‹ Odes et ballades (volume 2)Chapitre 109 sur 216 · LIVRE IV, ODE VI. 47U · texte numérisé non relu

LIVRE IV, ODE VI. 47U

Où sont de plus sacrés vestiges, Des monuments plus éternels, Une tombe pleine de vie, Et Jérusalem asservie Qu'un pacha foule sans remord y Et le Bédouin , fils, du Numide , Et Cartbage, et la Pyramide, Tente immobile de la mort !

Enfin, au foyer de tes pères, Tu vins , rapportant pour trésor Tes maux aux rives étrangères, Et les hautes leçons du sort.

Tu déposas ta douce lyre :

Dès lors, la raison qui t'inspire Au Sénat parla par ta voix; Et la Liberté rassurée Confia sa cause sacrée A ton bras, défenseur des Rois.

Dans cette arène où Ton t'admire, Sois fier d'avoir tant combattu , Honoré du double martyre Du génie et de la vertu.

Poursuis , remplis notre espérance ; Sers ton prince, éclaire la France Dont les destins vont s'accomplir.

L'Anarchie, altière et servile, Pâlit devant ton front tranquille Qu'un tyran n'a point fait pâlir.

Que l'Envie, aux pervers unie,

Te poursuive de ses clameurs , Ton noble essor, fils du Génie , T'enlève à ces vaines rumeurs.

Tel l'oiseau du cap des tempêtes Voit les nuages sur nos têtes Rouler leurs flots séditieux ; Pour lui , loin des bruits de la terre , Bercé par son vol solitaire , Il va s'endormir dans les cieux !

Juin 4820.

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