‹ Océanographie (statique)Chapitre 55 sur 206 · LAVAGE · texte numérisé non relu

LAVAGE

daire avec de l’émeri jusqu’à ce qu'il soit amené à n'avoir plus qu’une épaisseur d'environ 1/200 de millimètre et à être transparent. On le colle au baume de Canada entre deux lames de verre dont l’une est extrêmement mince, eton l’examine ensuite au microscope, en lumière parallèle ou convergente, naturelle ou polarisée. On distingue alors que la roche est composée tantôt de fragments juxtaposés, tantôt d'individus séparés, englobés dans une pâte. La connaissance des propriétés diverses des minéraux, les ressources des microscopes actuels qui, par des procédés précis, permettent de mesurer les dimensions, les indices de réfraction, les angles cristallographiques des sections ou plages, d’apercevoir les caractères optiques et la disposition des clivages, renseignent sur la nature des individus cristallins et par conséquent laissent reconnaître et nommer la roche. D’autre part, les traités et les cartes géologiques font savoir le gisement subaérien des roches analogues le long des rivages ou des cours d’eau se déversant dans la mer. On est donc souvent en état de découvrir ainsi la provenance de l’échantillon.

S'il s’agit d’un sable, on étudiera au microscope la nature des grains, on observera si les arêtes en sont vives ou arrondies, caractère de la plus haute importance. En effet, un courant d’eau entraîne un grain minéral avec une force dépendant de la vitesse même du courant, de la dimension et de la densité du fragment. Un courant chargé de sable, s’il est suffisamment rapide, maintiendra chaque grain en suspension sans le laisser frotter contre ses compagnons et par suite lui conservera la netteté de ses arêtes; au contraire, s’il est lent, les grains simplement poussés se heurteront mutuellement et leurs arêtes s’émousseront. Comme d'autre part des expériences synthétiques ont appris la relation existant entre la vitesse de l’eau, la nature et la dimension des grains, il suffira de constater sur un grain recueilli que ses arêtes sont ou ne sont pas arrondies pour en conclure, en mètres par seconde, les limites de la vitesse du courant qui l’a transporté.

Quels que soient le mode d’expérimentation adopté et la variété du sédiment, on contrôlera toujours chaque opération physique ou chimique par un examen au microscope.

Lavage; tube mesureur.— L'analyse d’un échantillon commence par un lavage à l’eau douce pour se débarrasser de l’eau de mer. On

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place Féchantillon dans un grand verre d’une capacité de plusieurs litres, on ajoute de l’eau bouillante, on délaye avec une spatule de porcelaine, on agite fortement, on laisse déposer et lorsque le liquide surnageant est devenu limpide, on le décante avec un siphon aussi complètement que possible. On fait ensuite sécher à une cha: leur très douce et on conserve dans un flacon à l’émeri. Cette méthode est longue, car certains échantillons exigent un temps considérable pour se déposer : on accélérera, 1l est vrai, l'opération en maintenant dans un endroit chaud : cependant on évite ainsi la filtation qui est elle-mème très longue lorsqu'on se trouve en présence de vases et qui de plus présente l'inconvénient de réclamer de l'attention, soit qu’on surveille un filtre continu, soit qu'on remplisse l'entonnoir chaque fois qu'il est vide.

On profite de ce lavage pour opérer un premier triage. Après avoir ajouté environ un litre d’eau bouillante sur le sédiment et avoir agité, on abandonne au repos pendant une minute seulement et l’on décante la moitié de l’eau bourbeuse dans un autre verre : on verse un demi-litre d'eau bouillante pure, on agite, on laisse reposer pendant une minute et l’on décante un autre demi-litre. L'opération est renouvelée de la mème façon, de manière à obtenir, d’&ne part, un sable qui tombe immédiatement au fond, et un grand verre rempli de cinq à six litres d'eau boueuse qu’on abandonne au repos. On note le temps nécessaire pour que le liquide se claritie complètement. Ce procédé est le meilleur pour séparer le sable et la vase, et lorsqu'un échantillon soumis à un pareil traitement a été conservé sec et non séparé et qu'on désire ensuite en séparer le sable et largile, il faut renouveler le lavage.

En tout cas, on desséchera le sable et l'argile, et on les pèsera séparément afin d’en connaître les proportions respectives; on donnera le nom de sable aux grains minéraux dont le diamètre est inférieur à 1 mm et dont la limite inférieure est d'environ 0,01 mm.

La proportion relative de sable et de vase se déterminera encore en délayant quelques grammes de matière dans l’eau : on verse dans une éprouvette graduée en centimètres cubes, haute de 25 centimètres et ayant 3 centimètres de diamètre intérieur, qu'on achève de remplir avec de l’eau. On laisse déposer et on mesure le volume de chaque espèce de dépôt qu'on examine, d’ailleurs aisément, avec une loupe, à travers les parois de l’éprouvette.

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