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CHALUT

maintenu ouvert par une armature en fer ainsi que par des chapelets de balles de plomb d’un côté et de morceaux de liège de l'autre. Sa longueur est d'environ 4,57 m sur 8,05 m et il est formé de deux poches en filet dont la première possède des mailles beaucoup plus larges que la seconde, afin d'éviter l’accumulation de la boue. Son extrémité pointue supporte un boulet en guise de poids. On le traîne avec une vitesse de 2 Fig: à 3 nœuds, c’est-à-dire 2 à 3 milles à l’heure, après l’avoir fixé au câble par des fils d’attache qui se rompent si l’armature est par accident trop fortement retenue, de sorte qu'on peut alors sauver au moins le câble et le filet. Le chalut est préférable à la drague en ce qu’il recueille moins de vase, plus d'animaux, et que ceux-ci sont beaucoup moins endommagés. La drague ne sert guère que sur les fonds rocheux qui mettraient le filet en lambeaux. « Suivant la profondeur qu’on doit « explorer ‘ et suivant également le temps « qu’il fait, on utilise un chalut de 2 ou 3 m « d'ouverture. On peut dire, d’une manière « générale, que par un beau temps, il est, « possible de se servir d’un chalut de 3 m « pour atteindre des fonds de 3 600 m. Passé « cette profondeur, il est prudent de n’em- « ployer qu’un filet de 2 m. Quant à la sur- « charge à donner, elle était, à bord du « Talisman de 188 kilog pour les fonds au « delà de 3000 m. » Le Challenger a donné des coups de chalut jusque par des profondeurs de 4 850 m.

Le prince Albert de Monaco * a encore perfectionné ce genre de filet : son chalut à étriers qui contient plusieurs fauberts dans son intérieur, sert pour le fond tandis que son chalut de surface récolte

1 H. Filhol, La vie au fond des mers, Paris, 4886, p. 40.

2 On trouvera d'excellents renseignements accompagnés de figures de ces divers appareils de pêche dans une brochure intitulée: Recherche des animaux marins; progrès réalisés sur l« Hirondelle » dans l'outillage spécial, par le prince Albert de Monaco; extrait du compte rendu des séances du Congrès international de zoologie, 4889.

les organismes flottant à la surface de l’eau ou un peu au-dessous Ceux-ci s’accumulent sans danger d’être froissés ni mutilés dans un bocal en zinc placé à l'extrémité du filet et très facile à démonter.

Traîne à fauberts. — La traîne à fauberts (Tangle-bar) (fig. 94), s'emploie seule dans des fonds très inégaux, rocheux ou coraillers, dangereux pour les dragues et les chaluts. Elle capture des étoiles de mer, des oursins, des coraux, des crabes, des éponges, et même quelquefois de petits poissons. On y suspend de 49 à 15 grands fauberts. Parfois aussi, elle est composée de deux barres de bois reliées entre elles de manière à former la lettre À et où l’on attache en outre des fauberts et des lignes munies d’hameçons.

Fig. 94.

Nasse de profondeur; éclairage des eaux profondes. — Le prince Albert de Monaco * a complété l’emploi de la drague et du chalut par celui d’une nasse reposant immobile sur le fond et dans laquelle des espèces voraces, attirées au moyen d’amorces, remontent jusqu’à la surface, proté gées contre toute détérioration accidentelle.

Ces nasses en fil de fer à mailles de 1 cm ont la forme d’un cylindre dont les deux bases sont des troncs de cône s’ouvrant à l'intérieur par leurs petites bases ; elles sont soutenues par des montants en bois ou en fer. On en a descendu jusque par 758 m à l’aide d'un câble composé de 42 fils d'acier en 6 torons mesurant 4,5 mm et résistant à 1000 kilog. On l’abandonne avec une bouée.

Le prince de Monaco* a perfectionné cette nasse, qui a l’inconvé-

15. A. le prince A. de Monaco, Sur l’emploi de nasses pour des recherches xoologiques en eau profonde. Comptes rendus de l’Académie des sciences, juillet 4888. * Le prince Albert de Monaco, Recherche des animaux marins, Progrès réalisés sur

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