‹ Odes et ballades (volume 2)Chapitre 16 sur 216 · LIVRE I, ODE IV · texte numérisé non relu

LIVRE I, ODE IV

C'étaient là les vertus d'un Sénat qu'on nous vante :

Le sombre Esprit du mal sourit en le créant ;

Mais ce corps aux cent bras, fort de notre épouvante,

En son sein portait son néant.

Le colosse de fer s* est dissous dans la fange.

L'Anarchie, alors que tout change,

Pense voir ses œuvres durer ; Mais ce Pygmalion , dans ses travaux frivoles , Ne peut donner la vie aux horribles idoles

Qu'il se fait pour les adorer.

On dit que de nos jours , viennent , versant des larmes , Prier au champ fatal où ces preux sont tombés , Les vierges , les soldats fiers de leurs jeunes armes ,

Et les vieillards lents et courbés.

Du ciel sur les bourreaux appelant l'indulgence,

Là y nul n'implore la vengeance,

Tous demandent le repentir; Et chez ces vieux Bretons , témoins de tant de crimes , Le pèlerin qui vient invoquer les victimes ,

Souvent lui-même est un martyr!

Férrier4824.

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