‹ Océanographie (statique)Chapitre 92 sur 206 · C. Procédé indirect par la mesure de la densité · texte numérisé non relu

C. Procédé indirect par la mesure de la densité

A. M. Tornôüe a employé le premier procédé. On commence par introduire de 30 à 40 g d’eau dans un creuset de porcelaine épais préalablement taré et muni d’un couvercle fermant bien, on évapore au bain-marie. Si alors on se bornait à chauffer entre 150 et 180 degrés, comme l’ont conseillé divers chimistes, on ne déshydraterait pas le sulfate de magnésie qui ne se sépare de ses dernières molécules d’eau qu’au dessus de 2000, et d'autre part on sait que ce sel se décompose partiellement déjà à une température très inférieure à 2000. Il est donc nécessaire, lorsque l’eau est convenablement éva-

SALINITHÉ. 293

porée et les sels bien desséchés, de chauffer fortement le creuset fermé, pendant 5 minutes, sur un brûleur de Bunsen. On laisse refroidir et on pèse. La proportion de magnésie mise en liberté par la décomposition du chlorure de magnésium se détermine alors par le procédé alcalimétrique connu, en traitant par une solution type très étendue d’acide sulfurique ou d'acide chlorhydrique et en titrant ensuite par une solution de soude avec de l'acide rosolique comme réactif coloré. Il trouve que, pour cette correction, il suffit d’ajouter au poids du sel calciné 1,375 fois le poids de la maguésie libre déterminé par titration.

En procédant ainsi, M. Tornde à trouvé que même après une ealcination prolongée bien au delà qu'il n’est nécessaire pour obtenir un sel parfaitement exempt d’eau, aucune erreur sérieuse ne peut provenir de la volatilisation du chlorure de magnésium ou de la décomposition du sulfate de magnésie. Néanmoins M. Dittmar pense que la méthode exagère quelque peu la quantité totale de sel.

B. On peut évaluer la quantité totale des sels contenus dans l’eau de mer, en déterminant le poids de chlore présent dans un poids connu d’eau. En effet, le chlore est Pélément qui s’y rencontre en plus grande quantité et son dosage s'exécute avec facilité et précision. Forchhammer, qui a le premier appliqué cette méthode, a désigné sous le nom de coefficient du chlore le rapport entre la somme de tous les sels composants et le poids de chlore trouvé par kilog d’eau de telle sorte que

Poids total des sels

7 poids de chlore = coeflicient du eblore = }

Ses analyses lui ont donné comme valeur moyenne du coefficient du chlore, pour l'Océan tout entier, la valeur 1,807. M. Dittmar, en se basant sur les résultats de 77 analyses complètes exécutées par lui, admet le chiffre 1,8058 avec une incertitude appliquée à un

échantillon quelconque, pris au hasard, d'environ +

valeur ou + 0,002.

Le poids du chlore permet mème d'estimer la proportion relative de chaque sel : en effet, si l’on admet que ceux-ci se trouvent dans l’eau de mer sous la forme des combinaisons et dans les proportions suivantes :

, de s:

ser MUC ISd 55,49

Chlorure de sodium....,....... 71,158 Chlorure de magnésium......... 10,878 Sulfate de masnésie... ...L0 4,737 Sulfate de CRAN. LR TRNE 3,600 Sulfate de DOIASSe ee FRE 2,465 Bromure de magnésium......... (DEA 17 Carbonate! de chaux... ........ 0,345

on aura comme composition élémentaire en retranchant l’oxygène correspondant aux sels de soude et de magnésium dosés comme soude et magnésie alors qu’ils sont réellement à l’état de chlorure de sodium et de magnésium :

LCHIOTE TR MT ne ERr 99,292 BTOME LL. MA ORNE ENNIeN ER EN à 0,188 Acidersulfurique SO... 000 6,410 Acideicarbonique COR" "0 MOn0:152 ChauAC NO NRA EN nt Re 4,676 Macnesie Mo ONE RIRE 6,209 Potasse ROHAN CAS MINUTE Se 1,332 Soude INTO RE A Me ne 41,234

112,493 OXVO NE ÉAUMAMMN Le ARR NN ES 12,493

ou bien, ramené à 100 de chlore :

CNTO TER APR nu ae Le ne 100,000 AGIT RSUDrIqQUeE PAPIER ELU 11,576 Chante he nsn a At Ale te 3,053 MAONÉSIE NA RARE SAMU AE 115219 BOIASS EL Er nee EE GATE 2,405 SOU HAE RTE 74,760

203,006 Oxysene eh AUS UNE TE ER 29,561

Les chiffres de M. Dittmar diffèrent très peu de ceux de Forchhammer; ils méritent cependant plus de confiance que ces derniers à cause des perfectionnements apportés aux méthodes de dosage el parce que les échantillons, ainsi que nous l’avons expliqué, ont été recueillis avec plus de précaution par le Challenger.

C. M. Tornôe, après avoir dosé le poids total Q des sels par calci-

nation, ainsi qu'il a été dit précédemment, constate lui aussi, lexactitude très approchée de la formule empirique :

Poids total des sels

bo de ET à coefficient de chlore = ;,

ou

Il dose le chlore C par le procédé de Mohr à l’aide d’une solution d’azotate d’argent préalablement titrée sur un échantillon d’eau de mer type de composition connue, conservé dans le laboratoire et en se servant du chromate de potasse pour manifester la fin de la précipitation.

D'autre part, après avoir pris le poids spécifique S17,5 * de l’eau

17.5 de mer soumise à l’expérience, ramenée à la température normale de

170,5 et par rapport à l'unité de volume d’eau distillée à 170,5, il reconnaît l'exactitude très approchée de la seconde formule empirique :

Poids total des sels

Pod hectme te coefficient de poids spécifique = K,

ou

Pour donner une idée de l’approximation obtenue, nous citerons les deux tableaux suivants tels qu'ils résultent des expériences de M. Tornôe :

C rour 100, Q rour 100.

# 1705 C— 140 Re 6305 F.

Pour la seconde formule, on a :

Q pour 100.

Résumant ces tableaux, M. Tornôe admet pour x et K les valeurs

Coefficient de chlore = y — 1,809 Æ 0,00076,

avec une erreur probable de + 0,002 pour une seule détermination et Coefficient de poids spécifique = K = 131,9 Æ 0,058,

avec une erreur probable de Æ 0,15 pour une seule détermination. La formule

est d’un usage général pour obtenir rapidement, quoique d’une manière approchée, la quantité de sel contenue dans une eau de mer par une simple mesure à l’aréomètre. Elle a servi à M. G. Karsten! pour calculer ses tables, mais il ne faut pas oublier que l’échantillon doit être ramené à la température de 170,5. L’auteur a dressé ses tables par rapport à S:7.5; les valeurs de la colonne S17.5 ont été

17.5 4 calculées en multipliant celles de la première par le coefficient

constant 0 — (0,998740.

1 (G. Karsten, Tafeln zur Berechnung dér Béobachtungen an den Küsten-Slationen und zur Verwandlung der angewendeten Maasse in metrisches Maase, Kiel Universitäts- Buchhandlung 1874.

Tableau donnant la quantité Q de sel pour 100 correspondant .à divers poids spécifiques S ;- 4 de l’eau de mer.

Page 1