LIVRE IV, ODE IV
ODE QUATRIEME
In urbi omoe mortalium genus ris pestilentiae depopulabatur, nulla cœli intempérie, qna occurreret o eu lis. Sed domus corporibus exanirais, itinera funeribus complebantnr; non sexus, non aetas periculo vacua.
Tacitk.
Dans la ville, la peste dévorait tout ce qui meurt ; aucun nnage dans le ciel ne s'offrait aux yeux ; mais les maisons étaient pleines de corps, sans rie, les voies de funérailles. Ni le sexe ni l'âge n'étaient exempts du péril.
Je rends grâce au Seigneur : il m'a donné la vie! La vie est chère à l'homme, entre les dons du ciel ; Nous bénissons toujours le Dieu qui nous convie
Au banquet d'absinthe et de miel.
Un nœud de fleurs se mêle aux fers qui nous enlacent;
Pour vieillir parmi ceux qui passent ,
Tout homme est content de souffrir; L'éclat du jour nous plaît ; l'air des cieux nous enivre. Je rends grâce au Seigneur : — c'est le bonheur de vivre
Qui fait la gloire de mourir !
Malheureux le mortel qui meurt, triste victime,
Sans qu'un frère sauvé vive par son trépas ,
Sans refermer sur lui , comme un Romain sublime ,
Le gouffre où se perdent ses pas !
Infortuné le peuple , en proie à Tanathème,
Qui voit , se consumant lui-même ,
Périr son nom .et son orgueil , Sans que toute la terre à sa chute s'incline , Sans qu'un beau souvenir reste sur sa ruine ,
Comme un flambeau sur un cercueil !
Quand Dietf , las de forfaits , se lève en sa colère , Il suscite un fléau formidable aux cités , Qui laisse après sa fuite un effroi séculaire
Aux murs longtemps inhabités.
D'un vil germe , ignoré des peuples en démence ,
Un Géant pâle , un Spectre immense
Sort et grandit au milieu d'eux ; Et la Ville veut fuir, mais le Monstre fidèle , Gomme un horrible époux, la couvre de son aile,
Et 1 etreint dans ses bras hideux !
Le peuple en foule alors sous le mal qui fermente , Tombe, ainsi qu'en nos champs laneige aux blancs flocons ; Tout succombe, et partout la mort qui s'alimente
Renaît des cadavres féconds. ,
Le Monstre l'une à l'autre enchaîne ses victimes;
Il les traîne aux mêmes abîmes ;
Il se repaît de leurs lambeaux; Et parmi les bûchers, le deuil et les décombres.