‹ Odes et ballades (volume 2)Chapitre 113 sur 216 · LIVRE IV, ODE VIII · texte numérisé non relu

LIVRE IV, ODE VIII

« Aux bords du Tibre, aux monts qui vomissent les laves,

J'ai des jardins délicieux ; Mes domaines, partout couverts de mes esclaves, Fatiguent mes coursiers , importunent mes yeux !

« Je vois les grands me craindre et César me sourire ;

Je protège les suppliants ; J'ai des pavés de marbre et dts bains de porphyre; Mon char est salue d'un peuple de clients.

« Je m'ennuie au forum , je m'ennuie aux arènes ;

Je demande à tous : « Que fait-on ? »

Je fais jeter par jour un esclave aux murènes } Et je m'amuse à peine à ce jeu de Caton.

« Les femmes de l'Europe et celles de l'Asie Touchent peu mon cœur déjà mort ; Dans une coupe d'or l'ennui me rassasie , • Et le pauvre qui pleure est jaloux de mon sort !

« D'implacables faveurs me poursuivant sans cesse ,

Vous m'avez flétri dans ma fleur , Dieux! donnez l'espérance à ma froide jeunesse; Je vous rends tous ces biens pour un peu de bonheur. »

Dans le temple , traînant sa langueur opulente , Ainsi parlait Celsus de sa couche indolente ; Il blasphémait ses dieux ; et bénissant le ciel , Un martyr expirait devant l'impur autel!

ODE NEUVIÈME

Je ne sais quel destin trouble l'esprit des mortels : semblables à des cylindres, ils roulent çà et là accablés d'une infinité de maux.... Mais prends courage, la race des hommes est divine; lorsque, dépouillé de ton corps; ta t'élèveras dans les régions éthérées, la mort n'aura plus sur toi de pouvoir, tu seras un dieu immortel et incorruptible.

Fers dorés de Pjrtkagore.

Fils du ciel , je fuirai les honneurs de la terre ; Dans mon abaissement je mettrai mon orgueil ; Je suis le roi banni, superbe et solitaire,

Qui veut le trône ou le cercueil ; t .

Je hais le bruit du monde, et je crains sa poussière.

La retraite, paisible et Hère,

Réclame un cœur indépendant ; Je ne veux point d'esclave et ne veux point de maître ; Laissez-moi rêver seul au désert de mon être : —

J'y cherche le buisson ardent.

Toi, qu'aux douleurs de l'homme un Dieu caché convie, Compagne sous les cieux de l'humble humanité., Passagère immortelle, esclave de la vie,

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