‹ Océanographie (statique)Chapitre 136 sur 206 · Nw 1% 111 105 9.8 10.8 102 k î · texte numérisé non relu

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rature en est, au sud du 62€ parallèle, de 80,7 plus élevée que la température moyenne de janvier dans l'air et, au nord de ce parallèle, de 20,2 environ plus haute que la température moyenne de l’année.

Si l’on examine la série des courbes de températures en séries verticales recueillies par le Challenger, on remarque que toutes ont l’une de leurs extrémités presque en ligne droite. Le point d’inflexion de chacune d’elles marque la profondeur et la température à partir desquelles l’eau se refroidit avec une extrême lenteur. Si, sur une coupe isothermobathe, on marque pour chaque sondage ce point d’inflexion à l’échelle des profondeurs et que l’on joigne ensuite ces points, on obüendra une courbe de variation lente et celles-ci, par leur ensemble sur toutes les coupes faites sur tous les océans, formeront une surface de variation lente dont tous les points pourront d’ailleurs ne pas être à la même température, mais dont la considération possédera quelque importance pour l'étude de la distribution de la température dans les mers.

En effet, de même que dans l’atmosphère presque tous les phénomènes météorologiques s’accomplissent dans la portion contiguë à la surface terrestre, la plupart des phénomènes intéressant l’économie générale de la température océanique semblent avoir lieu dans

la zone située au-dessus de la surface de variation lente. L'étude de température paraît avoir donné ce qu’elle était susceptible de donner; d’ailleurs elle est incapable d'arriver à aucun résultat définitif, car elle ne s'occupe que d’une variable en quelque sorte au second degré. Si en effet la densité, fonction complexe de la température et de la salinité de l’eau de mer constitue lindividualité de celle-ci, il n’en est pas de même pour la température considérée isolément qui dépend, en outre du climat, des variations de composition subies par l'Océan par évaporation ou par un mélange d’eau douce en proportions diverses. Il importerait de posséder plus de sondages thermométriques exécutés aux mêmes points, mais à des époques différentes, afin d’en déduire des notions relatives aux oscillations de cette surface de variation lente. Il serait aisé de comparer la profondeur de cette surface avec l’écart des isothermes et des isochimènes au même point et l’on parviendrait ainsi à voir plus clair dans le problème controversé des courants; mais il faudrait surtout y joindre l’étude des densités. En échappant à l'hypothèse peu vraisemblable d’une circulation continue des pôles à l’équateur d’une nappe d’eau véritablement énorme, rampant le long du sol, gravissant et descendant les pentes, indifférente aux obstacles, remplissant et abandonnant tour à tour les moindres creux du relief sous-marin, puis se décidant ensuite à remonter verticalement, on pourrait espérer analyser l’importance du rôle des véritables causes des courants et démontrer que la circulation superficielle océanique suffit pour former un cycle complet. Peut-être même la surface de variation lente coïncide-t-elle avec la nappe à température constante au delà de laquelle ne se font plus sentir lès différences de température de l’été et de l’hiver. L’Océan serait alors partagé verticalement en deux zones superposées, l’inférieure, région de calme absolu ct au dessus de ia nappe à température constante jusqu’à la surface, une zone de mouvement au sein de laquelle s’accomplissent et ferment leur cycle tous les phénomènes de la circulation océa-

nique.

Il serait désirable de posséder des coupes isothermobathes dispo-

sées à intervalles réguliers à travers les océans, parallèlement aux méridiens ou parallèlement aux petits cereles de latitude et montrant en même temps le profil du sol sous-marin. Jusqu'à présent, les coupes nombreuses qui ont été tracées ont été disposées d’une

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manière arbitraire et il est difficile de se reconnaître au milieu de cette confusion.

Distribution de la température dans les estuaires. — La distribution de la température dans les estuaires a été étudiée par M. Hugh Robert Mill, de la Scottish Marine Station de Granton, pour l'embouchure des rivières écossaises Forth, Tay, Clyde, Spey et Derwent. Dans le Firth of Forth, par exemple, les conditions de température de l’eau varient selon les saisons. En hiver, la température est plus basse en rivière et elle s’élève graduellement à mesure qu’on s'approche de la mer, l’eau de surface étant toujours plus froide que celle située en-dessous. En été, au contraire, l’eau de la rivière possède une température beaucoup plus élevée, de sorte que l’estuaire devient de plus en plus froid en approchant de la mer; mais alors l’eau de surface est toujours plus chaude que celle du dessous. Deux fois par an, pendant une courte période, la température est constante, à quelques dixièmes de degré près, sur toute la longueur et la profondeur du Forth et lon a ainsi la transition très nette du régime d'hiver au régime d’été et réciproquement.

L’évaporalion est le phéromène par lequel un liquide exposé à l'air se transforme en vapeur et disparait.

La rapidité avec laquelle un liquide s’évapore dépend de plusieurs conditions :

1. L'état hygrométrique de l'air situé au-dessus de la couche liquide ; cet état est lui-même fonction de la température; l’'évaporation a lieu d'autant plus rapidement que Pétat hygrométrique de l'air sera plus bas et sa température plus élevée.

2. La température du liquide lui-même. On sait, en effet, que la force élastique de la vapeur augmente avec cette température.

1 Hugh Robert Mill, Physical condition of waler in esluaries, The Scottish Geogr. Magazine, January 1886, Il, 20.

3. L’agitation de l’air qui entraîne les vapeurs déjà produites et permet ainsi la formation de nouvelles vapeurs. Le vent active donc l'évaporation à la condition toutefois qu’il ne soit pas trop violent, car dans ce cas, la couche d’air n’a plus le temps de se saturer!; l’évaporation augmente alors jusqu'à un maximum pour diminuer ensuite.

4. La pression barométrique qui d’ailleurs entre comme la température dans la valeur de Pétat hygrométrique. L’évaporation aura lieu d’autani plus rapidement que le baromètre sera plus bas, c’està-dire que l'atmosphère se rapprochera davantage des conditions du vide dans lequel la vaporisation a lieu instantanément.

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