LIVRE V, ODE III
La vierge au front si pur, au sourire si beau ! Si pour Thymen d'un jour c'est en vain qu'il l'appelle, Laissez du moins rêver à son âme immortelle L'éternel hymen du tombeau !
La terre ne tient point sa pensée asservie ; Le bel espoir l'enlève au triste souvenir; Deux ombres désormais dominent sur sa vie :
L'une est dans le passé , l'autre dans l'avenir !
Oh! dis, quand viendras-tu? Quel Dieu va te conduire, Être charmant et doux , vers celui que tu plains ?
Astre ami , quand viendras-tu luire , Comme un soleil nouveau , sur ses jours orphelins?
11 ne t'obtiendra point, chère et noble conquête. Au prix de ces vertus qu'il ne peut oublier ; Il laisse au gré du vent le jonc courber sa tête ; Il sera le grand chêne , et devant la tempête Il saura rompre et non plier.
Elle approche, il la voit; mais il la voit sans crainte.
Adieu, flots purs, berceaux épais, Beau vallon où l'on trouve un écho pour sa plainte,
Bois heureux où Ton souffre en paix !
Heureux qui peut au sein du vallon solitaire , Naître , vivre et mourir dans le champ paternel î
H ne connaît rien de la terre ,
Et ne voit jamais que le ciel !
Juillet \ 821.