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DENSITÉ

Rigoureusement parlant, on ne doit attribuer le nom d’argile qu’à l’argile colloïdale c’est-à-dire à celle qui reste indéfiniment en suspension dans l’eau distillée, mais l’opération qui la donne, imaginée par M. Schlæsing!, est extrêmement longue et laborieuse.

Or, dans l’état actuel de la science, l'intérêt de la précision absolue ainsi acquise est certainement hors de proportion avec la peine et le temps qui seraient consacrés à l'obtenir. Il suffira donc d’avoir, par une méthode rapide, une notion approchée de Ia quantité d’argile et de la quantité de sable contenus dans l'échantillon.

Une facon excellente et très prompte de trier en grains de dimensions uniformes un échantillon du sol sous-marin ou sous-lacustre consiste à employer des tamis de tissu de soie à bluterie de numéros différents. M. Asper, de Zurich ?, l’inventeur de cette méthode, plaçait l'échantillon à analyser dans des sacs fabriqués avec cette étoffe et agitait dans l’eau. Il est préférable de fabriquer des tamis avec de gros tubes en verre dont on ferme une extrémité avec le tissu; on recouvre le bord avec une large bande de caoutchouc qui empêche la boue de pénétrer et de se perdre dans les plis de la soie. On commence avec le tamis dont les mailles sont les plus grandes, on agite dans une certaine quantité d’eau qu’on reverse ensuite dans le tamis suivant à mailles un peu plus fines et ainsi de suite.

Appareil à densité. — La densité apparente d'un sédiment est le poids du centimètre cube de ce sédiment sec et aussi tassé que possible ; la densité vraie est le rapport du poids de l'échantillon au poids d’un égal volume d’eau distillée à la température de + 4°.

On emploie un flacon (fig. 27) ressemblant à celui de Regnault pour la mesure de la densité des liquides ; sa base est cependant assez large pour qu’il y repose solidement et son col, allongé quoique un peu élargi, porte deux repères superposés.

Après avoir cubé au mercure le flacon jusqu'à

1 Leçons de chimie agricole professées par M. Th. Schlæsing, École d'application des manufactures de PÉtat, 2° partie, 4883.

# G. Asper, Beitrüge zur Kenntniss der Tiefenfauna der Schweixerseen, Tool. Anzeiger HI, 430 et 200, Leipzig 1880, in F.-A. Forel, La Faune profonde des laes suisses, Mémoire couronné par la Société helvétique des sciences naturelles, 1885.

chacun des deux repères, on le remplit de la matière plus ou moins pulvérulente préalablement séchée à l’étuve vers 100 en le frappant à pelits coups contre une table et on fait affleurer ainsi au repère inférieur. Aussitôt que les chocs ne produisent plus aucun affaissement, on pèse et un calcul facile donne la densité apparente.

On porte alors le flacon sous une cloche pneumatique tubulée; un entonnoir à robinet traverse cette tubulure ! et son extrémité effilée arrive au-dessus de l’ouverture du flacon; on produit le vide, on abandonne pendant quelque temps pour laisser disparaître l'air qui entoure les grains puis, en tournant le robinet, on introduit goutte à goutte de l’eau récemment bouillie. Cette eau pénètre très rapidement la masse pulvérulente. On retire alors de là cloche, on établit en ajoutant de l’eau, l’affleurement avec le repère supérieur, car la matière qui s’est un peu soulevée à généralement dépassé le repère inférieur; on pèse et on calcule la densité vraie par la méthode connue. |

Lorsque les grains sont très fins, dans le cas de vases, par exemple, la masse est difficile à purger complètement d'air; afin d'éviter des bulles, après avoir obtenu la densité apparente, on enlève une petite quantité du sédiment, on secoue pour diminuer le tassement, on pèse et on remplit d'eau comme précédemment sous la cloche pneumatique.

Tamisage. — On sépare les sables en grains de même grosseur à l'aide d’un appareil particulier. M. Thoulet en a fait construire un en métal, en forme de deux cylindres se vissant l’un au-dessus de l’autre, dont les extrémités se ferment chacune par un fond muni d’un mouvement à baïonnette et entre lesquels on peut intercaler des tamis divers, disques percés de trous ronds, réguliers, analogues

à ceux dont se servent les joailliers pour trier et classer les pierres.

fines. On emploie ainsi six tamis dont les trous ont respectivement 1, 0,8, 0,6, 0,4, 0,2, et 0,1 mm de diamètre. La grosseur attribuée aux grains de sable est celle intermédiaire entre le diamètre des trous franchis et des trous non franchis ; ceux ayant, par exemple,

J. Thoulet, Le relief et la géologie sous-lacustres du lac de Longemer (Vosges), Comptes rendus de l'Académie des sciences, t. GX, p. 56, 4890.

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