LIVRE IV, ODE VIII
« Aux bords du Tibre, aux monts qui vomissent les laves,
J'ai des jardins délicieux ; Mes domaines, partout couverts de mes esclaves, Fatiguent mes coursiers , importunent mes yeux !
« Je vois les grands me craindre et César me sourire ;
Je protège les suppliants ; J'ai des pavés de marbre et dts bains de porphyre; Mon char est salue d'un peuple de clients.
« Je m'ennuie au forum , je m'ennuie aux arènes ;
Je demande à tous : « Que fait-on ? »
Je fais jeter par jour un esclave aux murènes } Et je m'amuse à peine à ce jeu de Caton.
« Les femmes de l'Europe et celles de l'Asie Touchent peu mon cœur déjà mort ; Dans une coupe d'or l'ennui me rassasie , • Et le pauvre qui pleure est jaloux de mon sort !
« D'implacables faveurs me poursuivant sans cesse ,
Vous m'avez flétri dans ma fleur , Dieux! donnez l'espérance à ma froide jeunesse; Je vous rends tous ces biens pour un peu de bonheur. »
Dans le temple , traînant sa langueur opulente , Ainsi parlait Celsus de sa couche indolente ; Il blasphémait ses dieux ; et bénissant le ciel , Un martyr expirait devant l'impur autel!
ODE NEUVIÈME
Je ne sais quel destin trouble l'esprit des mortels : semblables à des cylindres, ils roulent çà et là accablés d'une infinité de maux.... Mais prends courage, la race des hommes est divine; lorsque, dépouillé de ton corps; ta t'élèveras dans les régions éthérées, la mort n'aura plus sur toi de pouvoir, tu seras un dieu immortel et incorruptible.
Fers dorés de Pjrtkagore.
Fils du ciel , je fuirai les honneurs de la terre ; Dans mon abaissement je mettrai mon orgueil ; Je suis le roi banni, superbe et solitaire,
Qui veut le trône ou le cercueil ; t .
Je hais le bruit du monde, et je crains sa poussière.
La retraite, paisible et Hère,
Réclame un cœur indépendant ; Je ne veux point d'esclave et ne veux point de maître ; Laissez-moi rêver seul au désert de mon être : —
J'y cherche le buisson ardent.
Toi, qu'aux douleurs de l'homme un Dieu caché convie, Compagne sous les cieux de l'humble humanité., Passagère immortelle, esclave de la vie,