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Les individus de la seconde sous-famille ont plusieurs chambres ; on les divise en Globigérines, Textulaires et Rotalines.
Les Globigérines (Globigerina bulloïdes) diffèrent aussi beaucoup d'aspect selon qu’elles sont vivantes ou mortes. Vivantes (fig. 37), elles ont une enveloppe claire et transparente et les pores qui la traversent sont encadrés d’une crête hexagonale. À chaque angle de l'hexagone, la crête donne naissance à une délicate épine flexible d’une substance calcaire qui atteint souvent en longueur quatre ou cinq fois le diamètre de la coquille. L'intérieur des cellules est entièrement rempli de sarcode granulé couleur orange. Il est assez rare de pouvoir observer les spicules autrement qu’en tronçons encore attachés à la coquille car le filet qui les ramène les brise presque toujours. Jamais, au contraire, On n’a vu ces appendices aux foraminifères morts (fig. 38) trouvés au fond de la mer ; leur test est lisse et il n'existe plus de traces de la crête qui entourait les pores.
L'ordre des Héliozoaires comprend des rhizopodes d’eau douce pourvus fréquemment de vacuoles pulsatiles, d’un ou plus rarement de plusieurs noyaux et parfois d’un squelette siliceux rayonné.
Les Radiolaires diffèrent des foraminifères en ce que le sarcode est soutenu par une charpente en silice d’une extrême délicatesse. Ce squelette, à disposition radiaire, consiste tantôt en petits spicules isolés ou unis entre eux et formant alors une sorte de lacis, tantôt partant du centre et se composant de piquants qui rayonnent au dehors. Parfois 1l existe entre ces piquants des spicules disposés concentriquement ; dans les Polycystines (fig. 39) le squelette consiste en un test treillagé de forme variée. Les Radiolaires sont tous marins et se partagent en trois groupes : les Thalassicolles dépourvus de squelette ou n’ayant
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que des spicules siliceux autour de la capsule centrale, les Polycystines dont le test est treillagé et les Acantomètres qui n’ont pas de test et dont les piquants partent, comme des rayons, de la partie centrale du corps.
Un même coup de sonde donné par le Challenger, et ayant rencontré le fond par 8184 mètres, a ramené un grand nombre d’échan-
Fig. 40. Fig. 41.
tillons des individus représentés, de Xiphacantha (fig. 40) et de Haliomma (fig. 41).
Les Éponges sont des zoophytes de la classe des Spongiaires. Leur corps est formé par une masse parenchymateuse de cellules amiboïdes et est creusé, à l’intérieur, d’un système de canaux plus ou moins compliqué. On y trouve une charpente solide, constituée tantôt par une substance organique, tantôt par des spicules calcaires ou siliceux. Les spicules calcaires (fig. 42) sont simples ou bien présentent trois ou quatre rayons, comme on le voit sur les spicules calcaires de Sycons. Les spicules sili-
ceux, au contraire, offrent la plus D grande diversité. Tantôt ils constituent des fibres réunies en char-
ie pente, tantôt des corps isolés pourvus le plus souvent d’un filament ou d’un canal central simple ou ramifié; tantôt 1ls revêtent la forme d’aiguilles, de fuseaux, de crochets, d’ancres, de cylindres et ils peuvent atteindre une lon-
Fig. 42.
gueur considérable. La figure 43 montre ces spicules: 4, spicule de Spongilla dans l’intérieur de la cellule; b, amphidisque d’une gemmule de Spongilla; c, ancre d’Ancorina; d, crochets siliceux d’Esperia; e, étoile de Chondrilla; f, g, h, 1, différentes formes de spicules d’Euplectella aspergillum :.
Les Ptéropodes sont des mollusques céphalophores. Ils possèdent des nageoires en forme d’ailes développées sur les côtés du cou ; leur corps est tantôt nu et tantôt revêtu d’une coquille transparente irès mince et très fragile dans laquelle l'animal peut se retirer ; ils ont les sexes réunis; leurs œufs agglutinés par une matière albumineuse, flottent en longs cordons à la surface de la mer. Tous les ptéropodes sont des animaux pélagiques de petite taille, habitant la haute mer dans toutes les zones et sous toutes lés latitudes ; ils sont souvent réunis en bancs considérables et se meuvent au moyen de leurs ailes natatoires qu’ils agitent avec une extrême rapidité.
La classe des Ptéropodes se divise en deux ordres, les Gymnosomes dépourvus de coquille et les Thécosomes ayant une coquille
? Voy. J. Thoulet, Analyse de spicules d'éponges siliceuses recueillies dans les dragages du « Talisman », Comptes rendus de l'Académie des sciences, XCVIIE, 100, et Bulletin de la Société minéralogique de France, VII, 447, 4884.
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calcaire. Les coquilles les plus communes sont celles de Cleodora, Cavolinia, Creseis, etc. Le nombre des espèces vivantes de ptéropodes est peu considérable mais celui des Imdividus est immense.
Les zoologistes ont longtemps discuté ! la question de savoir si les foraminifères vivent uniquement à la surface de l’eau, c’est-à-dire sont pélagiques, leurs débris tombant après leur mort dans les profondeurs, ou s'ils vivent aussi bien à la surface qu’au fond et, dans ce dernier cas, s'ils peuvent vivre seulement jusqu’à une profondeur déterminée ou à toutes les profondeurs. Il est certain qu’on ne trouve pas leurs débris calcaires au-dessous de 4 500 mètres.
Forbes, qui s’occupa le premier de la distribution bathymétrique des êtres marins, confinait la vie océanique dans une zone dont l'épaisseur ne dépassait pas 400 mètres. Il se basait sur l’augmentation de pression et sur la disparition de la lumière en profondeur. Le premier motif n’a point d'importance car si la pression est considérable, comme elle s’exerce en même temps à l’extérieur et à l’intérieur des organismes et par l’intermédiaire d’un fluide presque incompressible qui est l’eau, ceux-ci n’en sont point incommodés. Le second motif est plus sérieux et l’absence de lumière met en effet une limite au développement de la flore ; à 50 mètres sous la surface règne déjà une sorte de crépuscule qui, à 200 mètres, fait place à d’épaisses ténèbres ; il en résulte que les végétaux deviennent rares à 100 mètres et disparaissent complètement vers 400 mètres.
Cependant on a trouvé des animaux à toutes les profondeurs, invertébrés et vertébrés. Leur nombre diminue, il est vrai, à mesure que la profondeur augmente. Les nouvelles expéditions ont démontré que les poissons secrétaient une matière phosphorescente qui répandait une lueur autour d’eux et guidait leurs mouvements. Les animaux inférieurs se nourrissent de la matière organique contenue dans l'eau de mer, leur coquille se développe aux dépens des sels en dissolution et ils servent à leur tour de nourriture aux êtres plus élevés en organisation.
‘ Pour de plus amples détails sur ce sujet, voir : Dr Wallich, The North-Allantic sea bed; Preliminary Report by D' Carpenter (Proceedings of the Roy. Soc. n° 407, 4868). Deep sea Explorations, a lecture by Gwynn Jeffreys. On trouvera aussi d’excellentes informations et de nombreux dessins dans Expédition du Challenger, d’après Nature anglaise. Nature, 4876, 2e semestre, p. 161-178.
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La question d’habitabilité dans les profondeurs prend un grand intérêt à cause des foraminifères des dépôts sous-marins. Ehrenberg croyait que les globigérines vivent à toutes les profondeurs et son opinion fut partagée par Carpenter, Wallich et G.-0. Sars; mais Wyville Thomson, J. Gwyn Jeffreys, Baily et John Murray ont été d’un avis contraire. Ce dernier à constaté en comparant les organismes inférieurs rapportés des profondeurs et ceux qu’on pêchait près de la surface à moins de 100 brasses que, pour un point donné, il y a toujours identité spécifique entre les foraminifères ramassés au filet et vivant dans les eaux superficielles et les dépouilles qui gisent au fond. Dans toutes les mers, depuis l'équateur jusqu'aux cercles polaires, les régions supérieures sont habitées par les globigérines; mais celles de surface, vivantes, diffèrent absolument d’aspect de celles ramenées des profondeurs et qui sont réduites à leur coquille. Tout indique donc que les globigérines et les orbulines qui offrent les mêmes caractères vivent dans les zones peu profondes et n’arrivent au fond qu’à l’état de cadavres. Il existe d’autres foraminifères qui vivent au fond et appartiennent surtout aux rhizopodes ! à coquille arénacée dont le nombre des espèces est moins considérable. On comprend qu’il soit nécessaire, lorsqu'on analyse un dépôt, de noter si les individus contenus sont pélagiques ou de fond; onen rera d’utiles conclusions relativement aux courants circulant au-dessus de la localité étudiée, et ces remarques trouveront des applications encore plus fécondes en géologie car elles serviront à expliquer la genèse et l’histoire des roches où l’on constatera la présence de foraminifères.
Les Diatomées? sont des algues microscopiques formées d’une seule cellule renfermée dans une enveloppe siliceuse rigide de la nature de l’opale et nommée frustule. La frustule, remarquable par la finesse et la variété des dessins qui la couvrent, est composée de deux valves comparables à une boîte munie de son couvercle, entre lesquelles règne une bande appelée bande connective qui divise le corpuscule en deux parties opposées. Ces algues vivent dans les eaux douces, saumâtres et salées.
* A. Renard, Loc. cit.
1 Voy. C.-G. Treuberg : Die Infusionsthierchen als vollkommene Organismen, 2 vol. in-fol., Leipzig, 4838, et Les Diatomées, par le Dr J. Pelletan, Paris, Journal de Micrographie, 1k, rue de Berne, 4888.
Les diatomées se reproduisent par fragmentation directe et par granules qui se dispersent à maturité. Leur fécondité est immense, car Ehrenberg a calculé qu’en 24 heures, les descendants d’une seule diatomée atteignent près de 1 million ; en 4 jours 140 millions, c’està-dire qu'ils formeraient une masse totale d'environ 2 pieds cubes. Leur petitesse est telle qu'on peut en aligner 10000 sur un pouce de longueur et il n'en faut pas moins de 1111500 pour peser 1 gramme. Néanmoins, les diatomées constituent le sol sur lequel est construite ia ville de Berlin, et l’on en trouve de vastes dépôts en Sicile, à Zante et à Oran. Ehrenberg a évalué à 64000 mètres cubes le volume de ces organismes déposés depuis un siècle dans le port de Wismar sur la mer Baltique.
Comme il arrive toujours, la petitesse est donc compensée par la fécondité. Aussi le rôle des infiniment petits est-il bien plus considérable dans la nature que celui des êtres supérieurs. La nitrification à la surface du sol, l'érosion des roches à l’air s’accomplissent par lintermédiaire d’êtres microscopiques et d’autres êtres microscopiques construisent au fond des mers, par leurs dépouilles entassées, les immenses couches sédimentaires calcaires analogues à celles qui, émergées, nous servent à bâtir nos édifices.
La matière qui incruste la carapace des diatomées contient souvent du fer, peut-être à l’état de silicate de fer.
Les diatomées peuvent vivre sans attache dans l’eau ; elles sont douées de mouvements : non seulement, comme toutes les plantes, elles se dirigent vers la lumière mais en outre elles possèdent une motilité qui semble spontanée et volontaire. Elles se rencontrent à la surface de la mer partout où la densité de l’eau salée est abaissée par de l’eau douce provenant des fleuves ou de la fonte des glaces, aussi bien dans les régions polaires que dans les mers tropicales.
Certains dépôts marins calcaires actuels ressemblent beaucoup à la craie ancienne. On y trouve, au microscope, de nombreux foraminifères, ainsi que des formes appelées Coccolithes, petits disques calcaires d'environ 0,01 mm de longueur. Huxley les a divisés en deux groupes, les discolithes ou coccolithes monodisques, sont de fines écailles circulaires ou elliptiques, concavo-convexes à couches concentriques, comme des grains de fécule. Les cyatholithes ou coccolithes amphidisques, formées de deux disques de diamètre inégal, le
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