‹ Océanographie (statique)Chapitre 151 sur 206 · PRESSION · texte numérisé non relu

PRESSION

Compressibilité de l’eau de mer. — L'étude de la compressi-

- bilité de l'eau de mer a été faite à la même époque, en 1851, par

Wertheim, dans ses mesures de la vitesse de propagation du son

dans les liquides, et par M. Grassi*. Celui-ci a opéré au moyen du

même plézomètre qui avait déjà servi à Regnault dans des études

analogues. L'instrument consiste en un réservoir en cristal ou en

verre, de forme régulière, sphérique ou en un cylindre terminé par

des demi-sphères, soudé à un tube fin en verre et plongé dans l'eau

d'un récipient en cuivre rouge, à couvercle solidement mastiqué. On

peut à volonté exercer la pression à l'intérieur ou à l'extérieur du

piézomètre ou en même temps à l'extérieur et à l'intérieur, et on

mesure chaque fois le déplacement subi par le niveau du liquide remplissant le piézomètre.

| La compressibilité étant la diminution éprouvée par l'unité de

: volume, une eau de mer artificielle de densité de 1,0264 à 200 avait

pour compressibilité 0,000 043 6 par atmosphère de pression. Wer-

theim a trouvé 0,000 046 7. D'après le chiffre de M. Grassi, comme

une eau de densité égale à 1,026 supporte déjà une pression de

1 atmosphère à la profondeur de 10,07 m, la contraction de volume

°7 40,07 elle sera 0,00000432 ».

M. Grassi a trouvé en outre que la compressibilité d’une solution saline — et l'eau de mer est dans ce cas — augmente avec la tempé-

— 0,00000432 à 1 m de profondeur et à n mètres

! Grassi, Recherches sur la compressibilité des liquides, Ann. de physique et de chimie; 3e série, XXXI, 437.

rature contrairement à ce qui a lieu pour l’eau distillée. La compressibilité correspondant à 1 atmosphère est constante, quelle que soit la pression; enfin pour les diverses solutions d’un même sel, la compressibilité est d'autant plus faible que la quantité de sel est plus grande, en d’autres termes, la compressibilité est d'autant plus considérable que la solution est plus éloignée de son point de saturation ‘.

Le professeur Tait* a repris l'étude de cette question et est arrivé à conclure que la véritable compressibilité de l'eau de mer à 120 était donnée par la formule

dans laquelle p est le nombre de tonnes anglaises par pouce carré de surface comprimant l’eau, c’est-à-dire représente d’une facon très approchée la profondeur en milles au-dessous de la surface.

Ainsi pour une tonne anglaise équivalant à 1016,048 kilog, un cube de 1 pouce cube à la surface devient

La densité étant encore supposée égale à 1,026 à la surface, sera à la profondeur où la pression est de 1 tonne, c'est-à-dire à 1535 m, égale à 1,0326.

D'où, par mètre de profondeur, la compressibilité sera 0,00000430.

Les valeurs de la compressibilité de l'eau de mer, données par Wertheim, Grassi et Tait sont donc très rapprochées les unes des autres.

En 1875, à bord du Challenger, M. 3. Y. Buchanan a fait quelques expériences sur la compressibilité de l’eau; il s'est dans ce but servi de son piézomètre rempli d'eau distillée et attaché à la ligne de sonde à côté d’un thermomètre. Connaissant la profondeur attemte par la longueur de la ligne filée, la pression d’après la profondeur

1 M. Cailletet a mesuré le coefficient de compressibilité de l’eau distillée privée d’air de densité égale à 4000 ; il l’a trouvé égal à 0,0000451 à H 8, et ayec une pression de 705 atmosphères, valeur non corrigée de la contractiôn de l’enveloppe (Comptes rendus, Acad. Sciences, t, 75, p. 77, 1872).

? Proced, of the Roy. Soc. of Edinburgh, n° 144,

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