COURANTS DE COMPENSATION
d’un appareil soufflant quelconque envoyant un souffle régulier et continu, on produit un ou plusieurs courants d’air dont on modifie à volonté le nombre, la direction et l’intensité. On créera même des courants d’air divergents d’un même point en recouvrant l’extrémité de l'ajutage en verre d’un tube en caoutchouc bouché à son extrémité et percé latéralement de trous disposés convenablement. Afin de suivre de l’œil les courants du liquide, ou saupoudre l’eau de sciure de bois ou de liège râpé lorsqu'il s’agit de la surface, ou, pour les courants intérieurs, on dépose au fond de lauge, aux endroits convenables, de petits fragments de pains de couleur à Paquarelle qui se dissolvent lentement et dont on voit alors la trace dans l’eau qui entraîne la matière colorante.
On peut aussi modifier à volonté la forme des parois de l’auge et leur donner le contour d’un golfe, d’un cap ou d’un continent. Pour cela on'installe verticalement dans cette auge une ou plusieurs lames de plomb, minces, s’élevant jusqu’au-dessus de la surface de l’eau et qu’il est facile de courber avec les doigts. On envoie le jet d’air par dessus et dans une direction convenable et l’on observe la marche que suivent alors les grains de liège entrainés.
Courants de compensation. — Lorsque sous l'influence du vent les molécules liquides sont chassées de la place qu’elles occupaient et créent un courant, il faut de toute nécessité, pour rétablir l’équilibre, que de nouvelles molécules liquides arrivent remplacer les premières. Tel est le mode de formation des courants dits de compensation ou de réaction dont les directions sont extrèmement variées par rapport aux Courants directs, d'autant plus qu’elles sont encore modifiées à l’infini par la rencontre de la terre.
Il existe même, au centre des circuits fermés constitués par les courants directs et de réaction, des espaces où la vitesse est nulle comme on en connaît au S.-W. des Açores où ils forment la mer des Sargasses, dans l'Atlantique sud, dans le Pacifique nord et sud et dans l’océan Indien.
Ces courants se produisent à la surface et, pourvu qu'elle ne soit pas très considérable, dans la profondeur dont ils ramènent l’eau de bas en haut jusqu’à la surface. Le phénomène est relativement commun au-dessus des hauts-fonds. Ekman‘ en a trouvé à l'embouchure
1 Ekmans. Nova Acta Reg: Soc. Upsal, Ser. LIL, 4876.
des fleuves suédois dans la Baltique et il a suivi leurs traces par des séries de mesures aréométriques et thermométriques. Dans ce cas, le phénomène était compliqué par la différence de densité RE entre l’eau douce du fleuve et D l’eau salée. On les reproduit artificiellement dans l’auge en envoyant un courant d’air constant au-dessus d’un seuil artificiel formé par une lame de plomb (fig. 56), ou au moyen d’un courant d'air divergent (fig. 57). Hum- boldt‘' en a reconnu au-dessus de hauts-fonds dans la mer des Caraïbes, et Du Petit- Thouars pendant le voyage de la Vénus ?. IL faut, pour leur donner naissance, un courant A ——— direct suffisamment violent pour faire monter l'eau du fond par une sorte d'aspiration et, en outre, que l’épaisseur de l’eau soit assez faible.
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La fig. 58 montre la reproduction des courants de surface directs
1 Humboldt. Reise, deutsch. vom Hauff. Tascheausgabe Bd. VI, 363. ? Du Petit-Thouars. Voyage de la Vénus, t. IX, Paris, 1844, pp. 363-367.
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