DOSAGE DE L'EAU
cæsium; il se forme de petits cristaux d’alun de cœsium (fig. 32) en octaèdres incolores souvent déformés où en cubo-octaèdres.
On reconnaît la présence du sodium en ajoutant à la solution sulfurique une gouttelette d’une solution acétique d’acétate d’uranyle; on obtient immédiatement des cristaux (fig. 33) tétraédriques isotropes (a) très difficilement solubles dans l’eau et dans l’alcool et constitués par de l’acétate de sodium et d’uranyle. Si la quantité de sodium est très faible, on voit se développer en même temps des cristaux d’acétate d’uranyle rhombiques (b) faciles à reconnaître en employant la lumière polarisée.
Dosage de l’eau et des matières organiques. — Sauf le dosage de l’acide carbonique dont nous parlerons bientôt, nous en avons maintenant terminé avec l'analyse immédiate. Les parties sableuses sont étudiées complètement et l'on peut aborder l’examen des portions argileuses enlevées par la lévigation. |
Pour doser l’eau hygroscopique, on fait sécher à l’étuve entre 100 et 110 degrés quelques grammes du sédiment et l’on mesure la perte de poids.
L'eau d’hydratation se dose comme dans les analyses organiques. On introduit dans une nacelle de platine contenue elle-même dans un tube de porcelaine ou mieux de platine, un poids déterminé de sédiment, environ 2 grammes, débarrassé préalablement de son eau hygrométrique; on chauffe au rouge avec une grille à combustion dans un courant d’air desséché à travers un tube renfermant de la pierre ponce imbibée d'acide sulfurique concentré et l’on fait passer les produits gazeux de la calcination dans un système taré composé d’un tube à boule où se condense la presque totalité de la vapeur d’eau et ensuite dans un tube en U rempli de pierre ponce imbibée d'acide sulfurique concentré. L’augmentation de poids du système correspond à la quantité d’eau d'hydratation contenue dans l'argile.
La perte de poids subie par l’échantillon, défalcation faite du poids trouvé pour l'eau d’hydratation, représente la matière orga-
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nique brûlée, plus l'acide carbonique du carbonate de chaux décomposé par la chaleur, s’il en existe, moins la quantité d'oxygène qui s’est fixée sur le protoxyde de fer contenu dans l'échantillon et l’a transformé en sesquioxyde. L’acide carbonique peut s’évaluer; il en est de même de la proportion de protoxyde de fer, on sera done en état de calculer exactement la proportion de matière organique.
Dosage de l’acide carbonique. — L'appareil servant à doser l’acide carbonique est un ballon à trois tubulures (fig. 34). La première communique avec un tube coudé rempli de chlorure de calcium; la seconde tubulure livre passage à un entonnoir bouché et à robinet ; enfin, la troisième communique avec un appareil dégageant de l’acide carbonique. On remplit l’entonnoir d'un mélange d’une partie d'acide chlorhydrique pour deux parties d’eau. On place dans le ballon environ 0,50 grammes de la vase à analyser préalablement desséchée à 1000, avec un volume d’eau distillée à peu près égal à celui de lacide de l’entonnoir, on fait passer pendant dix minutes un courant d'acide carbonique par la tubulure et l’on pèse, on laisse écouler goutte à goutte l'acide chlorhydrique dans le ballon en observant si toute effervescence à cessé avant d'ajouter les dernières portions d'acide; on met de nouveau en communication avec l’appareil dégageant de l'acide carbonique, on pèse une seconde fois et la perte de poids correspond à l’acide carbonique contenu dans l’échantillon de vase et que, dans les calculs, on suppose provenir uniquement de la décomposition du carbonate de chaux.
Dosage du fer, de l’alumine, de la chaux et de la magnésie. — On prend 10 grammes de vase qu’on attaque par de l’acide chlorhydrique à 20 p. 100 en ayant soin d'opérer dans un ballon rempli d’un gaz inerte, d'acide carbonique lavé, par exemple, afin d'éviter de peroxyder le fer. On porte à l’ébullition pendant dix minutes, on filtre, on étend d’eau distillée récemment bouillie jusqu’à faire un volume de 250 ou 500 emcb, selon la quantité de matière qui a été dissoute.
On prend de cette liqueur trois portions de 50 cmch chacune ; lune servira à doser le fer à l’état de sesquioxyde, la seconde permettra de connaître la proportion de protoxyde de fer, la troisième laissera doser la somme du fer et de l’alumine, la chaux et la magnésie.
Dosage du peroxyde de fer. — «. On ne peut employer le procédé par le permanganate de potasse qui présente des irrégularités avec l’acide chlorhydrique. Si l’on attaquait la vase par l'acide sulfurique, les quantités de fer trouvées ne seraient plus comparables avec les résultats de l'analyse y puisque Pattaque d’un même corps par l’acide sulfurique et par l'acide chlorhydrique est différente. On fera pour ce motif usage du procédé par le protochlorure d’étain ?.
On dose d’abord le peroxyde de fer seul en le ramenant à l’état de protoxyde par le protochlorure d’étain et en déterminant la quantité de cet agent réducteur employé. Dans la portion £ de la liqueur, on fera passer tout le fer à l’état de protoxyde par le chlorate de potasse et on le ramènera de nouveau à l’état de protoxyde comme précédemment par le protochlorure d’étain. Ces deux déterminations permettront d'obtenir isolément les proportions de protoxyde et de peroxyde de fer contenues dans la matière attaquée.
On a préparé les solutions suivantes :
Une solution de perchlorure de fer d’une force connue. On l’obtient en dissolvant 10,04 grammes de fil fin de clavecin correspondant à 10 grammes de fer pur au moyen d’acide chlorhydrique dans un ballon à long col incliné; on oxyde la solution en y ajoutant du chlorate de polasse jusqu’à ce qu’à chaud on sente encore l’odeur du chlore; on chasse complètement le chlore par une douce ébullition suffisamment prolongée et l’on étend d’eau pour faire un litre.
Une solution limpide de protochlorure d’étain en attaquant de Pétain pur à chaud par lacide chlorhydrique de densité 1,12 (25 p. 100) jusqu’à ce qu’il ne se dégage plus d'hydrogène avec un excès d’étain non dissous; on filtre, on additionne de trois volumes d'acide chlorhydrique et de six volumes d’eau, on conserve à l’abri de l’air dans un flacon à l’émeri contenant de l’acide carbonique. Le degré de la concentration doit être tel que un volume puisse réduire
! Voy. Frésénius, Traité d'analyse quantitative, p. 242.
deux volumes de la solution de perchlorure de fer. Il faut remarquer que le titre ne se conserve pas et qu'il convient de le vérifier lorsqu'il s’est écoulé un certain temps depuis le dernier dosage.
Une dissolution d’iode dans l’iodure de potassium contenant 0,01 g environ d'iode par centimètre cube. Il est inuüle de connaître exactement la force de cette liqueur.
On mesure 2 cmcb de la solution de protochlorure d’étain; on ajoute un peu d’empois d’amidon, 5 emcb d’eau, puis de la solution d’iode jusqu’à ce que la liqueur prenne une couleur bleue permanente ; on note la quantité employée. Pour 1 emcb de protochlorure d’étain, il faudra environ 5 cemcb de la solution d’iode.
On mesure 50 cmcb de la disssolution de perchlorure de fer, on verse dans un ballon, on ajoute un peu d’acide chlorhydrique, on porte à l’ébullition et, pendant cette ébullition même, on ajoute du protochlorure d’étain contenu dans une burette graduée jusqu’à décoloration de la liqueur. On refroidit le ballon, on ajoute de lempois d’amidon puis, avec une burette, de la dissolution d’iode jusqu'à coloration bleue permanente ; la quantité d’iode donne, d’après les rapports trouvés précédemment, la quantité de protochlorure d’étain en excès. En retranchant cette dernière des centimètres cubes versés dans la solution de perchlorure, on sait combien il faut de centimètres cubes de solution de protochlorure d’étain pour transformer 0,5 g de fer de peroxyde en protoxyde. |
Maintenant que la valeur chimique du protochlorure d’'étain est connue, on s'en sert pour déterminer la quantité inconnue de peroxyde de fer contenue dans la solution chlorhydrique de vase dont on a pris 0 cmcb. On opère absolument comme pour le titrage de la solution de protochlorure d’étain.
6. On prend de nouveau 50 cmcb de la solution chlorhydrique de vase, on peroxyde le fer par addition de chlorate de potasse, on dose la quantité totale de peroxyde de fer comme ci-dessus. La différence avec l'analyse précédente permet de calculer les proportions respectives de protoxyde et de peroxyde de fer.
y. Dans la troisième portion de 50 emcb de la solution chlorhydrique de vase, on dose en même temps par l’ammoniaque, la somme du fer et de l’alumine, et comme on sait déjà la quantité de fer, une simple soustraction permet d’avoir le poids de l’alumine.