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DOSAGE DES GAZ CONTENUS DANS L'EAU DE MER

Historique. Méthode de Jacobsen. — Dès 1858, Frémy analyse les échantillons d’eau rapportés plus d’un an auparavant par la Bonite’. Il chasse les gaz par l’ébullition, absorbe l’acide carbonique au moyen d’une lessive de potasse et brûle l’oxygène par le

! Comptes rendus de l’Académie des sciences, t. VE, p. 616. :

phosphore. Ses résultats sont erronés par suite du mauvais état de conservation des échantillons.

En 1843, Morren ! récolte de l’eau de surface à Saint-Malo, l’apporte à Rennes, la fait bouillir, recueilie les gaz ainsi dégagés sur de l’eau, absorbe l'acide carbonique par une lessive de potasse et brûle l'oxygène par un excès d'hydrogène. Ses résultats sont encore inexacts à cause du transport auquel les échantillons ont été soumis et par suite de l'erreur inhérente à toute analyse endiométrique exécutée sur de l'eau.

L'expédition du Porcupine en 1869° pose en principe que toute analyse de gaz doit être faite à bord ct immédiatement ; on porte l’eau à l’ébullition puis on absorbe l’acide carbonique par la potasse et l'oxygène par l’acide pyrogallique. Les chiffres obtenus sont considérés comme erronés par les chimistes du Porcupine à cause des défectuosités de l’appareil qui avait servi pour récolter les échantillons.

Jacobsen, membre de l'expédition allemande pour l'étude de la Baltique en 1871 et 1872, adopta la méthode d'analyse suivante 8. Il divise l’opération en deux parties; il recueille les gaz en faisant bouillir Péchantillon à bord immédiatement après la récolte, mais il n’exécute l’analyse complète qu’au retour, dans le laboratoire. Les échantillons sont recueillis avec la bouteille de Mayer. Pour chasser les gaz, Jacobsen emploie la méthode de Bunsen et imagine, en collaboration avec le D' H. Behrens, un appareil dont l’exactitude ne laisse rien à désirer.

Un support f en métal (fig. 60) maintient bien serré par une vis e un tube étranglé en g eten h, raccordé par lintermédiaire d’un tube en caoutchouc avec une boule & terminée inférieurement par un tube cylindrique portant

Fig. 60,

! Ann. chim. et phys., 3° série, t. XIE, p. 5.

* Proc. Roy. Soc., 18, p. 397.

* Ann. Chem. Pharm., 487, p. 4 ; Jahresbericht der Commission zur Wissenschaft lichen Untersuchung der deutschen Meere in Kiel, 1872-73, p. 43.

une ouverture latérale € et qui passe à frottement dur dans le bouchon de caoutchouc d. Ce bouchon ferme très exactement le col d’un ballon de 500 à 1000 emcb de capacité environ. Le volume de ampoule & est calculé de manière à contenir au moins deux fois la quantité de liquide résultant de la dilatation à 1000 de l’eau remplissant le ballon.

On commence par soulever f jusqu'à ce que l'ouverture € soit obturée par le bouchon d et on remplit à moitié d’eau douce lPampoule 4. On remplit ensuite directement le ballon à la bouteille qui a récolté l’eau dans les profondeurs en laissant couler assez d’eau pour qu'il s’en échappe une notable portion par le col et on a soin d'éviter

tout contact avec l’air en faisant descendre l’eau de la bouteille jus-

qu'au fond du ballon avec un tube en caoutchouc. On ferme le ballon avec le bouchon 4 sans enfermer de bulle d’air et on relève un peu encore f afin de produire un léger vide que viendra remplir l’eau du ballon si elle se dilate sous l’influence de la température extérieure. On chauffe l’ampoule avec une lampe à alcool, l’eau entre en ébullition, la vapeur remplit le tube b et s’échappe. Lorsque l’opération a duré assez longtemps pour que tout l’air soit chassé de b et remplacé par de la vapeur d’eau, on donne un coup de chalumeau en g pour le fermer hermétiquement d’un côté. On enfonce alors le système soutenu par f dans le ballon, de manière que l’ouverture e sorte du bouchon et mette ainsi en communication l’eau du ballon et celle de l’ampoule. On chauffe le ballon au bain-marie, on le fait bouillir vivement ce qui n’exige qu'une température considérablement inférieure à 1000. Les gaz se dégagent et montent se réunir en b. Quand l'opération a été suffisamment prolongée, c’est-à-dire au bout d’une heure ou deux, on donne un second coup de chalumeau en h et le tube b, hermétiquement clos, est conservé pour l'analyse subséquente des gaz contenus que Jacobsen exécutait en absorbant l’acide carbonique par la potasse et en brülant l'oxygène par un excès d’hydrogène. Le résidu, déduction faite de l'excès d'hydrogène non brûlé, était de l'azote.

M. Buchanan, chimiste du Challenger, a employé la méthode de Jacobsen et il en a été de même des chimistes du Vôüringen avec cette différence que les échantillons étaient recueillis par ces derniers avec la bouteille de Wille qui dès le début a permis de constater qu’aucune bulle d'air ne se dégageait en ramenant l’eau à la surface.

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