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température, la gelée et mille causes diverses, sont entraïnés par le vent, et lorsqu'ils sont ainsi poussés violemment contre les roches en place, ils les abrasent. Cette usure ! dépend de la constitution minéralogique, de la dimension, de l’état anguleux ou arrondi des grains, de la force du vent, de la nature de la roche choquée et de son inclinaison par rapport à la direction du vent; elle est d'autant plus énergique que les grains chassés sont plus durs et la roche abrasée plus tendre et ce cas, très fréquent, se présentera lorsqu'il s'agira de calcaires choqués par une poussière quarltzeuse. Les grains quels qu'ils soient, tendres ou durs, causes ou produits de l’abrasion, sont tous ensemble encore repris par les vents; ils recommencent leur action jusqu’au moment où immobilisés par certaines circonstances telles que l'humidité des pluies et la végétation, ils donnent lieu, sur les continents, à une formation géologique éolienne appelée læss, ou bien tombent à la mer, s’y accumulent ou se dissolvent. Les dunes ont en partie la même origine.
La direction suivie par les nuées de poussière est évidemment celle des vents dominants qui balayent la région d’où elles proviennent, de sorte que la distribution de ces sédiments se relie intimement à la météorologie.
Comme il est difficile d'évaluer exactement la quantité de ces poussières qui tombent à la mer, on peut s’en faire une idée d’après l'immense étendue des surfaces continentales du læss. Ce terrain couvre, en Europe, la Belgique, le nord de la France jusqu'à la Loire, une portion de l'Allemagne, toute la région des Carpathes, la Hongrie, la Pologne, la Moravie, la Roumanie; en Amérique, les pampas de La Plata et le bassin du Mississipi. Le lœss de Chine s'étend sur une épaisseur de 450 à 600 mètres sur tout le nord de celte contrée.
IL existe des cartes montrant les aires de distribution de ces poussières au-dessus de la mer; Ehrenberg ? a dressé les premières, et un officier de la marine allemande a publié récemment quatre
1 J. Thoulet, Expériences synthétiques sur l'abrasion, Annales des Mines, marsavril, 1887.
? Ehrenberg, Passatstaub und Blutregen. Ein grosses organisches Unsichtbares Wirken und Leben in der Almosphäre, Abhandl, d. K. Akad. d. Wiss. zu Berlin, 4847,
* Dinklage, Die Staubfalle im Passatgebiet des Nordatlantischen Ozeans, Ann. d. Hydrog. und marit. Meteorol., vol. XIV, 1886, p. 69 et 113. — Voy. en outre Hellmann,
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cartes relatives à l'Atlantique nord, qui montrent que les pluies les plus épaisses et les plus fréquentes tombent à l’ouest de la côte du Sahara, entre les îles du cap Vert et le cap Blanc. Darwin! affirme qu’elles obscurcissent parfois tellement l’atmosphère que des navires se perdent et se jettent à la côte. Leur couleur est rouge et elles sont chassées par les alizés du nord-est. On en a recueilli à 300 milles de terre. Du reste, le Sahara est un centre de dispersion qui envoie des poussières non seulement sur lAtlantique mais sur l'Algérie, la Méditerranée, l'Espagne, la France, l’Angleterre, l'Allemagne, le sud de la Suède, la Suisse et l'Italie. Une pluie de sable rouge?, tombée à Modica, en Sicile, en 1872, contenait 8,5 p. 100 de matière organique, du quartz, du carbonate de chaux, du feldspath, des paillettes de mica et probablement aussi de l’amphibole. M. Thoulet5 a montré que le sable du Sahara se composait des mêmes éléments. Il est regrettable que la plupart des auteurs se contentent de donner une analyse élémentaire de ces poussières au lieu d’une analyse immédiate qui indiquerait la provenance des grains ainsi que le rôle joué par eux postérieurement à leur chute.
On prétend que ces pluies sont plus fréquentes dans la région voisine du Sahara au printemps et à l’automne, c’est-à-dire de trente à soixante jours après les équinoxes ce que Maury‘ attribue au mouvement d’oscillation nord et sud de la zone des calmes équatorlaux.
Arago cite une pluie de poussière tombée les 16 et 17 octobre 1846 ayant partout où on l’a recueillie la même composition qualitative : silice, alumine, peroxyde de fer, carbonates de chaux et de magnésie, corpuscules organisés d’origine végétale et quelques infusoires. Le phénomène a commencé à la Guyane, s’est étendu sur l'État de New-York, s’est retrouvé aux Açores, est arrivé dans la France centrale et orientale, a traversé les Alpes du côté du mont
19 Ueber die auf dem Allantischen Oxean in der Hühe der Capverdischen Inseln hüufig vorkommende Staubfalle, Monatber, der K. P. Akad. d. Wissen, Berlin, 4878, p. 364.
1 Darwin, Voyage d’un naturaliste.
2 R. Comitato geologico d'Italia, 1872, p. 170, in Delesse et de Lapparent, Revu géologique, X, 198, 1873.
5 J. Thoulet, Etude minéralogique d'un sable du Sahara, Bulletin de la Société minéralogique de France, IV, 1881, 262.
# Maury, Instructions nautiques, etc., trad. Vaneechout, p. 29.
5 François Arago, Œuvres complètes, XII, p. 293.