A RAMON, DUC DE BENAV
Ainsi, quand tout bas tu soupires, - De ton cœur partent des sanglots , Comme un son s'échappe dès lyres , Comme un murmure sort des flots !
Va , ton infortune est ta gloire !
Les fronts marqués par la victoire Ne se couronnent pas de fleurs.
De ton sein la joie est bannie ; Mais tu sais bien que le génie Prélude à ses chants par des pleurs.
Comme un soc de fer, dès l'aurore , Fouille le sol de son tranchant, * Et l'ouvre , et le sillonne encore , Aux derniers rayons du couchant ; Sur chaque heure qui t'est donnée , Revient l'infortune acharnée , Infatigable à t' obséder; Mais si de son glaive de flamme Le malheur déchire ton âme , Ami , c'est pour la féconder !
Novembre <825.