CONGÉLATION DE L'EAU
en océanographie car jamais la glace ne se forme ou ne se liquéfie à des profondeurs sous l’eau correspondant à un changement notable dans la valeur du point de fusion.
La surfusion est un phénomène par lequel une masse d’eau peut être amenée au-dessous de son point de congélation sans se solidifier si elle est conservée dans un repos complet. Mais alors, le moindre ébranlement la solidifie instantanément et, comme la surfusion a lieu en eau douce comme en eau salée, il suffit quelquefois du choc des avirons d’une embarcation pour déterminer une prise en masse de la mer ou d’un lac. A Pabri de l'air, dans un ballon fermé ou sous une couche d'huile, l’eau reste liquide jusqu’à — 120.
Le même retard dans la température du point de fusion se fait sentir lorsque l’eau est contenue dans des espaces très petits comme dans des tubes capillaires, par exemple. On a pu ainsi l’abaisser jusqu'à — 200. Ce phénomène retarde un peu léclatement des roches par la gelée.
La densité de l’eau étant 1,000 à + 4°, température du maximum de densité, celle de la glace pure a été mesurée par Bunsen‘ et trouvée égale à 0,917. Dans la nature, la glace n’est jamais privée d’air et sa densité est par conséquent inférieure, ou bien, s’il s’agit de glace de mer, elle contient des sels et sa densité est supérieure.
Le névé, produit lorsque la neige est comprimée et qu’elle est en outre humectée par les eaux de fusion des couches supérieures qui se congèlent de nouveau au contact des portions inférieures, possède une densité comprise entre 0,5 et 0,6. Les glaciers sont alimentés par les névés des parties élevées de leur cours.
D’après M. Symons”, la densité de la neige varie entre 0,1694 et 0,0402 ; elle est en général d'autant plus légère que le froid est plus intense au moment de sa chute. M. Ward a fait des expériences sur le tassement de la neige abandonnée à elle-même et sur son évaporation, qui peut atteindre de 10 à 70 mm en 24 heures, en Angleterre, selon la densité. Cette densité est fonction de la température, de Pétat hygrométrique de l’air, de l'épaisseur, de la dimension des flocons, de la vitesse de la chute et du tassement. Les 3 000 observations faites de 1862 à. 1881 à l’hospice du Grand Saint-Bernard, à
1 Pogg. Ann., n° 44.
= Revue scientifique, t. XLI, p. 478, 1888.
l'altitude de 2478 m, donnent à la neige une densité moyenne de 0,11.
Densité.
Glace de Marstrand (Kattégat) ........ 1,0110 Glaceide la Baltique mme RE 1,0003 Haute RASE en SR 1,0000 Glace d'eau pure-APEPPREN ES CN PEPRE 0,917 NEVER EE LM ee: et 0,5 à 0,6 NCISE UN RAIN ARR PEAR RAT EURE 0,1694-0,0402 Nerce (moyenne) eh ME OL ME PAR 0,11
Dilatation de la glace. — Le coefficient de dilatation linéaire de la glace, c’est-à-dire l'augmentation de longueur d’une barre de glace pour une élévation de température de 1°, a été mesuré par irois physiciens russes * qui ont trouvé les valeurs suivantes :
SCHMACHEr) ER nNErs 0,00006424 DOTE PE ASS ANNE AE er 0,00006387 MORT Z AS NAS IR RIAN ERREUR Ne GTS 0 ,00006469
Le coefficient de dilatation cubique ou augmentation de volume pour une élévation de température de 1°, est d’après
Brunner este Teen na PT EURE 0,000113 0,000155
Plucker et Geissler 3 .,............ 0,000156 0,000170
On remarque que les valeurs du coefficient de dilatation cubique ne sont pas, comme l’indique la théorie, sensiblement triples de celles du coefficient de dilatation linéaire. Cette différence provient de ce que, dans le second cas, la glace contient de l’air tandis que le mode d’expérimentation par le dilatomètre, employé dans le premier cas, permet de se servir d’eau bouillie qui, par congélation, donne une glace privée d'air.
Plucker et Geissler ont conclu de leurs expériences que le coet-
1 Recueil des mémoires des astronomes de Poulkowa, 1833. Annales de chimie et de physique, 3° série, 14, 1845. * Pogg. Ann. LXXX VI, 4852.