LIVRE IV, ODE XI
Vil troupeau , que la Mort garde aux plaisirs de Rome , Et que d'un fer brûlant a marqué le Consul !
On découvre en leurs rangs , à leur tête penchée , Des Juifs , traînant partout une honte cachée ; Plus loin, d'altiers Gaulois que nul péril n'abat; Et d'infâmes Chrétiens, qui, dépouillés d'armures, Refusant aux bourreaux leurs chants ou leurs murmures, Vont souffrir sans orgueil et mourir sans combat.
Bientôt , quand rugiront les bétes échappées , Les murs, tout hérissés de piques et d'épées, Livreront cette proie entière à leur fureur. — Du trône de César la pourpre orne le faîte , Afin qu'un jour plus doux , durant l'ardente fête , Flatte les yeux divins du clément Empereur.
César, empereur magnanime , Le monde, à te plaire unanime, A tes fêtes doit concourir I Éternel héritier d'Auguste , Salut! prince immortel et juste, César! sois salué par ceux qui vont mourir!
Janvier 4824.
ODE DOUZIEME
Servants d'amour, regardez doucement Aux écbafauds anges de paradis; Lors jouterez fort et joyeusement, Et tous serez honorés et chéris.
Ancienne ballade.
Largesse, 6 chevaliers! largesse aux suivants d'armes! Venez tous ! soit qu'au sein des jeux ou des alarmes Votre écu de Milan porte le vert dragon , Le manteau noir d'Agra, semé de blanches larmes, La fleur de lis de France ou la croix d'Aragon.
Déjà la lice est ouverte ; Les clercs en ont fait le tour ; La bannière blanche et verte Flotte au front de chaque tour; * La foule éclate en paroles ; Les légères banderoles Se mêlent en voltigeant ; Et le héros du portique Sur l'or de sa dalmatique Suspend le griffon d'argent.
Les maisons peuplent leur faîte ;