangulaire en verre à laquelle Krümmel* conseille de donner 30 cm de largeur sur 60 cm de longueur et 6 cm de hauteur. On la remplit d’eau et au moyen Kirchhoff-Züppritz, Wiedemanns Annalen VI, 599, f.: Ann. d. Hydrog., 1879, 155. f,

P. Hoffmann. Mechanik der Meeresstrômungen.

Krümmel. Handbuch der Ozeanographie, I, 35%,

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