LIVRE I, ODE IV
C'étaient là les vertus d'un Sénat qu'on nous vante :
Le sombre Esprit du mal sourit en le créant ;
Mais ce corps aux cent bras, fort de notre épouvante,
En son sein portait son néant.
Le colosse de fer s* est dissous dans la fange.
L'Anarchie, alors que tout change,
Pense voir ses œuvres durer ; Mais ce Pygmalion , dans ses travaux frivoles , Ne peut donner la vie aux horribles idoles
Qu'il se fait pour les adorer.
On dit que de nos jours , viennent , versant des larmes , Prier au champ fatal où ces preux sont tombés , Les vierges , les soldats fiers de leurs jeunes armes ,
Et les vieillards lents et courbés.
Du ciel sur les bourreaux appelant l'indulgence,
Là y nul n'implore la vengeance,
Tous demandent le repentir; Et chez ces vieux Bretons , témoins de tant de crimes , Le pèlerin qui vient invoquer les victimes ,
Souvent lui-même est un martyr!
Férrier4824.