‹ Odes et ballades (volume 2)Chapitre 141 sur 216 · LIVRE V, ODE III · texte numérisé non relu

LIVRE V, ODE III

La vierge au front si pur, au sourire si beau ! Si pour Thymen d'un jour c'est en vain qu'il l'appelle, Laissez du moins rêver à son âme immortelle L'éternel hymen du tombeau !

La terre ne tient point sa pensée asservie ; Le bel espoir l'enlève au triste souvenir; Deux ombres désormais dominent sur sa vie :

L'une est dans le passé , l'autre dans l'avenir !

Oh! dis, quand viendras-tu? Quel Dieu va te conduire, Être charmant et doux , vers celui que tu plains ?

Astre ami , quand viendras-tu luire , Comme un soleil nouveau , sur ses jours orphelins?

11 ne t'obtiendra point, chère et noble conquête. Au prix de ces vertus qu'il ne peut oublier ; Il laisse au gré du vent le jonc courber sa tête ; Il sera le grand chêne , et devant la tempête Il saura rompre et non plier.

Elle approche, il la voit; mais il la voit sans crainte.

Adieu, flots purs, berceaux épais, Beau vallon où l'on trouve un écho pour sa plainte,

Bois heureux où Ton souffre en paix !

Heureux qui peut au sein du vallon solitaire , Naître , vivre et mourir dans le champ paternel î

H ne connaît rien de la terre ,

Et ne voit jamais que le ciel !

Juillet \ 821.

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