‹ Ode à mon âme [microforme]Chapitre 1 sur 2 · OO D EH · texte numérisé non relu

OO D EH

Souffle de vie, à pure flamme !

Astre divin qu'on nomme l'âme, Douce image de l'Eternel !

Quitte ce corps faible et fragile Que Dieu forma d’un.peu d'argile, Que le péché rendit mortel !

lu trembles ! mais pourquoi ces craintes, Ces soupirs, ces amères plaintes,

Ce chagrin, ce cuisant regret ?

L'âme souffrant daus le silence

S’épure par la pénitence,

Comme l'or au brûlant creuset,

Je le sais, mon âme captive,

Tu fus prompte, volage,-active, Et tu te plus en tes désirs :

Tu profitas de ma faiblesse

Pour t’endormir dans la mollesse, Pour ne rêver que vains plaisirs.

Dans cette espérance paisible,

Tu te crus puissante, invincible,

Et ce fut là ton propre -écueil :

En n’écoutant que ton caprice,

Tu te fis prendre à l’artifice

De ce monde où tout n’est qu'orgueil.

A de

Mais bientôt, lasse à'espérance, Ne rêvas-tu pas par avance

La paix, la douce paix du ciel, Que possède l'âme ravie,

Dans la splendeur de l’autre vie, Loin d’un monde matériel ?

Heureuse l’âme qui se lasse

D'un bonheur qui pour elle passe,

Et ne dure qu’un seul moment !

Un prompt remords souvent fait place Au riant plaisir qui s’efface,

Comme l'éclair au firmament.

Ne vis-lu pas, dans ce heau rêve, Qu'’ici-bas une âme s'élève

En criant pitié vers son Dieu !

Et, dans ta douleur légitime,

Tu crus voir le brülant abime, Ta profonde cité de feu !

Loin de la sagesse profane,

Où la blancheur du lis se fane, Où le bien même est vanité ; Loin d’une plage froide et nue, Là-haut brille, à travers la nue, L'’éternelle félicité !

Contrite et pleurant sur toi-mèmre, Ne vis-tu pas ton mal extrême, L’énormité de ton malheur, L'heure, le besoin et l’urgence

De faire avec moi pénitence

Aux pieds d’un prêtre du Seigneur.

Rassure-toi, sois confiante :

La prière est toute-puissante..…….

À nos maux Dieu sait compatir !

Brise ta chaîne.…..,.Dieu pardonne.

Monte recevoir la couronne

Qu'il a promise au repentir.

se

Le repentir, c'est cette voie

Où le cœur s'ouvre dans la joie, A la clarté d’un jour serein ; C'est la bienfaisante rosée Descendant sur l’âme épuisée, Sous le poids d’un amer chagrin !

Que de fois à la sainte table, Tu reçus le Pain délectable, Le Pain du mystère d'amour !

Cette céleste nourriture

Te rendit, à mon âme, pure Et digne du divin séjour !

Vole vers Dieu, vole sans crainte ; Sur toi coule encor l’huile sainte, L'huile du suprème pardon.

Le Saint Chrème dans l’âme efface La dernière de toute trace

Du mal que lui fit le démon.

Qu'attends-tu ? dis-moi, qui t’arrète ?

N'es-tu pas à cette heure prète

À laisser ce lieu de tourment ?

Douce amie, âme pénitente,

Hâte-toi, le Ciel dans l’attente

Se réjouit en ce moment.

Enoute !...... Ton ange t'appelle —

‘“ Toi, ma sœur, maintenant si belle,

‘“ Viens, entre pour jamais au port.

‘“ Semblable à la feuille qui tombe,

‘ Ton corps descendra dans la tombe ; ‘“ Mais toi, tu vivras par sa mort.

‘ Détache-toi de son étreinte ;

‘ Viens goûter dans la cité sainte

‘# Un bonheur qui ne finit pas:

‘ Ce bonheur sere sans mélange ;

‘“ Ne crains rien, je suis ton bon ange ; ‘“ Au ciel je guiderai tes pas. ””

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