GENÈSE DES DÉPOTS
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La genèse chimique des dépôts marins.
Nous avons vu qu'au point de vue théorique, les phénomènes qui s’accomplissent au sein des mers sont physiques et chimiques. Les minéraux immergés se dissolvent dans le liquide qui les baigne et en même temps leurs éléments composants se combinent à ceux de l’eau de mer ; il se crée de nouveaux composés et, dans certains cas, il se produit une précipitation de matériaux solides. L’explication de ces phénomènes multiples est d'autant plus compliquée que l’on n’est pas encore absolument fixé sur la nature des sels de l’eau de mer. Dans les phénomènes moléculaires, l’action d’un corps en proportion infiniment petite est souvent considérable comme le savent par expérience les chimistes qui, par exemple, cherchent à obtenir des cristaux d’un même corps présentant des modifications différentes. On citerait encore à ce propos le rôle des minéralisateurs en chimie géologique, connu par les beaux travaux de H. Sainte-Claire Deville. On éprouve une peine extrême à déceler certains éléments de l’eau de mer qui ont une influence peut-être très grande sur le cycle des phénomènes. Dans l’état actuel de la science il est impossible d’étudier ces éléments séparément et de chercher à connaître la part qui revient à chacun d’eux dans l’économie de l'Océan. La divergence des résultats obtenus par les divers auteurs montre combien le problème est déjà délicat s’il ne s’agit que de déterminer la solubilité d’un minéral dans l’eau distillée pure, sans air ni acide carbonique, ni gaz d'aucune espèce. Pour étudier la genèse des dépôts marins, il faut donc se contenter d'évaluer en bloc la somme des phénomènes en mesurant directement la variation de poids éprouvée par divers minéraux ou roches de nature connue plongés dans Peau de mer. On aura ainsi une notion qui, malgré sa généralité, sera directement applicable à locéanographie.
En résumé, les dépôts marins tirent leur origine des solides de l’eau de mer, qui y existent en dissolution, y sont apportés par les fleuves ou enfin résultent des actions que l’eau salée exerce sur les corps qu'elle baigne.
Les dépôts marins sont formés mécaniquement, par évaporation, par précipitation chimique et sous l'influence des êtres vivants.
Solides en dissolution dans l’eau des fleuves. — Les eaux contenues dans l’atmosphère à l’état de vapeur retombent sur la mer ou sur les continents sous forme de pluie ou de neige. Ces eaux météoriques ne contiennent guère que des gaz, par conséquent celles qui tombent sur l'Océan n’y apportent avec elles aucune matière solide. Il en est autrement de celles qui tombent sur les continents. Au contact des minéraux qui couvrent le sol, grâce à l’acide carbonique qu’elles renferment, elles opèrent une décomposition, elles dissolvent certains éléments et les entraînent avec elles en outre des fragments rocheux qu’elles arrachent aux flancs des montagnes et charrient à travers les plaines jusqu’à la mer. Nous nous occuperons ailleurs de ce dernier phénomène qui est d’ordre purement mécanique.
Il est difficile de connaître même d’une façon approchée la quantité de matières solides en dissolution dans l’eau des fleuves et versée à l'Océan ; elle est variable avec la position géographique du cours d’eau, avec la nature géologique de son bassin et aussi avec la saison. Ces recherches sont peu avancées et même pour les fleuves des contrées les plus civilisées, on ignore le débit exact annuel.et plus encore la quantité de matériaux solides transportés soit en dissolution, soit mécaniquement. |
Néanmoins, Boguslawski! a cru pouvoir évaluer d’après Reclus, Guppy et Mellard, en mètres cubes par seconde, le débit moyen de quelques fleuves.
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! Boguslawski, Handbuch der Oxeanographie, T, 131.
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