SONDEUR A COUPE
tient ouverte à la descente et fermée à la montée, après avoir livré passage à la vase et au sable du fond. Ce système a été employé par le Challenger et par la Gazelle.
Sondeur à coupe. — Une tige de fer portant un anneau traverse un poids de plomb et se termine par une coupe conique en fer ; une rondelle de cuir épais glisse sur la tige (fig. 4), entre l'extrémité du plomb et la coupe. Afin de rendre la fermeture plus complète, on recouvre la rondelle d’un morceau de mousseline. Ce sondeur a servi aux officiers de la marine américaine; il est excellent dans les profondeurs moyennes ; mais, comme la coupe est trop ouverte et la fermeture de la rondelle insuffisante, lorsqu'il est descendu un peu bas, une fois sur trois, 1l revient vide et entièrement lavé.
B. — Sondeurs pour grandes profondeurs.
Sondes de profondeur ; accumulateur. — Les officiers de la marine des États-Unis, sous la direction de Maury, ont cherché les premiers à résoudre les difficultés que présente un sondage profond et ont entrepris, dans ce but, une série d’expériences systématiques.
Ils pensèrent d’abord à employer un poids très considérable : un boulet de 16 ou de 34 kilogrammes, suspendu à une ligne assez fine ; on laissait couler et, dès que l’on constatait un ralentissement dans la vitesse, on coupait la ligne et l’on calculait la profondeur d’après ce qui restait sur la bobine d’où elle s’était déroulée. Le lieutenant Rodgers-Taylor, de lAlbany, démontra que la méthode était défectueuse et qu’il était, au contraire, préférable de prendre une ligne très forte.
Une tentative de sondage, exécutée par le lieutenant Walsh, du Taney, qui ne trouva pas le fond par 10 364 mètres avec une sonde en fil métallique, fit pendant longtemps adopter l'usage exclusif de la ligne de chanvre.
La loi de la descente fut étudiée pendant les années 1850, 1852 et 1853 par les lieutenants Lee et Berryman. On a vu qu’elle peut s'énoncer ainsi : la ligne ne descend point avec une vitesse uniforme,
mais de plus en plus lentement; par conséquent, dès que la vitesse cesse de décroître d’une manière régulière ou qu’elle devient uniforme, on est averti que le poids a touché le fond.
Pour corriger l’effet de la dérive, l'instruction du 22 novembre 1851, donnée par le secrétaire d'État au département de la marine, recommandait de sonder en embarcation et de se maintenir à l’aide des avirons, de manière que la ligne demeurât toujours verticale.
La découverte du principe du sondeur à poids perdu, par Brooke, compléta cette série de perfectionnements et permit d'exécuter désormais des sondages avec toute l’exactitude désirable.
Cependant, il arrivait souvent que, pendant la descente de la sonde, le navire, soulevé par les lames, donnait des secousses si fortes et si brusques que la ligne se brisait. On remédia à ce danger par l'emploi de l’accumulateur.
L’accumulaieur ordinaire se compose de deux disques en bois (fig. 5) percés de trous symétriques par chacun desquels passe un double ruban cylindrique de caoutchouc. Ceux du Challenger et de la Gazelle avaient 2 cm de diamètre et 90 cm de long ; ils pouvaient acquérir une longueur de 5,5 m correspondant pour chacun à une tension de 32 kilog; quand leur longueur ne dépassait pas 2,75 m, la tension était seulement de 23 kilog. Afin d’éviter un allongement trop considérable, un câble de chanvre très solide, long de 4,5 m, relie les deux plateaux. L’élasticité du caoutchouc amortit parfaitement les secousses.
?* Maury, Instructions nautiques, traduites par Ed. Vaneechout, 90.