‹ Odes et ballades (volume 2)Chapitre 174 sur 216 · A RAMON, DUC DE BENAV · texte numérisé non relu

A RAMON, DUC DE BENAV

Ainsi, quand tout bas tu soupires, - De ton cœur partent des sanglots , Comme un son s'échappe dès lyres , Comme un murmure sort des flots !

Va , ton infortune est ta gloire !

Les fronts marqués par la victoire Ne se couronnent pas de fleurs.

De ton sein la joie est bannie ; Mais tu sais bien que le génie Prélude à ses chants par des pleurs.

Comme un soc de fer, dès l'aurore , Fouille le sol de son tranchant, * Et l'ouvre , et le sillonne encore , Aux derniers rayons du couchant ; Sur chaque heure qui t'est donnée , Revient l'infortune acharnée , Infatigable à t' obséder; Mais si de son glaive de flamme Le malheur déchire ton âme , Ami , c'est pour la féconder !

Novembre <825.

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