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L'état électrique accélère l’évaporation

6. La nature et la quantité des sels dissous dans le liquide. Toutes choses égales d’ailleurs, un liquide s’évapore d'autant plus lentement qu’il contient une plus grande quantité de sel en solution. Cette Loi offre un imtérêt particulier relativement à l’eau de mer.

L'étude de la vaporisation de l’eau douce dans l’air est une question de physique et de météorologie ; nous la supposerons connue au point de vue de la théorie et de expérience, et nous nous occuperons simplement de la relation qui existe entre l’évaporation de l’eau de mer et celle de l’eau douce.

Ce rapport n’est pas un coefficient constant R. En effet, l’évaporation de l’eau de mer varie avec sa salinité et inversement cette salinité varie avec l’évaporation puisque tout en s’évaporant l’eau se concentre de plus en plus. On se bornera donc à laisser s’évaporer dans les mêmes conditions de l’eau de mer et de l’eau douce et à prendre Le rapport des quantités de liquide disparues à un instant donné. H étant la hauteur de l’eau douce et k la hauteur de l'eau salée évaporée, la valeur moyenne de R pour la période considérée h H jusqu’à atteindre zéro dans le cas des eaux mères à 880. Le rapport R tendra par conséquent à diminuer à mesure que l’évaporation se faisant sur une quantité restreinte d’eau de mer, celle-ci se concenirera davantage.

sera R — —. Or H reste sensiblement constant tandis que 4 diminue

! Jamin, Comptes rendus de l’Académie des Sciences, LXXXXVI, 1658, 1883.

Dieulafait ! a laissé s’évaporer à l'air libre dans des conditions identiques 1 litre d’eau douce et 1 litre d’eau de mer contenus respectivement dans des cristallisoirs en verre mince, et il s’est rendu compte de l’évaporation par des séries de pesées, L'expérience a duré 43 jours au bout desquels l’eau de mer avait perdu 1/5 de son volume primitif. Le rapport R n’est jamais descendu au-dessous de 0,920 et quand l’eau de mer n’avait perdu que 0,01 à 0,02 de son volume primitif, le rapport devenait 0,965.

Lorsque la surface d’évaporation est très considérable comme s’il s’agit d’un lac et à plus forte raison d’une mer, le problème se complique beaucoup par suite des différents éléments qui influent alors sur l’évaporation. Le vent qui se sature de plus en plus enlève d’autant moins d'humidité aux espaces océaniques sur lesquels il passe qu'il en a plus enlevé à ceux sur lesquels il a déjà passé. L’évaporation n’est donc pas proportionnelle à la largeur de la mer traversée ; elle ne l’est pas davantage à la vitesse du courant d’air.

Dieulafait ?, reprenant son expérience d’une autre façon, a mesuré ensuite les rapports entre la force élastique de la valeur d’eau pure et celle de l’eau de mer normale et à divers degrés de concentration. A 200, la différence entre la force élastique de la vapeur d’eau pure et celle de l’eau de mer normale est inférieure à 0,5 mm; à 400 elle est d'environ 4 mm; à 60° elle n’atteint pas 3 mm. Si, par exemple, on prend de l’eau de mer et de l’eau douce à 40°, le rapport des 53,906 54,906 l’eau douce perdra une hauteur de 100 mm, l’eau de mer dans les mêmes conditions en perdra 98, ce qui confirme les résultats obtenus précédemment.

Des expériences en grand ont été faites sur les marais salants de l'embouchure du Rhône, en recueillant dans un même bassin fermé, à deux époques différentes, deux prises d’essai, et en mesurant sur un même volume de chacune d’elles, le poids total, le poids des

forces élastiques sera — 0,980, en d’autres termes, quand

1 Dieulafait, Évaporation comparée des eaux douces et des eaux de mer à divers degrés de concentration. Conséquences relatives à la mer intérieure de l'Algérie, Comptes rendus de l’Académie des Sciences, LXXXXVI, 1655, 1883.

2 Dieulafait, Évaporation de l’eau de mer dans le sud de la Francé et en particulier dans le delta du Rhône, Comptes rendus de l'Académie des Sciences, LXXXX VI, 1787,

Ve 97 LT HN à Vu io

substances salines obtenues par évaporation avec les précautions voulues, notamment à cause du chlorure de magnésium, et enfin la quantité de chlore dosée par le nitrate d'argent et le bichromate de potasse. La connaissance d’une seule de ces trois quantités suffit pour déterminer l’épaisseur de la couche d’eau évaporée pendant lintervalle de temps qui s’est écoulé. On opère sur environ 120 cmcb d’eau.

Dieulafait est arrivé à cette conclusion que sur la côte française de la Méditerranée, dans la région du delta du Rhône, même en des points séparés de la terre ferme par plus de vingt kilomètres d’eau et de marais, avec la grande mer s'étendant du côté opposé, l’évaporation moyenne de l’année pour l’eau de mer est au moins de 6 mm par jour.

POIDS SPÉCIFIQUE

Poids spécifique et densité de l’eau de mer. — On nomme poids spécifique d’une eau de mer le rapport entre le poids de l’unité de volume de cette eau à la température f et le poids de l’unité de volume d’eau distillée à la température {’, ce qu’on exprime par le symbole S, Dans le cas particulier où # — 49, c’est-à-dire quand on a

ÿ choisi pour dénominateur du rapport le poids de l’unité de volume de l’eau distillée à H 40, le poids spécifique porte le nom de densité.

Cette distinction est importante. En effet, s'il s’agit de doser la quantité de sel contenu dans un échantillon, il faut, pour pouvoir appliquer les formules trouvées empiriquement et déjà indiquées, ramener cet échantillon à ce qu'il serait s’il se trouvait dans les mêmes conditions de température que les échantillons qui ont servi à dresser les tables, c’est-à-dire prendre son poids spécifique dans ces conditions. Au contraire, s’il s’agit, comme dans les questions de courants, de connaître le poids de l’unité de volume d’eau de mer à un moment et en un point déterminés de l'Océan pour le comparer au poids de l'unité de volume en une autre localité, il y a tout avan-

tage à rentrer dans les conditions de généralisation que comporte *

Pemploi du système métrique, d'adopter l’étalon accepté par tous les

POIDS SPÉCIFIQUE. 395

physiciens, de prendre comme unité le poids de l’unité de volume de l’eau distillée à + 4° ou, en d’autres termes, la densité S, de l’échantillon. ÿ

Il aurait certainement mieux valu que tous les savants qui se sont occupés d’océanographie eussent calculé leurs tableaux par rapport à la température de + 4°; la simplification eût été considérable ; malheureusement, ces tableaux montrent le plus grand désaccord dans le choix, arbitraire d’ailleurs, d’une température type. C’est ainsi que dans les Reports du Challenger, le mot « poids spécifique » signifie le rapport S15.56 (159,56 C— 60°F) ; le Meteorological Office

de Londres prend S15.56. le D' John Gibson, dans son Report on the 15.56 water of the Moray Firth, préfère 50; le Board of Trade réduit à

160,70 —620F; M. Bouquet de la Grye a pris S. les savants alle- =)

mands du Drache et de la Pommerania, qui ont exploré la mer du

Nord, et les savants norvégiens du Vôringen, ont choisi S17,5

17,5 (170,5C = 14R — 630,5 F). En outre, les Allemands nomment poids

spécifique absolu la valeur S; # étant la température de l’eau de mer — Æ

in situ, c’està-dire la densité. Cette confusion ne possède que des inconvénients, car, en outre de l’ambiguité qu’elle jette dans l’inter-

prétation d’un chiffre cité par un auteur, elle oblige, pour traduire Se;

une expérience, à des calculs‘dont exactitude n’est qu’approchée puisqu'ils se basent sur la valeur du coefficient de dilatation de l’eau de mer, coefficient qui est lui-même variable avec la densité de l’échantillon. Puisque, sous le nom de densité ou sous celui de poids spécifique absolu, les Français, les Norvégiens et les Allemands

étaient d'accord pour admettre S, rien ne s’opposait à ce qu’on calt, q

culât les tables d’après { — +40 et en se bornant à s’entendre sur la valeur à donner à f.

Formule de transformation des poids spécifiques. — La formule sert à passer d’un système de notation représenté par le sym-

bole S:, à un autre système représenté par le symbole S:.. t' A)

En appelant v le poids de l’unité de volume d’eau de mer, V le | poids de l’unité de volume d’eau douce à des températures représeniées par l'indice dont ces lettres sont affectées, on a:

d’où :

V V, D Vy

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