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Cenis pour aller s’effacer graduellement en lialie. L’analyse montre l’origine terrestre de cette poussière et indique par les proportions relatives de silicates et de carbonate de chaux qu’elle est un mélange de sable abrasant et de calcaire abrasé. Les particules de ce dernier, plus légères et plus fines, varient en quantité selon la distance au centre de dispersion. Il est à remarquer que l’état d’extrême division du calcaire, lorsque celui-ci est tombé à la mer, le rend très facile à entrer en dissolution et en fait une source notable du carbonate de chaux contenu dans les eaux de l'Océan.
Les volcans projettent d’immenses quantités de matières pulvérulentes que lon retrouve dans les dépôts marins, autour des îles volcaniques. À Hawaï, par exemple, elles s'étendent jusqu'à une distance de 200 milles de terre. Comme elles sont très légères et ont été lancées à une extrême hauteur, les courants aériens supérieurs s’en emparent et les transportent à des distances considérales. Tôt ou tard elles finissent cependant par retomber à la mer où elles sont encore distribuées sur de vastes espaces par les courants. En effet, leur texture celluleuse Jeur permet de flotter longtemps et le choc répété des vagues chasse seul, lentement, l’air contenu dans les vacuoles et les fait s’enfoncer. Un fragment de ponce placé dans un tube rempli d’eau y flotte mais il descend si l’on communique au tube une série de violentes secousses. Les fragments parvenus au fond sont décomposés et dissous; ils contribuent à former l'argile rouge qui couvre le sol des océans et où l’on trouve un mélange de grains d’augite, de feldspaths et d’autres minéraux volcaniques. Ils servent aussi de centres d'attraction autour desquels s’agglomèrent l’'oxyde de fer et l’oxyde de manganèse des modules manganésiens des grandes profondeurs.
La distribution autour d’une île volcanique, de ces sédiments dont l’état d’extrême division favorise beaucoup la dissolution ou la décomposition chimique par l’eau de mer, dépend de la direction des vents dominants. Lorsque les îles sont isolées comme Hawaï ou Jan Mayen, l'aire doit certainement offrir une forme analogue aux roses de M. Brault indiquant la moyenne annuelle en fréquence et en intensité des vents soufflant sur le volcan.
L'Islande à envoyé à plusieurs reprises des cendres jusqu'en Suède ; une poussière volcanique de cette provenance, tombée sur la Suède et sur la Norvège pendant la nuit du 29 au 30 mars 1875, était,
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selon M. Daubrée, en majeure partie de la ponce en aiguilles vitreuses entremêlée de petits cristaux de pyroxène, de feldspath et de fer oxydulé; elle était rude au toucher, de couleur gris clair ou noirâtre, en grains mesurant 0,2 mm de longueur sur 0,01 mm de largeur.
Une éruption du Coseguina, volcan situé au sud de la baie Fonseca, dans l'Amérique centrale, recouvrit de cendres une superficie évaluée à 4 millions de kilomètres carrés et la masse vomie n’était pas inférieure à 50 millions de mètres cubes.
En 1815, le Tambora, dans l’île de Sumatra, distribua ses cendres sur une surface de terre et de mer supérieure à celle de Allemagne. D’après Junghuhn, la quantité totale des matières rejetées était de 318 kilomètres cubes.
L’éruption du Krakatau, en 1883, moins importante peut-être que celle du Tambora, a été admirablement étudiée par M. l'ingénieur Verbeek 1. L’aire de distribution des cendres, sous l'influence des vents de sud-est et de nord-est dominants pendant et après l’éruption, est circonscrite par une ligne de forme irrégulière qu'on peut se représenter comme le résultat de la superposition de deux ellipses ayant à peu près Krakatau pour foyer et dont les grands axes sont dirigés au nord-ouest sur une longueur de 800 milles et au sudouest sur une longueur de 1200 milles. L’aire de cette figure s’élève à 827 000 kilomètres carrés ; elle est donc plus de 32 fois celle des Pays-Bas. De très fines particules de cendres ont été transportées dans les hautes couches de atmosphère, au delà des limites de l’aire citée plus haut et ont été recueillies à près de 1600 milles marins de Krakatau ; d’autres, plus ténues, sont restées plus longtemps encore en suspension et sont arrivées mêlées à une quantité considérable de vapeur d’eau par dessus les Seychelles et l'Afrique, à Cape-Coast- Castle sur la Côte d'Or, puis à Paramaribo, Trinidad et Panama, en Amérique ; aux îles Sandwich, à Ceylan et dans l'Inde britannique. Sur tous ces points, ces poussières ont provoqué des colorations bleues et vertes du soleil et de la lune après le lever ou avant le coucher de ces astres ainsi que des lueurs d’un rouge intense; elles ont voyagé avec une vitesse moyenne de 1725 milles par jour ou
? R.-D.-M. Werbeek, Krakataw, publié par ordre de Son Excellence le gouverneur général des Indes néerlandaises, Batavia, imprimerie de l’Etat, 1886.
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71,88 milles par heure. Le volume total des matières rejetées et tombées principalement à la mer, laves et cendres, est estimé par M. Verbeek à 18 kilomètres cubes dont les deux tiers, soit 12 kilomètres cubes, à l’intérieur d’un cercle d’un rayon de 15 kilomètres autour du Krakatau et l’autre tiers, ou 6 kilomètres, en dehors de ce cercle.
L’atmosphère renferme une quantité considérable de grains de poussière dont l’origine n’est pas volcanique. M. G. Tissandier! a calculé qu'une masse d'air de 5 mètres d’épaisseur prise sur l’ensemble de la ville de Paris, ne contient pas moins de 1350 kilogrammes de matières pulvérulentes, en moyenne. Le même auteur a mesuré des grains minéraux de poussière recueillis par lui et a trouvé que leur diamètre variait entre 0,01 mm et 0,001 mm et audessous.
Pour expliquer comment ces poussières ne tombent pas immédiatement ?, on admet que leur densité, bien qu’elle soit réellement plus grande que celle de l’air, est diminuée par la couche gazeuse adhérente par capillarité à la surface des objets de très petite dimension, laquelle fait corps avec eux et les suit dans leurs mouvements : de là 1l résulte que limpulsion de l'air en mouvement les entraîne et les enlève facilement, puis elles vont se déposer dans les endroits où | l’air est calme. |
D'après M. G. Tissandier, les poussières recueillies par lui en France et particulièrement à Paris contiendraient de 25 à 34 p. 100 | de matières organiques et de 75 à 66 p. 100 de matières minérales. Une proportion aussi forte de matières organiques peut se comprendre dans une grande ville, mais il est probable que, dans les circonstances les plus ordinaires, elle doit être moindre. Néanmoins, il en existe sûrement toujours une certaine quantité et leur présence explique en partie diverses réactions chimiques s’accomplissant au sein des eaux océaniques.
Les pluies de poussière terrestre sont fréquentes sur la mer Jaune, en Chine, où elles sont constituées par les grains du lœæss de cette contrée ; c’est à elles ainsi qu'aux sédiments de même nature charriés par le fleuve Jaune que cette mer doit son nom.
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1 Gaston Tissandier, Les poussières de l'air. * Dictionnaire de Nysten par E. Littré et Ch. Robin : Poussières, in G. Tissandier,
loc. cit.
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M. Tissandier a reconnu dans l'air la présence de nombreuses particules microscopiques auxquelles il attribue une origine cosmique, en s’appuyant sur ce fait qu'elles contiennent du cobalt et du nickel ; elles offrent le plus souvent la forme de bouteilles sphériques ou un peu allongées munies d’un goulot à surface tantôt lisse, tantôt rugueuse ou mamelonnée, et elles sont attirables à l’aimant. Cependant toutes les parcelles possédant ces caractères n’ont pas la même origine et un certain nombre d’entre elles provient de la combustion de houilles pyriteuses dans les cheminées ou les foyers d'usines.
M. Daubrée a montré que les météorites abandonnaient à l’atmosphère une portion notable de leur masse à l’état de grains impalpables entraînés par pulvérisation. Enfin, M. Nordenskiüld à recueilli sur la neige du Groenland un minéral cobaltifère et nickelifère auquel il a attribué une origine cosmique. Toutes ces matières contribuent à la formation des fonds marins par leur masse accumulée pendant un temps considérable et plus ou moins modifiée.