SECTION DE L'ATLANTIQUE - DENSITES CORRICÉES DE LA PRESSION
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Atlantique Nord Atlantique Sud
manière dont varie avec la profondeur le poids d’un litre d’eau pris à une profondeur quelconque.
Le diagramme (fig. 86) montre la distribution de la densité en pro-
fondeur du nord au sud, à travers l’Atlantique; les chiffres sont ceux du Challenger corrigés toutefois comme il a été dit. Cette carte diffère singulièrement de celles qui ont été publiées. On voit combien les lignes sont régulières, même en leur faisant représenter des variations de une unité du quatrième ordre dans la valeur des densités ; les nappes d’égale densité ou isopycnes offrent encore quelques ondulations superficielles et ensuite elles s’égalisent et se superposent régulièrement par ordre de densités croissantes de la surface au fond. Parmi les 125 valeurs qui ont servi à dresser le diagramme, trois fois seulement une densité plus faible a succédé à une densité plus forte placée au-dessus et la différence a été de 0,00041, 0,0005 et 0,0007, c’est-à-dire n’a porté que sur la quatrième décimale dont la rigueur est toujours discutable en admettant même qu'il n’y ait pas eu une erreur de lecture. Les couches profondes sont donc remarquablement calmes‘: les variations n’ont lieu qu'à une faible profondeur, ce qui rend d'autant plus aisées à exécuter les mesures de densité qu’il serait nécessaire de prendre pour élucider les lois de l’évaporation et de la chute en profondeur des molécules d’eau alourdies par suite de leur concentration en sel. Bien que cette descente doive s’accomplir, il est irès probable qu’elle a une importance beaucoup moindre que celle qu’on lui a attribuée et que ses effets sont fortement masqués par les courants et l’agitation superficielle due aux venis.
En résumé, des cartes d’égale densité seraient d’un extrême inté-
rêt à la condition d’être faites pour chacun des douze mois de l'année et d’être l'expression rigoureuse de la vérité, c’est-à-dire de
t Si l’on compare la carte (fg. 86) avec la carte des isothermes pour ia mème section de l’Atlantique, on constate que sur cette dernière les courbes ne sont point horizontales et présentent de notables anomalies dans le voisinage du fond aux points correspondant aux observations du 3 mai 1876 et du 6 avril 4875. Or ces anomalies disparaissent sur la carte parfaitement régulière des densités et comme d’autre part, la densité est fonction de la température et de la composition, il en résulte qu’en ces points, l’eau de mer doit avoir une composition différente de celle qu’elle possède dans les couches susjacentes. Ce fait semblerait corroborer les expériences de Diltmar et de Buchanan qui ont trouvé que certains échantillons d'eaux recueillis à de grandes profondeurs par le Challenger manifestaient une réaction acide. Il y aurait alors mélange d’eau salée et d’acide carbonique provenant d’émanations volcaniques sous-marines et liquéfié par la pression. Voir à ce sujet le {travail de M. Thoulet: De quelques objections à la théorie
de la circulation verticale océanique, Revue générale des sciences pures et appliquées.
juillet 1890.
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