‹ Océanographie (statique)Chapitre 2 sur 206 · VI PRÉFACE · texte numérisé non relu

VI PRÉFACE

quence de toutes les propriétés de la mer, résultante de tous les phénomènes s’accomplissant sur son immense surface et dans ses abîmes.

En écrivant ce livre, j'ai pensé être utile à ceux qui vivent sur l'océan, de l’océan ou pour l'océan: aux navigateurs, aux pêcheurs, aux ingénieurs. J'ai assez vécu au milieu des marins pour savoir tout ce qu’on trouve en eux de connaissances profondes et variées, de dévouement à leur noble profession et à la science, pour ne point les admirer en même temps que les aimer et ne pas essayer de les payer dans la mesure de mes forces de leur accueil si cordial et si bienveillant. Par une curieuse anomalie, l’océanographie n’a pas été jusqu'à présent aussi cultivée en France qu'à l’étranger où on la considère comme utile et même indispensable soït au point de vue pratique soit au point de vue théorique. Aucun traité n'était écrit en langue française sur ce sujet, j'ai voulu combler cette lacune.

J'ai mis tous mes soins à ma rédaction; j'ai étudié beaucoup de mémoires et d'ouvrages publiés en Angleterre, aux États- Unis, en Norvège, en Allemagne et ailleurs; je me suis efforcé de tirer parti de tous les documents. Quoique la science de la mer se développe rapidement, les mesures exactes sont en nombre insuffisant et les données les plus indispensables font souvent défaut. Mais si mon travail est incomplet, il sera perfectionné, et c’est même pour qu'il soit perfectionné que je lai exécuté.

Une autre idée m'a servi de guide; elle résulte d’une conviction, d’une véritable foi. Un grand changement s’accomplit dans les sciences et toutes subissent une évolution. Les sciences naturelles passent de plus en plus aux sciences précises, physique et chimie, tandis que celles-ci, par un perfectionnement qui est la somme du labeur journalier et incessant de l’esprit humain, passent aux sciences rigoureuses, aux mathématiques ; la mécanique

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