AMMONIAQUE
ques-uns des foraminifères jurassiques ont des représentants dans les mers actuelles, cela tient à ce que les uns et les autres sont construits sur un plan très élémentaire insuffisant pour laisser établir entre eux une distinction. Mais pour des types plus compliqués, il est probable qu'une étude plus approfondie fera découvrir des caractères qui permettront de séparer les espèces. Contrairement à opinion de Wyville Thomson !, qui a publié une liste d’espèces de foraminifères communs à la craie sénonienne et aux mers actuelles, on ne pourrait établir de points de comparaison certains qu'entre les foraminifères actuels et les espèces du pliocène et du miocène moyen.
Ammoniaque dans l’eau de mer; son rôle dans la nature. — Dieulafait ? a étudié la distribution de l’ammoniaque dans la mer et en a déduit d’intéressantes conséquences au point de vue de la géologie ancienne. Déjà M. Marchand, en 1855, avait signalé la présence de ce corps, et M. Boussingault l’avait dosé.
Le procédé de dosage est celui de Boussingault. Dans un volume donné d’eau, on déplace l’ammoniaque par la chaux ou mieux par la magnésie caustique calcinée au moment de s’en servir; on porte à l’ébullition, l’ammoniaque se dégage dans les premières portions volatilisées, on la recueille dans une solution acide titrée (acide chlorhydrique ou sulfurique) que l’on retitre de nouveau après l’expérience par une solution de soude titrée.
M. Schlæsing s’est également occupé de la question et il a reconnu que la quantité d’ammoniaque contenue dans l’eau de mer se rattachaït à la circulation générale de l'azote dans la nature. :
En effet 3, l’ammoniaque prend naissance dans l’atmosphère sous l'influence des phénomènes électriques. La surface des continents étant un milieu essentiellement oxydant, l’ammoniaque s’y transforme en nitrates dont une partie rentre dans le cycle de la vie des végétaux et des animaux, tandis que l’autre est emportée à la mer par l’eau des fleuves, où elle sert au développement des plantes marines. Mais M. Schlæsing a trouvé dans l’eau de mer 0,2 à
1 Les abimes de la mer, trad. Lortet, p. 405.
? Dieulafait, Sels ammoniacaux dans les mers actuelles et anciennes, Annales de Chimie et de Physique, 5e série, XIV, 1878.
8 L. Grandeau, Cours d'agriculture à l'Ecole forestière, t. I, p. 527.
0,3 mmg d’acide azotique et de 0,4 à 0,5 mmg d’ammoniaque par litre ; il existe donc dans l’Océan plus d’ammoniaque que d’azote. C’est le contraire dans les eaux terrestres ; par conséquent la décomposition des êtres organisés, source active de nitre sur les continents, devient une source d’ammoniaque dans la mer.
Les nitrates des continents une fois convertis en ammoniaque par les êtres organisés marins, cette dernière passe dans l’atmosphère où elle se répand et, marchant pour ainsi dire à la rencontre des êtres organisés terrestres privés de moyen de locomotion, elle contribue à leur nutrition, se retransforme en nitrates et ainsi de suite. A la surface d’un monde sans soleil et sans vie, l’équilibre s’établirait bientôt entre les quantités d’ammoniaque contenues dans l’eau des mers, dans l’atmosphère et dans les sols ; la vie seule détruit l'équilibre et transforme cette immobilité en un cycle fermé de mouvement.
Entre les mers et l'atmosphère, l'atmosphère et la pluie, les sols et les plantes, il se fait constamment des échanges d’ammoniaque qui obéissent aux lois physico-chimiques des échanges entre les divers milieux et les gaz en contact avec eux. Aïnsi, par exemple, le mouvement de l’ammoniaque s'effectuera toujours du milieu où la tension est la plus forte dans celui où elle est la plus faible.
Les échanges d’ammoniaque qui ont lieu spécialement entre les eaux naturelles et l'atmosphère sont réglés par Les lois suivantes :
10 Pour une même tension d’ammoniaque dans l'air, la quantité d’alcali dissoute dans une eau naturelle, jusqu'à équilibre de tension, décroît rapidement à mesure que la température augmente ;
20 Par conséquent, si deux nappes d’eau, l’une tiède et l’autre froide, contiennent une même proportion d’ammoniaque, l’a qui repose sur la première nappe est beaucoup plus riche en alcali que celui qui repose sur la seconde; il est donc présumable que l’atmosphère entre les tropiques est plus riche en ammoniaque que dans les zones Lempérées ou froides ;
30 Les résultats fournis par l’eau de mer et l’eau disüllée sont presque identiques ; cependant, pour un même litre ammoniacal, la tension est un peu plus forte dans l’eau de mer;
4° Il est démontré expérimentalement qu’une très petite quantité d’ammoniaque dans l’eau de mer y possède une tension comme dans l’eau pure, et peut par conséquent se diffuser dans Pair.
4 nn” 117 vé'd