CONSERVATION DES ÉCHANTILLONS
tème de sûreté pour drague (Check stop), ou à isoler les animaux récoltés de la boue qui les environne sans risquer de les mutiler comme les tamis fixes, le tamis oscillant (Cradle sieve), la table-tamis
(Table sieve). On s’est aussi servi, à bord du Travailleur, de sphères
métalliques creuses pouvant s'ouvrir et se fermer hermétiquement suivant leur diamètre, percées de très petit trous et qu’on agite dans de l’eau après les avoir remplies de limon. On trouvera la description et les dessins de ces appareils dans l'ouvrage de Sigsbee ‘ ou dans les rapports officiels annuels de la Commission des pêcheries américaines.
Conservation des échantillons *. — Lorsqu'il s’agit d’animaux délicats tels que cœlentérés, larves pélagiques de mollusques et d’échinodermes, certaines annélides, on n’obtiendrait que des échantillons incomplets et mutilés si l’on se contentait de retirer le filet hors de l’eau puis de le renverser en le secouant dans un baquet rempli d’eau. Il faut au contraire soutenir le filet fin avec un cristallisoir ou tout autre instrument, de telle sorte qu’il reste toujours à moitié plein d’eau, et le renverser doucement dans un grand baquet. On récoltera les animaux un à un à l’aide d’une ‘pipette et on les déposera dans des bocaux remplis d’eau de mer en ayant soin de ne pas mélanger les espèces ni de mettre trop d’échantillons dans le même flacon. En prenant ces précautions, on pourra obtenir des échantillons non mutilés d’animaux délicats et conserver en vie pendant. un certain temps des espèces qui meurent très rapidement lorsqu’elles ne sont pas dans un état d’intégrité parfaite.
L’acide osmique en solution au 1/100 convient le mieux pour la conservation des organismes à substance gélatineuse abondante tels que les cœlentérés, mais ce mode de traitement exige de la part de l'opérateur une grande habileté et de plus la manière d’opérer varie avec chaque espèce et dépend de la grosseur de l’échantillon, de la consistance des tissus, etc. Quant aux larves, aux petites annélides, un traitement à l’acide osmique ou au sublimé corrosif, pendant quelques instants (solution saturée soit dans l’eau douce soit dans
‘ Charles D. Sigsbee, Deep sea sounding and dredging, Washington, 1880, p. 163. ® Je dois ce paragraphe à la plume si compétente de mon savant ami et collègue, M. R. Koehler.
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l’eau de mer), donnera généralement un bon résultat. Après le traitement par l’un ou l’autre de ces réactifs, on lave à l’eau ordinaire et l’on conserve dans l'alcool à 95° renouvelé deux ou trois fois.
Le traitement à l'acide osmique ou au sublimé, qui demande à être surveillé de près et ne peut guère être appliqué que par des zoologistes de profession, devra être employé pour des échantillons dont on désire conserver les détails de structure et qui sont destinés à des recherches histologiques. Ces manipulations délicates seraient inutiles si lon se propose simplement de récolter des animaux pélagiques pour en faire un examen sommaire. Il s’agit alors moins de recueillir des espèces délicates et à conservation difficile comme des cœlentérés à corps mou et gélatineux ou des larves de différents groupes, que des crustacés, des annélides, des radiolaires, etc., qui d’ailleurs constituent, dans la plupart des cas, la plus grande partie du produit des pêches pélagiques. Il suffira alors de rapporter ces animaux dans un état de conservation suffisant pour permettre aux zoologistes auxquels les échantillons seront soumis d’en faire la détermination et de fournir ainsi des renseignements utilisables pour des études océanographiques. Il est important d'opérer en perdant le moins de temps possible et il n’est pas indispensable que tous les animaux conservés soient dans un état d'intégrité parfaite ni que les tissus soient fixés comme s’ils étaient destinés à des études histologiques. L'alcool à 95° se trouve tout à fait indiqué et les échantillons s’y conserveront tous d’une manière très suffisante.
Cependant, au lieu de plonger directement dans un flacon d'alcool le contenu du filet fin, il est préférable d’agir de la manière suivante. Le filet, avec son contenu, est retourné et agité dans un grand baquet plein d’eau de mer et l’on renouvelle l'opération plusieurs fois de suite jusqu’à ce que la pêche soit suffisante. D’autre part, on a préparé un flacon à deux tubulures dont l’une porte un entonnoir tandis qué dans l’autre s’enfonce un tube large coiffé, à son extrémité supérieure, d’un morceau de canevas fin ou de toile. On verse doucement dans l’entonnoir l’eau qui contient les produits de la pêche et les animaux qui ne peuvent franchir les mailles de la toile restent emprisonnés dans le bocal. On obtient ainsi un grand nombre d’animaux dans une quantité d’eau aussi petite que possible qu’on remplace ensuite par de l’alcool renouvelé deux ou trois fois.
Les algues se conservent parfaitement dans de l’eau camphrée.
FAUNE DES PIVAGES. A1